‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 232 sur 362 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

géographique suffirait sans doute à expliquer. Quoi qu'il en soit, nous voyons que, en 1855, le Père de Jocas, alors Provincial de Lyon, proposait de supprimer le collège de Dôle. Grâce à un mûr examen de la question, il échappa heyreusement à cette menace, laquelle d'ailleurs n'était inspirée que par le désir d'alléger les charges de la Province. Mais l'établissement franc-comtois n'avait pas mérité d'être sacrifié à la prospérité d'autrui ; il était bien jeune encore; l'arbre n'avait pas eu le temps de donner ses fruits. Apparemment, si l'on eut connu l'avenir, on eût cherché à faire des économies de personnel ailleurs qu'au collège de Notre-Dame-de-Mont-Roland.

Nous ne dirons pas les transformations successives qu'il a subies pendant un demi-siècle. L'hôtel de Scey, acquis par les Jésuites dès la Restauration, avait pu abriter tour à tour, après 1828, une résidence et ses œuvrçs diverses, puis scolasticat et noviciat. En 1849 il était encore occupé par un séminaire de théologiens réfugiés de quatre ou cinq Provinces; on put tout d'abord y installer les classes et le pensionnat naissant; quelques bâliments annexes suffirent quelques années encore à ses progrès; mais enfin, en 1864, il fallut aborder la construction du nouvel édifice sur un reste des anciens remparts qui avaient résisté à Louis XIV; l'énorme masse, paraîtil, aurait découragé le pic des démolisseurs; elle remplit en effet, en hauteur et en épaisseur, toute une partie du rez-de-chaussée dans le principal corps de logis. Enfin, en 1896, fut élevée a la dernière aile du collège, qui le complétait heureusem.ent, en laissant l'amorce d'une chapelle définitive qui remplacera bientôt, espérons-le, le sanctuaire provisoire bien insuffisant depuis cinquante ans ». Ainsi s'exprime l'auteur d'une plaquette publiée en 1900, année jubilaire de l'école libre de Notre- Dame-de-Mont-Roland. Il nous faut ici ouvrir une parenthèse pour expliquer ce vocable, qui remplace celui de collège de TArc que les anciens Jésuites de Dôle ont rendu célèbre.

Nous avons raconté précédemment les efforts de leurs successeurs pour restaurer le pèlerinage du Mont- Rolande Devenus propriétaires des ruines en 1843, ils avaient dès lors préparé la reconstruction du vénérable sanctuaire détruit par la Révolution. Des projets avaient été mis en avant qui ne tenaient pas toujours assez compte des possibilités. L'un d'eux, par exemple, comportait un devis de 600.000 francs. C'était en 1848; le plan fut écarté comme chimérique. Un nouveau Supérieur fut nommé en 1850 pour organiser le collège. Le Père Joseph Gloriot avait des vues plus modestes et surtout, comme en témoigne le prospectus que nous avons analysé, aimait peu à s'occuper de finances. A la date du 20 juin le Provincial de Lyon écrit : « Le Père Gloriot a eu l'heureuse idée de former une commission des principaux Messieurs de la ville pour suivre et diriger l'affaire de la construction de l'église et présider au mouvement de l'argent. C'est appeler sur l'œuvre l'intérêt de la ville entière et de toute la contrée et en assurer le succès. » Cette Commission avait pour président le maire de Dôle, M. de Boisdenemetz^. Les fonds recueillis jusque-là furent mis à sa disposition, et sans plus tarder, elle institua un concours pour la construction de la chapelle. Les deux conditions essentielles étaient qu'elle pourrait contenir six cents personnes environ et que le prix ne dépasserait pas 90.000 francs, la tour non comprise. Sur les douze projets présentés, celui de M. Alfred Ducat, architecte de Besançon, réunit la majorité des suffrages, et dès le printemps de 1851, on mit la main à l'œuvre. Le 24 juin Mgr Canoz, l'évêque missionnaire du Maduré et lui-même ancien élève du collège de Dôle, bénissait la première pierre devant une immense assemblée de fidèles accourus de toute la région. Ainsi la résurrection du sanctuaire de Notre-Dame-du-Mont-Roland coïncidait avec

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