‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 248 sur 362 · Le P. Laurençot au P. Général, i3 novembre i · texte numérisé non relu

Le P. Laurençot au P. Général, i3 novembre i

de son existence aux dépenses de premier établissement.

Un incident se produisit au début dont nous trouvons la trace dans la correspondance des Supérieurs majeurs. Le 4 janvier 1857, le Père de Jocas, Provincial de Lyon, mandait au Père Général : « Nous avons eu ces jours-ci à Mongré une petite alerte. Un enfant a collé contre une porte un profil de l'empereur, trouvé dans un bonbon du jour de l'an (rébus), et un autre a craché dessus. Averti du fait, je suis immédiatement parti pour Mongré et les deux enfants (de 13 et 14 ans) ont été expulsés sur-le-champ. Le Recteur d'Académie de Lyon, auquel j'ai fait mon rapport, a trouvé d'abord le châtiment un peu sévère... Le cardinal de Lyon prévenu aussi m'a bien dit que ce n'était rien. Je l'ai prié cependant d'écrire au ministre, et il a trouvé prudent de le faire. Enfin j'ai envoyé immédiatement le Père Périé à Paris pour voir, avec le Père Studer et le Père de Ravignan, ce qu'il y avait à faire encore. Je crois qu'à Mongré personne des Nôtres n'est en faute, que l'on fait tout ce que l'on peut pour prévenir de semblables accidents, que la répression a été prompte et exemplaire. Mais quelle difficulté avec des enfants dont les parents sont eux-mêmes si imprudents, si outrés en ce genre ! »

Assurément, pour un enfantillage la répression peut paraître excessive. Mais il faut se souvenir que pour pareille peccadille le collège de Saint-Etienne avait été frappé de la peine suprême; le souvenir n'en était pas effacé et Mongré pouvait avoir le même sort. Quoi qu'il en soit, l'établissement, sous la direction d'un homme de haute intelligence et de grande fermeté, le Père Edouard de Bouchaud, entrait dès lors dans une voie prospère. On achevait les aménagements matériels, on entourait la propriété entière d'un mur de clôture, on bâtissait l'église ; les locaux devenus insuffisants, on envoyait une division s'installer au château. Nous voyons dans les documents de l'époque que l'on regrettait fort la vente d'une pièce de terre qui eût permis d'allonger l'avenue principale du collège et lui eût procuré tout à la fois une perspective

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