Viansson-Ponté. Les Jésuites à Metz, p. i5i
examens du baccalauréat et que leurs élèves admis étaient proportionnellement plus nombreux que ceux des établissements officiels.
Leurs détracteurs ne contestaient point le fait ; ils se bornaient à en donner une explication désobligeante : Il y a en effet une méthode artificielle de préparer les examens, méthode qui n'a rien de commun avec la saine pédagogie ; aussi les professeurs de l'Université n'auraient garde d'y recourir. Les Jésuites en usent ; ils s'entendent à pratiquer le bourrage. C'est là tout le secret de leur supériorité, qu'on leur laisse sans regret. — C'est peutêtre une façon ingénieuse de discréditer des rivaux qui ont le tort de réussir mieux qu'on ne voudrait. Mais, pour assimiler les collèges des Jésuites à des officines de chauffage pour aspirants bacheliers, il faut ne rien savoir de ce qui s'y passe. Assurément les professeurs suivent de très près chacun de leurs élèves, et non pas seulement ceux qui peuvent leur faire honneur. A cet égard le professeurde Philosophie ne se distingue pasde ses collègues. Il fait son cours du mieux qu'il peut, sans se préoccuper outre mesure de l'examen qui le termine. Tous en effet estiment que, en ce qui les concerne, ils auront suffisamment préparé leurs élèves au baccalauréat, quand ils auront bien fait leur classe. Telle estlaméthode des Jésuites; ils n'en ont jamais pratiqué d'autres.
Au début, dans certains collèges tout au moins, les meilleurs esprits seuls osaient convoiter le grade universitaire; rien n'était changé à cause d'eux au programme des humanités traditionnelles. Bientôt l'ambition du diplôme gagna la masse. Il fallait aviser ; les élèves et leurs familles elles-mêmes demandaient une préparation positive et directe au terrible examen. On peut voir dans la vie du Père Pillon, alors Recteur du collège de Vannes, avec quelle répugnance il accueillit cette nouveauté où il voyait un péril pour les bonnes études ^ Au surplus,