I. Voir ci-dessus. CL. VIII, p
Toulouse, le Père Maillard l'avait demandé pour Bordeaux, et il s'y était rendu en effet. Mais sur les instances du Père Bon, qui déclarait « sa présence indispensable à Marseille », il y fut rappelé : « C'est lui, disait encore le Père de Jocas, le créateur de cette maison ; il en a été l'âme, môme quand il eut cessé d'y être Supérieur. »
Entre toutes les œuvres qui fleurirent sous sonadministration nous devons citer le Cercle religieux. Nous en avons dit la naissance et le progrès jusqu'à l'arrivée du Père Nicolas Tissier, à l'automne de 1845. Sous l'impulsion de cet ouvrier inconfusible, le Cercle prit bientôt un essor qui tient du prodige ; c'est dans la période de 1850 à 1870 qu'il atteignit son apogée. Voici l'exposé, singulièrement éloquent dans son laconisme, que le directeur adressait au Père Général le 8 janvier 1857. L'œuvre dans son ensemble, comprend : « 1° Le Cercle religieux proprement dit, lequel compte cinq cent cinquante hommes de la société, ayant bonne éducation, une position lionorable, des principes religieux et la pratique ordinaire des devoirs du chrétien. — 2° Le Cercle catholique qui groupe deux cents ouvriers chefs, hommes de dévouement. — 3° La Conférence de Saint- Joseph^ composée d'un millier d'hommes, ouvriers honnêtes, qui se réunissent tous les dimanches soir, avec un empressement et un ordre admirables, et dont le nombre s'accroît de soixante environ tous les mois. (De fait, sur la fin de novembre 1859, une lettre du Père Gautrelet Provincial porte le chiffre des membres à trois mille.) — 4° Trois ou quatre cents commis, ne pouvant être admis au Cercle religieux^ attendent la fondation d'un Cercle spécial pour leur corporation. — 5" En outre cent cinquante personnes du plus haut rang dans la ville, entre autres les principales autorités, patronnent l'œuvre et paient la cotisation annuelle. »
On conçoit qu'une telle organisation entre les mains des Jésuites devait provoquer de l'inquiétude dans les régions du Pouvoir. Nous en trouvons l'écho dans une lettre adressée de Paris au Père de Jocas, le 17 janvier 1854. On se