‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 308 sur 362 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

à nous demander, sans avoir jamais rien obtenu que des paroles d'espérance et d'avenir. Pressé cependant par le désir du bien, par les prières des familles chrétiennes... chaque année le brave évêque revient à la charge. Il demanderait aujourd'hui que dans trois ou quatre ans nous entrions à Limoges. Il achètera un terrain au centre même de la ville ; il nous donnera cent mille francs et nous aidera pour le reste. » ( 25 Septembre 1854.) A quoi le Père Beckx répond d'abord : « La latitude que nous laisse Mgr l'évéque rend sans doute plus facile une réponse favorable ; néanmoins la fixation d'un terme précis m'effraie. » (15 Octobre 1854.) Cependant il demande de nouveaux éclaircissements, et au bout d'un mois il ne paraît pas loin d'acquiescer : « L'affaire de Limoges se présente dans des conditions telles que nous n'en trouverons peutêtre nulle part de semblables ; il ne serait pas sage de laisser échapper pareille occasion... » (12 Novembre 1854.) En conséquence on pourrait s'engager à commencer par les basses classes dans quatre ou cinq ans. Ce délai, écrit le Père Maillard, épouvante le prélat. Il faudra dix ans avant d'avoir un collège en plein exercice. C'est pourquoi Sa Grandeur demande l'ouverture immédiate d'une résidence qui du moins préparera les voies au collège. (16 Décembre 1854.) Le 20 février suivant le Père Maillard transmettait à son Supérieur les engagements écrits de l'évéque de Limoges relatifs à la résidence. Cette fois le Père Général estima qu'il n'était pas possible « de reculer ». Il y aurait donc dès cette année, 1855, quelques Jésuites à Limoges. (20 Mars 1855.)

Les choses en étaient là quand le Père Maillard fut atteint de la crise qui allait l'emporter quelques semaines après. Sans doute il n'eut ni le temps ni la force de s'occuper de l'affaire de Limoges; son successeur négligea cette pièce de son héritage ; et de fait c'est seulement quatorze ans plus tard que la question de l'établissement des Jésuites dans la capitale du Limousin reparaît à l'ordre du jour.

Nous avons vu que, lors de sa naissance, la Province de Toulouse avait trouvé dans son lot l'importante maison de Vais. V Ordonnance du Père Roothaan sur l'ontologisme (6 janvier 1850) y avait pleinement rétabli la paix doctrinale; l'année suivante on y ouvrait le troisième noviciat de la Province non encore divisée ; le Père Sébastien Gaillard, qui en était chargé, donnait après quelques semaines des nouvelles de ses débuts : « Notre nouveau noviciat est placé dans la maison occupée autrefois par les philosophes; les novices ont leur réfectoire et leur chapelle à part. En principe et en fait il y a donc séparation habituelle entre eux et les théologiens et philoso- Dhes. Du côté des œuvres de zèle nous sommes très bien partagés; catéchismes nombreux dans les villages et hameaux, visites à l'hôpital et aux prisons, voilà le petit champ livré à nos novices. De plus nous avons pu établir ici l'expériment du service des malades conformément à l'Institut. Tous les jours deux ou trois novices vont passer à l'hôpital une partie de la matinée, et là ils font les lits des malades, ils balaient les salles, etc.. » (16 Novembre 1851.)

Après la séparation le Père Gaillard rentra dans la Province de Lyon à laquelle il appartenait et que, quelques années plus tard, il allait gouverner en qualité de Provincial. Il eut pour successeur le Père Jules Servière qui, lui aussi, devait être Provincial de Toulouse. En 1855, le Maître des novices à Vais est le Père Paul Ginhac, bien jeune encore, mais déjà parvenu très haut sur l'échelle de la sainteté. Le premier Recteur de Vais sous le nouveau régime fut le Père François-Xavier Gautrelet. Encore un nom auquel les contemporains ne se défendent pas d'accoler l'épithète de saint. Depuis dix ans il exerçait au sein de la studieuse colonie les fonctions de Père spirituel ; nous avons dit ailleurs combien son action y fut féconde; nous le retrouverons dans la Province de Lyon, où il devait rentrer au bout de trois ans. Après lui le Père Jean-Baptiste Rouquayrol ne resta pas moins

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