Comptabilité double
Ce qui caractérise la comptabilité double, c'est sa double série de comptes : 1° les comptes des éléments de la fortune ou comptes statistiques et 2° les comptes de la fortune nette et de ses variations, Ou comptes économiques. Ces deux séries de comptes sont opposées l’une à l’autre et se servent de contrôle réciproque. |
Pour saisir l'essence de la comptabilité double, il suffit de considérer que toute fortune peut être exprimée selon les éléments dont elle est formée (espèces, immeubles, marchandises,
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mobilier, etc.) ou en une somme globale égale au total des valeurs des divers éléments. Soit a, b, c, etc., ces éléments et C la fortune cnette, Ooù4.:
a+b+ce+… | —;6
Les éléments de la fortune sont ou positifs ou négatifs; les premiers sont dits actifs, et les deuxièmes passifs. La fortune nette ou capital est la différence entre l'actif et le passif. Ainsi :
Par convention, les comptes des éléments actifs sont débités de la valeur initiale c.-à-d. à l'ouverture de la comptabilité; ils sont ensuite débités des augmentations de ces valeurs et crédités des diminutions, de telle sorte que le solde représente la valeur à un moment quelconque. Les comptes des éléments passifs sont au contraire à l'ouverture crédités du montant initial de la dette; dans le courant de l'exercice ils sont crédités des augmentations de ces dettes et débités des diminutions. Il en résulte que le débit des comptes, aussi bien du passif que de l'actif, représente une augmentation et le crédit une diminution de la fortune. Si l’on représente l'augmentation par le signe + et la diminution par le signe — on aura :
“|- Comptes des éléments de la fortune
Pour établir sous forme comptable l'égalité ci-haut : a + b + c + carte C ou A—P = {€ on crédite le ou les comptes de la fortune nette du montant de l'actif diminué du passif. Dans le courant de l'exercice ce ou ces comptes sont crédités des augmentations et débités des diminutions de la fortune nette. Ainsi donc le Doit et l’Avoir des deux séries de comptes sont opposés, c.-à-d. ont une signilication contraire. Nous pouvons représenter ainsi cette relation :
Comptes des éléments Comptes de la fortune nette +- de la fortune — — et de ses variations +
Sr l9 e
En développant ce schéma nous aurons le tableau suivant qui résume ce qui précède :
{re série: Comptes des éléments 2me série: Comptes de la fortune
de la fortune nette et de ses variations
ou Comptes statistiques ou comptes économiques A Actif Caisse — + Marchandises — — Capital + + Mobilier — —- Immeuble — — Pertes et Profits +- + Débiteurs — 4 — Frais généraux —- — Intérêts, escomptes © etc. TERRE O RS VE ARR LP 6 à ben te UT TE
Emprunt B. Pass + Créanciers — -} hypothécaire — etc. etc.
À la clôture de l’exercice le solde débiteur des comptes statistiques représente la différence entre les éléments actifs et les
éléments passifs existant à ce moment-là, c.-à-d. la nouvelle fortune nette.
Le solde créditeur des comptes économiques représente le capital initial avec ses augmentations et ses diminutions, c.-à-d. la nouvelle fortune nette.
Comptes statistiques Comptes économiques Dimin. de la | Fortune net. initiale Actif final Passif final f ortune nette | Augm. de la fortune Solde — | fortune nette Ë nette finale
Solde — | fortune nette finale
Ainsi le résultat (nouveau capital net et par suite bénéfice ou perte) est donné par chacune des deux séries de comptes qui, non seulement se complètent, mais se contrôlent.
En résumé, la comptabilité double connaît deux séries de comptes : 1° les comptes des éléments de la fortune ou comptes statistiques, 2° les comptes de la fortune nette et de ses variations ou comptes économiques. Ces deux séries de comptes sont opposées l’une à l’autre de telle façon qu’elles se complètent et se contrôlent par leur résultat. Le livre principal est le grand livre, qui renferme ces comptes. Le bilan est le relevé des soldes du grand livre, soldes obtenus en tenant compte de l'inventaire matériel.
Il n'entre pas dans notre intention de discuter des formes diverses que peut revêtir la comptabilité double; cette étude, bien que fort intéressante, sortirait du cadre de ce rapide exposé qui n’a d'autre but que de faire ressortir la place de la comptabilité camérale parmi les autres systèmes.