‹ La compression du cornet moyen par les malformations hautes du septum: Pathogénie de certaines céphalées rebellesChapitre 16 sur 54 · II. - Signes subjectifs A. Céphalée · texte numérisé non relu

II. - Signes subjectifs A. Céphalée

Dans la symptomatologie, rien n’est assez particulier pour attirer d'emblée l’attention sur le cornet moyen.

Noyés au milieu des petits symptômes d’un coryza chronique léger, enchifrènement, mouchage fréquent, on trouve cependant deux signes qui, pratiquement, ne man-

quent jamais. Ce sont, d’une part, la céphalée à carac-

nm.

tère névralgique, bien différente des maux de tête habituels au coryza, et, d’autre part, l’anosmie.

Parmi les signes subjectifs, la céphalée domine : c’est pour elle que les malades consultent. Elle est, pour Didier, continue, gravative, avec périodes d’exacerbation pénible quand il survient une cause de congestion de la face (digestion, effort, poussées de coryza). Elle est faite de deux éléments, l’un continu, la sensation de compression, de lourdeur de tête, l’autre intermittent, la névralgie.

Lermoyez attribue la sensation de lourdeur de tête éprouvée par les infirmes du nez à des troubles de la circulation veineuse et lymphatique de la pituitaire, qui auraient pour conséquence une augmentation de la tension intracranienne. Or, la congestion des fosses nasales chez les malades du cornet moyen comprimé est manifeste.

La névralgie est due à l’irritation des terminaisons du trijumeau dans la zone pituitaire écrasée par la malformation osseuse ou cartilagineuse. Elle siège presque toujours dans la zone de l’ophtalmique et plus spécialcment dans la région frontale; la pression décèle parfois des points douloureux à l’émergence des branches souscutanées.

L'élément névralgique de cette céphalée cède le plus souvent aux analgésiques habituels. Rarement, comm: dans le cas de Walter Spencer, la morphine à hautes doses peut seule calmer la malade.

Les pulvérisations de cocaïne-adrénaline ont parfois une action souveraine sur la douleur. Elles décongestion-

nent le cornet moyen comprimé et le dégagent de l’étau

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dans lequel il est enserré. Cette épreuve a quelque valeur au point de vue de l’indication opératoire, mais il ne faudrait pas pourtant en faire la pierre angulaire du diagnostic, car il arrive que l’adrénaline, malgré l’anémie locale intense qu’elle provoque, soit impuissante à déga-

ger le cornet de la pression de la cloison.

Pour d’autres auteurs, la nature de la sensation ressentie est assez variable. C’est habituellement une lourdeur de tête continue mais modérée avec parfois des paroxysmes donnant une sensation d’éclatement, de tension, de constriction ou de brûlure, insupportable; ces paroxysmes sont dûs au chaud, au froid, aux règles, aux

émotions et surtout à la fatigue oculaire.

La douleur est habituellement frontale comme l'ont bien décrit Halphen et Dutheillet de Lamothe et Sourdille; elle siège alors au niveau du front, tantôt au centre, débordant sur la racine du nez, entre les deux yeux, tantôt latérale, droite ou gauche, périorbitaire, orbitaire ou même rétro-orbitaire; elle peut diffuser et s’étendre

aux régions voisines.

Si l’épine irritative est antérieure, nous aurons le tableau que nous venons de décrire. Si la cause est plus postérieure, queue du cornet moyen, cornet inférieur ou pied de cloison, la douleur sera plus postérieure également, elle siègera dans la région temporale, au vertex ou sur la partie postérieure du temporal ou à l’occiput. Cette notion n’est pas formelle, elle représente seulement la symptomatologie habituelle.

Chez les uns, la céphalée présente un caractère obsédant, permanent, déterminant une insomnie pénible et

résistant aux médicaments antinévralgiques. Chez les

Joue

autres, au contraire, elle n’a pas d’horaire typique, respecte la nuit, permet au malade de poursuivre ses occupations. En réalité, nous croyons que tout cela est question de degré et de réaction individuelle. Nous avons observé des malades qui présentaient l’un ou l’autre type, le facteur individuel est à ce point important que nous avons tous vu des malades présentant des déviations très sérieuses ou des rhinites vaso-motrices obstruant totalement la fosse nasale et qui n’ont jamais présenté de douleur à aucun moment. Et même chez ceux qui en souffrent, on est en droit de penser que leur malformelion existe depuis longtemps; ce n’est qu’à l’occasion d’une forte infection nasale ou d’une cause d’ordre général, déséquilibre endocrinien ou neuro-végétatif, peu

importe, que ces malades commenceront à avoir mal.

B. Anosmie

A côté de la céphalée qui, elle, ne manque jamais, il y a fréquemment de l’anosmie due à l’obturation de la fente olfactive; c’est plutôt hyposmie qu’il faudrait dire, car il est rare que les odeurs fortes ne soient plus perçues. Il n’y a pas de sélection dans le trouble sensoriel qui porte sur toutes les variétés d’odeur. L’anosmie n'existe pas d’une manière continue. Les troubles de l’odorat s’accentuent généralement en même temps que la céphalée.

Un fait curieux est que, souvent, il n’y a pas trace de perception sensorielle, alors que la fente olfactive n’est fermée que d’un côté. On ne peut cependant pas prononcer le mot d’anosmie nerveuse puisque l’ablation du cornet moyen peut rétablir l’odorat. Tout au plus

peut-on parler d’anosmie réflexe.

Les troubles de goût accompagnent dans cette affection comme dans toutes les anosmies, les troubles de

l’odorat.

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