‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 56 sur 362 · I. Au Père Général, 3 août · texte numérisé non relu

I. Au Père Général, 3 août

les divers campements étaient abandonnés. Le Gouvernement ne parut pas s'émouvoir beaucoup de cette concentration ; la rue des Postes continuait à absorber la vigilance de la police. D'ailleurs les Jésuites de la rue de Sèvres évitaient d'attirer l'attention; ils n'avaient pas d'oratoire public, et il leur était facile de passer inaperçus dans un quartier qui n'était guère alors peuplé que d'hospices et de couvents.

A Lyon comme à Paris les Jésuites s'étaient exécutés sans marchander leur obéissance. Dès la seconde moitié du mois d'août, il ne restait plus à la résidence de la rue Sala que cinq ou six Pères ^ Sans plus tarder une partie de la maison fut louée, plusieurs constructions annexes et tout le terrain non bâti fut vendu à une communauté voisine, qui par la suite devait succéder complètement dans cet immeuble à la Compagnie de Jésus ~. Cet empressement était d'autant plus méritoire que la surveillance administrative ne semble pas avoir eu à Lyon les allures tracassières qu'elle affectait en beauccKip d'autres endroits : « J'ai vu, il y a trois jours, écrivait le Père Maillard, notre digne cardinal. Il est toujours le même pour nous. Chose étonnante, dit-il, ni ministre, ni préfet, ni procureur général, aucune autorité ne lui a jamais rien écrit, jamais rien dit sur la maison de Lyon. » (18 Novembre 1845.) Au surplus la dispersion ne fut pas de longue durée. Dès le mois de mai 1846, les Pères avaient repris la vie commune, mais un peu plus à l'étroit qu'auparavant.

Les noviciats avaient été particulièrement visés dans les négociations de M. Rossi. A plusieurs reprises M. Guizot et M. Martin du Nord avaient clairement donné à entendre que l'intention du Gouvernement était que les novices fussent renvoyés chez eux. C'était assurément le plus sûr moyen d'en finir avec une Société qui causait

I. Lettre du P. Balandret, Supérieur, au Père Général, 3o août i845. a. Lettre du 7 octobre i845.

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