‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 3)Chapitre 75 sur 362 · I. Voir aux. Pièces justificatives, r»' IV · texte numérisé non relu

I. Voir aux. Pièces justificatives, r»' IV

En Italie, rien n'arrêtait la vague révolutionnaire. Vainement Charles-Albert s'essayait à l'endiguer dans ses États; lui-même allait être emporté par le courant. Dès le 4 mars, il avait dû publier le Statut fondamental^ Constitution actuelle du royaume d'Italie. Mais déjà des mesures lui avaient été imposées qui intéressent notre Histoire. De nombreux Jésuites français enseignaient dans les collèges de Savoie, à Chambéry et à Mélan. Or, le 2 mars 1848, un ordre royal paraissait, en vertu duquel Sa Majesté, « dans sa sagesse souveraine », supprimait la Compagnie de Jésus et obligeait ceux qui en faisaient partie à sortir du royaume. « Sans avertissement préalable, écrivait quelques jours après VAmi de la Religion^ l'enseignement est interdit aux Révérends Pères Jésuites dans les Etats de Sa Majesté le roi de Sardaigne. Ordre est donné de vider instantanément les maisons; maîtres et élèves en sont expulsés. » (18 Mars 1848.) Sur la manière dont fut conduite cette opération, voici comment s'exprimait le marquis Costa de Beauregard à la Chambre des Députés de Turin: «Messieurs, je ne rappellerai pas ici les circonstances qui accompagnèrent à Chambéry l'expulsion des Jésuites. Je dirai seulement que les sauvages de rOcéanie se seraient montrés plus généreux, plus civilisés que les commissaires du Gouvernement dans l'exécution de leur mandat '. »

Sur les réclamations énergiques du Père Pellico, Provincial de Turin, on accorda pourtant aux religieux sujets sardes de rester dans le royaume « comme personnes individuelles ». Quelques mois plus tard cette tolérance même leur était enlevée; les Jésuites étaient bannis de l'Italie presque entière.

Au reste déjà à Rome leur situation était devenue intolérable, si bien qu'ils avaient dû représenter au Pape que,

I. Séance du 17 juillet i848. Courrier des Alpes du 22 juillet.

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