CHAPITRE VIII
que nous y suivions. Il vint, en effet, accompagné de M. Gratry, son vicaire général, et d'un chanoine ami de Mgr du Parc, notre évéque. Avec sa vivacité ordinaire, Mgr d'Orléans me questionna beaucoup, admira tout haut nos méthodes, leur donnant une préférence très marquée sur celles des Sulpiciens : — Voilà bien la Compagnie, s'écriait-il, sa sagesse, son coup d'œil, sa prévoyance, etc. Prenez des notes, M. Fabbé, disait-il à son vicaire général, écrivez ceci et encore ceci... — Toute la journée il répéta de semblables discours à l'évéché devant Mgr de Blois et ses vicaires généraux. A dater de cette époque, si notre prélat n'a pas renoncé intérieurement à ses idées, du moins ses impressions sur notre compte se sont singulièrement ressenties de cette visite. »
Il est certain qu'entre la spiritualité de saint Ignace et celle de M. Olier il y a plus que des nuances; par suite les hommes nourris exclusivement dans l'une ou l'autre discipline ne sauraient apporter dans la direction des âmes exactement ni les mêmes principes, ni les mêmes tendances. Sans doute la grâce multiforme sait arriver à ses fins par des voies diverses. Mais il ne faut pas s'étonner de voir chez les premiers pasteurs des préférences et aussi des « répulsions ». Mgr Dupanloup s'entendait mal avec les disciples de M. Olier ; la majestueuse immobilité de Saint-Sulpice n'allait pas à son tempérament; son collègue de Blois manquait de sympathie pour le genre plus souple etplus vivant de la Compagnie de Jésus. Ces impressions ont tout au plus la valeur d'arguments négatifs ; on n'en saurait dégager une conclusion positive. La double expérience de l'abbé d'Fîulst aurait, semble-t-il, plus de poids : « De disciple de M. Olier, dit son biographe, il allait devenir, avec une ferveur qui jamais plus ne se démentit, celui de saint Ignace de Loyola ^» Formé aux vertus sacerdotales par la méthode de Saint-Sulpice, il se mit au bout de quelques années à l'école des Exercices