‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 124 sur 362 · I. Litt. ann. Prov. Liigd, i846, p. Sg · texte numérisé non relu

I. Litt. ann. Prov. Liigd, i846, p. Sg

exposé à la vénération publique. Avant de le déposer dans l'humble cimetière de Vais, il fallut le porter en grande pompe à la cathédrale du Puy, où furent célébrées les funérailles, avec un immense concours du clergé et de la population. Un an plus tard il fut exhumé et ramené en ville à la chapelle de Saint- Valère, centre des œuvres du Père de Bussy, où, pendant près de vingt ans, il avait exercé un apostolat fécond en prodiges. Il est hors de doute qu'en d'autres temps l'homme de Dieu eût été canonisé par le suffrage populaire ^

Gomme prédicateur de retraites ecclésiastiques, le Père Pierre Ghaignon fournit une carrière plus étonnante encore. Elle dura trente-trois ans, pendant lesquels il évangélisa, à bien peu d'exceptions près, le clergé de tous les diocèses de France. D'après son biographe, il aurait prêché, en chiffres ronds, trois cents retraites pastorales. De fait, au tableau de ses ministères, dressé année par année, on en trouve la plupart du temps huit à dix et souvent douze et treize. Chacune d'elles exigeant une semaine, il n'était pas possible d'en placer davantage dans les trois mois d'été que l'on y pouvait consacrer. Le prédicateur n'avait que juste assez de loisir entre l'une et l'autre pour faire ses voyages. Il fallait un tempérament de fer pour résister à un tel surmenage. « Je trouve, mon cher Père, lui écrivait l'archevêque de Besançon, Mgr j\lathieu, que, pour vos retraites pastorales, vous en prenez beaucoup trop, que vous vous tuez et que, au lieu du chiffre néfaste de treize, il faudrait vous borner au nombre si aimable de la demi-douzaine. » (20 Août 1844.)

Les instances dont il était poursuivi, non plus que son propre zèle, n'eussent pas permis au Père Ghaignon de s'en tenir à cette mesure. Le don qu'il avait reçu du ciel pour l'apostolat des prêtres le désignait si manifestement

I. Cf. L.-J.-M. Gros, Une Camille d'autre foin. Relation de la mort et des funérailles du P. Maxime de Bussy, pp. Go3 et suiv. Toulouse, Regnault, 1873.

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