I. Archiv. Prov. Franc, i
recommandé à la bienveillance de révêque,]\rgT de Lamothe-Vauvert, ce prélat fit une réponse touchante que l'Histoire de la Compagnie ne saurait passer sous silence : «Je veillerai, écrivait-il, sur le dépôt qui m'est confié, je le garderai, ainsi que vos autres Pères, comme faisant partie intégrante de mon clergé; et j'espère de la bonté, de la miséricorde de Dieu, qui depuis tant d'années ne cesse de protéger mon diocèse, qu'il protégera aussi et couvrira de ses ailes ceux qui ne feront qu'un dans mon cœur avec ce clergé et ce diocèse, pour lesquels je donnerais, plein de joie, la dernière goutte de mon sang. » (18 Octobre 1845.) Mais ce qui paraîtra plus étonnant encore que les tracasseries du Pouvoir contre les noviciats, c'est que les collèges établis par les Jésuites hors des frontières n'en étaient pas exempts. Dès le mois d'octobre, le Père Pillon, Ptecteur de Brugelette, signalait l'apparition d'une brochure De la liberté cV association en Belgique à l'égard des étrangers : «C'est, dit-il, un coup de cloche... » Deux mois plus tard, il précise : « Le baron de Sécus vient de m'apprendre qu'il savait de source certaine, par un diplomate étranger qui ne veut pas être nommé, que Rossi prenait toute espèce de moyens clandestins pour obtenir la fermeture du collège de Brugelette. L'ambassadeur de France à Bruxelles fait de son côté tous ses efforts pour arriver à ce but... Je vais à Bruxelles conférer de cette affaire avec le ministre des Affaires étrangères que je connais et qui nous est dévoué. » (17 Décembre 1845.) Quelques jours plus tard, une autre lettre rend compte de la visite. Sans contester l'exactitude des faits, le ministre avait rassuré le Recteur sur les intentions du Gouvernement. Ce n'était pas encore assez. Quinze mois plus tard, le Père Rubillon, au cours de sa visite, écrit au Père Général : « Le baron de Sécus sort de chez moi ; il m'a dit que l'ambassadeur de France travaille de tout son pouvoir contre Brugelette. Je ne vois pas pourquoi ; mais c'est le loup et l'agneau... Le Gouvernement catholique belge ne fera rien de ce qu'on lui demande. » (7 Mars 1847.)