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A. — C'est lundi qu'aura lieu la solennité. On a toujours classé cette lettre en 1862. Cependant, le Journal des Goncourt fait, au lundi 6 mai 1861 (vol. I, pp. 372-374), le récit d'une gueulade punique analogue à celle promise ici par Flaubert. Aussi, dans une lettre de Jules de Goncourt à Flaubert datée du 10 juillet 1861 {Lettres de Jrdes de Goncourt, p. 162), on trouve cette allusion à une précédente lecture de Salammbô :
« Où en est Carthage et Salammbô ? Combien de pages encore ? Ah ! mon cher ami, quel plaisir de vous relire ! C'a été un éblouissement que vous nous avez fait passer, l'autre jour, devant les yeux et dans la tête. « (Cf. dans le Journal des Goncourt, I, 373 : « On ne peut nier que... [Flaubert] n'arrive, par moments, à un transport de votre cerveau, de vos yeux, dans le monde de son invention. «)
Rem. 1. — Pour contrôler la date de cette lettre de Goncourt, nous avons la mention de Sœur Philomène, nouvellement parue {Bib. Fr., 13 juillet), et des Blisérables, dont Hugo vient d'achever le manuscrit (cf. ses Œuvres complètes, édition Ollendorf, Roman IV, Paris, 1909, p. 615, et le Journal de Goncourt, I, 377).
Rem, 2. — MM. Descharmes et Dumesnil, Autour de Flaubert, vol. II, p. 145, proposent la date du 6 mai 1862 ; mais, — outre que ce fut là un mardi, tandis que la lettre de Flaubert et le Journal des Goncourt s'accordent à indiquer un lundi, — le manuscrit de Salammbô était à cette date, sinon entre les mains de la copiste (lettre 118), du moins achevé (117 A). Lors de la lecture aux Goncourt, au contraire, certains morceaux ne sont pas complètement terminés {Journal, loc. cit.). Pour une plus ample discussion de cette hypothèse, voir Modem Language Notes, June 1913, pp. 180-186,