THÉOLOGIE ASCÉTIQUE
131. — La littérature ascétique a eu sa belle part dans l’âge d’or des sciences théologiques, qui a suivi le concile de Trente. On y voit surtout resplendir les trois noms de saint Ignace de Loyola, saint François de Sales, sainte Thérèse. Sans parler de ce que le docteur de la Vie dévote et la mystique d’Avila doivent, suivant leur propre témoignage, à l’auteur des Exercices et à ses disciples, le rôle des ascètes de la Compagnie dans cet âge d’or n’est pas inférieur à celui de ses théologiens.
Depuis trois siècles, les âmes désireuses de vertu parfaite dans l’état religieux ou dans le monde, connaissent et lisent de préférence, on peut l’assurer, les Espagnols Alphonse Rodriguez (1557-1616), Louis de la Puente (du Pont, 1574- 1624), Jacques Alvarez de Paz (1578-1620). Ces maîtres éminents donnent une direction spirituelle complète, de forme plus populaire chez le premier, plus savante chez les deux autres, mais toujours également lucide et sûre. A ces noms est associé dans l’estime du peuple chrétien celui du Français Jean-Baptiste Saint-Juré (1604-1657), qui développe toute la doctrine ascétique en partant de son centre, la Connaissance et l’Amour de \ Notre- Seigneur Jésus-Christ. Les leçons de perfection du Père Antoine Le Gaudier (1592-1622) ne ( sont pas moins utiles à qui n’est point rebuté par I son rude latin.
Les auteurs de traités particuliers et d’opus- I cules excellents sont trop nombreux pour être tous mentionnés. Nommons du moins les deux | Généraux saint François de Borgia et le Père Vin- \ cent Garafa; puis deux illustres théologiens, les j
LE MOUVEMENT SCIENTIFIQUE
VV. Robert Bellarmin et Léonard Lessius; Christophe de Madrid (1573), dont le précieux opuscule en faveur de la fréquente communion a eu saint Ignace pour inspirateur et collaborateur; Jérôme [ Piattiou Platus (1591), bien connu par son ouvrage
* Du bien de Vétat religieux; de même que François | Arias (1605), par ses pieuses études sur les vertus ( de Jésus-Christ et de la Sainte Vierge ; Achille t Gagliardi (1607), si estimé par le saint archevêque
• de Milan ; l’Irlandais William Bathe (1614) : supéi rieur du collège anglais de Salamanque, il publia : en espagnol un curieux Directoire de retraites
spirituelles, pour tous les états et toutes les professions; Jules Negroni (1625); François Poiré lr (1637); Etienne Binet (1639), l’ami de saint Franl çois de Sales, dont il rappelle l’aimable style fleuri ;
Jean Suffren (1641), confesseur de Louis XIII et I de sa malheureuse mère ; enfin le vénérable Nico- :: las Lancicius (1652), Lithuanien, converti du cal- ! vinisme : ses pieux opuscules, touchant à toutes I; les parties de la science des saints et répandus dans toutes les langues, ont été pour la première fois édités réunis par le célèbre Bollandus.
La spiritualité de tous ces écrivains, comme celle de leurs confrères que nous aurions encore pu nommer ou que nous nommerons au siècle suivant, dérive des Exercices de saint Ignace. C'est une doctrine qui n’a rien d’exclusif, et dont les principes peuvent diriger utilement les âmes de tout i tempérament, dans toutes les situations de leur vie spirituelle. Mais son caractère propre est d’être essentiellement agissante. Non qu’elle pousse tout le monde à l’action extérieure : elle s’adapte ftfrt bien aux âmes que Dieu appelle à la contemplation; et l’oraison n’a-t-elle pas le premier rang parmi les moyens de progrès que saint Ignace
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enseigne? Seulement, ennemi de tout quiétisme, I il ne permet jamais à l’âme de cesser d’elle-même I le travail et l'effort pour se rendre plus agréable à ! Dieu, pour lui procurer en soi et dans les autres une gloire plus grande.