‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 4)Chapitre 189 sur 324 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

(1850-1851) accuse un total de 175 élèves, dont 75 internes, 40 demi-pensionnaires et GO externes ; il comprend toutes les classes jusqu'à la Philosophie inclusivement, etles quatre premiers candidats au baccalauréat es lettres passent leur examen avec succès.

Dès lors la transformation du collège était complète ; les bâtiments agrandis pouvaient recevoir tout le personnel attaché à l'établissement; le moment était venu de lui donner son autonomie en le séparant de la résidence. Le Père Barrelle trop occupé par le ministère delà prédication fut déchargé de l'administration du collège dont le premier Recteur fut le Père Gabriel Boufïier. Venu à Avignon en 1843, il devait y passer soixante ans, alternant à plusieurs reprises entre le gouvernement du collège et celui de la résidence. Son premier rectorat, 1851-1856, d'ailleurs très prospère, fut affligé par de cruelles épreuves. En 1854, le choléra s'abattit sur Avignon ; il fallut licencier le collège ; l'année suivante une épidémie de fièvre typhoïde fit périr huit élèves et deux jeunes professeurs. Ces deuils n'arrêtèrent point l'essor de l'établissement qui se glorifiait d'être le premier-né des collèges de la Compagnie de Jésus en France. Nous avons trouvé aux Archives romaines des lettres du Président du Comité des pères de famille, M. Cade, exprimant au Père Général leur gratitude pour le passé, leur satisfaction pour le présent et leurs espoirs pour l'avenir : « Heureux, dit-il, des efforts qu'ils ont faits, ils ont voulu déposer aux pieds de Votre Paternité les témoignages de leur très vive reconnaissance de ce que vous avez daigné regarder avec bonté leur désir de voir ce collège entre les mains de la Compagnie... Quant à eux, pleins de confiance dans la science, la piété, le zèle de votre Compagnie, ils sont sans inquiétude pour la bonne éducation de leurs enfants. » (5 Octobre 1850.) Dix-huit mois plus tard, le président dit avec complaisance la transformation et les progrès de l'œuvre ; les pensionnaires affluent, « les nouveaux bâtiments sont remplis et le nombre des demandes oblige de

s'agrandir... Nous sommes vos fils aines en France, et à ce titre nous nous recommandons à la bienveillance spéciale de Votre Paternité. » (27 Avril 1852.)

Dans la Province de Paris on n'ouvrit pas de collège pendant que la loi de liberté était en délibération ; on se contenta de se préparer à s'en servir. Dès le mois de février des pourparlers s'échangeaient entre Mgr de Salinis,évêque d'Amiens, et le Provincial le Père Rubillon, lequel, parmi nombre de propositions venues d'un peu partout, avait déjà fait son choix et arrêté ses plans : « Cette année, écrivait-il peu après le vote du 15 mars, nous voudrions nous borner à deux externats, l'un à Vannes, l'autre à Amiens, deux villes remarquables par leur esprit d'ordre et leur attachement à la Compagnie et qui nous demandent avec les plus vives instances. J'ai refusé treize autres établissements qui m'étaient offerts. » (22 Avril 1850.) A cette date, tous les arrangements étaient pris en ce qui concerne Amiens, et l'on était entré dans la voie de l'exécution. Les anciens élèves de Saint-Acheul avaient pris les devants ; l'évèque, en leur nom, pressait le Provincial de faire revivre le fameux Petit Séminaire. Le Père Rubillon avait d'autres idées. Il voulait, selon l'usage de l'ancienne Compagnie, un collège d'externes, qui partant serait au coeur de la ville. Quoi qu'il en soit de l'opinion de l'évèque, le comité paraît s'être rangé de bonne heure à cet avis. Car, continue le Père Rubillon, « voilà que le local le plus convenable pour l'externat va être vendu aux enchères par expropriation forcée ; il n'y avait plus moyen de reculer... Par le fait la vente n'a pas eu lieu au jour marqué; le tribunal l'a ajournée à trois mois; mais la souscription est organisée sur les bases indiquées, dans l'hypothèse de l'externat payant. »

La question de la rétribution scolaire se posait ici

Page 1