‹ La Compagnie de Saint-Sulpice au CanadaChapitre 14 sur 54 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

Vac-hon de Jielmont, (Geoffroy, Vaillant de Myardhouin, (Juay, Qiioré de Tré^iiron, de Jires'lay. (iuen. de Miniac, Des- «MK'Iaves, ( liain ieiix, ricqiiet, Mathévet, Be.sson de la Garde, .J'en passe. Ce qu'on devine rien qu'à, lire leurs noms c'est (qu'ils sont nobles (jnelques-uns, qu'ils sont de grande et glorieuse extraction. C'est ce qu'on sait moins, c'est que d aucuns sont jeunes, tout jeunes, c'est que d'autres sont âgés, usés. N'importe! Où le labeur et quel labeur! les appe.le. ils vont. Ils vont à Kenté, sur les bords du lac Ontario, à rîle aux Tourtes près de Ste-Anne, où l'Ottawa se déverse en pai-tie dans le St-Laurent et où les sauvages de l'ouest et dn nord viennent échanger leurs pelleteries ; à la Présentation et à la (Jalette, jetant, sans le prévoir, les fondements de la ville qui sera Ogden.sburg. Ils s'associent à la vie dn sauvage, s'assoient dans sa cabane enfumée, mangent de sa nourriture grossière; ils l'instruisent, le baptisent, l'accompagnent dans ses expéditions, relèvent son existence et consolent son trépas. Ils font plus: les voilà à l'école de ces barbares pour apprendre leur langue, noter les intonations et les accents de leur parler, constituer, après bien des insuccès, une grammaire, un lexique. Ils pourront alors lui parler son propre langage, le faire chanter les louanges de Dieu, composer pour lui un catéchisme et des cantiques, pénétrer ainsi avant dans sa confiance dans ses moeurs, dans son histoire.

Cette histoire est lamentable: elle est une chaîne ininterrompue de guerres, de cruautés, d'expéditions périlleuses à travers forêts et plaines, le long des rivières, sur les lacs et les grands fleuves. Jamais tant qu'il restera aussi nomade, le sauvage ne sera civilisé et transformé. Qu'on le fixe quelque part, qu'on l'y fasse vivre paisible et satisfait et alors on le changera ! Idée féconde qui fut celle

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