Voir Tome II, p
2. Lettre du P. Rubillon, Provincial de Paris, du ai août 18^7. Archiv, rom.
rôles du magistrat, rédigea une déclaration qu'il fit signer par les curés des paroisses de Lille et à laquelle on donna toute la publicité convenable. Elle était pleine de respect pour les Ordres religieux en général et pour la Compagnie de Jésus en particulier.
D'ailleurs, là aussi, le chef de l'immense diocèse, le cardinal Giraud était le premier à lui témoigner estime et affection. Dès 1843, le Père Ghaignon avait été appelé pour la retraite pastorale de Cambrai; ce fut encore sur une insinuation partie de l'archevêché que les Petits Séminaires et autres établissements d'éducation tenus par des prêtres s'accoutumèrent à demander les Exercices spirituels, tant pour les maîtres que pour les élèves. En somme, en dépit de toutes les préventions, le ministère des Jésuites de la jeune résidence de Lille était apprécié et recherché ; leur nombre malheureusement était loin de répondre à l'abondance du travail qui s'offrait à eux. Le fait suivant n'avait peut-être pas été inutile pour les rendre populaires. L'un deux devait prêcher le carême à Dunkerque, lorsqu'il voit dans un journal qu'il y aura dans l'église des places réservées et payantes. Le tarif était de deux francs. Le curé l'avait ainsi ordonné pour subvenir, disait-il, aux honoraires du prédicateur. Immédiatement celui-ci écrit : « Monsieur le Doyen, un article que je viens de lire, à l'heure même, dans le Journal de Dunkerque^ m'empêchera peut-être de donner dans votre église la station du Carême... Les dispositions que votre fabrique a cru devoir prendre révoltent ici toutes les personnes bien pensantes; elles produiront sans doute une impression bien plus fâcheuse encore à Dunkerque... Je ne demande rien à la fabrique ni à qui que ce soit. Mes règles me défendent de recevoir aucun honoraire pour les œuvres de mon ministère. Je m'empresse de vous informer que je ne puis aller à Dunkerque qu'à deux conditions : 11 faut que le public soit informé par la voie du même journal : 1° qu'il n'y aura pas de places réservées à quarante sols; 2" que mon ministère est tout à fait gratuit... »