I. Journal des Débals, 9 avril i
« Puissions-nous avoir dans la Compagnie beaucoup d'imitateurs de son zèle et de son énergie pour le bien ! » (5 Mars 1858.) Il appartenait au Père de Ponlevoy d'élever à son saint ami un monument tout à la fois digne du nom immortel de Ravignan et qui ne fût point une offense à l'humilité d'un fils de saint Ignace. Dès le lendemain des funérailles il se mit à la tâche et la poursuivit pendant deux ans malgré les sollicitudes de son administration et les travaux d'un apostolat très actif. Les deux volumes de la Vie du Révérend Père Xavier de Ravignan parurent en 1860. M. Poujoulat avait publié un an plus tôt Le Père de Ravignan, sa vie, ses œuvres, ouvrage dont Armand de Pontmartin résumait le mérite en disant qu' « il nous montre tout le dehors de ce caractère et de cette vie, et qu'il laisse à un cœur placé plus près encore de celui du Père de Ravignan le soin d'achever son œuvre »*. Comme le dit le Père de Ponlevoy dans sa Préface, « il y avait deux hommes dans le Père de Ravignan, l'apôtre combattant en plein jour les combats du Seigneur et le religieux luttant en secret contre la nature et se sanctifiant lui-même. Le premier fut grand aux yeux du monde ; le second fut plus grand encore aux yeux de Dieu et de ses frères; et c'est celui-là surtout qu'il importait de faire connaître, puisqu'il est tout à la fois le moins connu et le plus propre à être imité. » Nul n'était plus qualifié pour faire connaître l'homme intérieur dans l'illustre religieux que celui qui avait été mêlé si étroitement à sa vie et avait reçu ses plus intimes confidences. Le livre du Père de Ponlevoy se lit toujours après bientôt soixante ans ; il a été traduit en plusieurs langues et il en est à sa dix-septième édition française. Le succès sans doute est dû avant tout à la célébrité de celui qui en est le héros ; mais il revient aussi pour une bonne part à l'agrément du récit et, pour tout dire, aux qualités personnelles de l'auteur. L'évêque de Quimper, Mgr Sergent, écrivait à ce propos :