‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 4)Chapitre 250 sur 324 · Congr. gén. XII. Decr. a · texte numérisé non relu

Congr. gén. XII. Decr. a

Mais à ce moment les Jésuites se trouvaient déjà installés au Grand Séminaire depuis plus d'une année. Le Père Jeanjacquol figure en effet comme Supérieur de la maison à partir du 15 août 1848.

Au dire du Père Jordan, Provincial de Lyon, Mgr Doney avait « pour principe de prendre toutes les libertés qu'on a tant de peine à nous accorder ». Dès qu'il vit s'effondrer la monarchie de Juillet, il prétendit user de celle que les catholiques réclamaient depuis si longtemps. Le clergé de Montauban, comme celui de la plupart des diocèses de France, était gallican dans les moelles et fortement teinté de jansénisme. L'évoque voulait en finir avec ce mauvais levain. Faire adopter la liturgie romaine, en même temps que la doctrine ligorienne, autrement dit changer les habitudes et l'esprit du troupeau et tout d'abord des pasteurs, telle était la tâche qu'il s'était assignée et pour laquelle il pensa trouver dans les Jésuites d'utiles coopérateurs.

Mgr Doney avait connu à Besançon le Père Jeanjacquot qui y enseignait la Théologie au Grand Séminaire, avant d'entrer dans la famille de saint Ignace. Ce Jésuite, dont le nom eût apprêté à rire à Voltaire, était un homme de haute valeur. Il faisait partie de cette pléiade de prêtres distingués qui, aux alentours de 1830, se rencontrèrent à Besançon autour du cardinal de Rohan et de Mgr Mathieu. C'étaient l'abbé Gousset, futur archevêque et cardinal, l'abbé Guérin, depuis évêque de Langres, les deux abbés Gaume, les abbés Goeshler, Rohrbacher, Bonnetly et Gerbet lui-même alors élève du Grand Séminaire. Au lendemain de son ordination, l'abbé Jeanjacquot avait succédé comme professeur de Philosophie au séminaire d'Ecole à l'abbé Ducreux, qui lui aussi devait se donner à la Compagnie de Jésus et y fournir une brillante carrière de prédicateur. Appelé ensuite dans la chaire de dogme au Grand Séminaire de Besançon, il y enseigna dix ans avec la réputation d'un savant et d'un saint. Au mois d'octobre 1842, il entrait au noviciat d'Avignon, à l'âge

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