SCÈNE X
Les MÊMES, le COMTE, Valets armés,
LE comte.
Le voilà ! (Aux valets.) Emparez-vous de cet homme.
(Les valets font un pas en avant, Otto les arrête du geste.) OTTO.**
Doucement! doucement, cher comte! vous avez pensé me faire faire un beau coup !.., S'il
* La comtesse, Otto, le duc.
*' La comtesse, le comte, Otto, le duc
! n'avait tourné la tête pour se metlre en défense, j'allais tuer le meilleur de mes amis.
LE COMTE
Comment?
OTTO, avec entraînement.
Eh! qui, cher comte, ce mystérieux personnage qu'on vous dénonce dans cette letlre, n'est autre que le capitaine hanovrien Wilhelm de Neustadt, en fuite pour cause de duel, et à qui le hasard et la maréchaussée ont fait franchir, par mégarde, les frontières de son souverain et les murailles de votre parc... Je vous le présente...
LE COMTE
Chevalier...
OTTO, l'interrompant.
Vous lui pardonnerez, pour l'amour de moi, 1
cette apparition du loup-garou, et la frayeur mortelle qu'il a causée à M"*^ la comtesse en tombant, au milieu de sa promenade, d'un mur de quinze pieds de hauteur.
LE COMTE
Monsieur...
OTTO, serrant la main du duc.
Ce cher Wilhelm... c'est à vous maintenant de remercier M. le comte et M<^^ la comtesse, qui veulent bien, à ma recommandation, faire accueil à vos excuses et à voire personne.
(Il le fait passer auprès du comte.) LE COMTE.
S'il est vrai, monsieur, M'^e la comtesse et moi, nous serons flattés de vous offrir un asile au château.
OTTO, à part.
Hein ?
LE DUC
Monsieur... je ne sais si je puis accepter...
Nous n'admettons pas d'excuses, monsieur; M™e la comlesse joint ses instances aux miennes. OTTO, à part, avec défiance.
Je n'ai pas réussi à le tromper.
LE COMTE, avec une courtoisie affectée.
Nous avons ce soir un bal au château; des salons, égayés par une fêle, seront un asile plus riant que les froids ombrages d'un parc. LE DUC, à part.
Je pourrai du moins parler à Marie.
LE COMTE
Allons, voilà qui est convenu. Veuillez offrir votre bras à M™" la comtesse.
(Du geste il invite le duc à passer auprès d'elle.) OTTO, à part.
Avant ce soir, il faut qu'il soit parli. LE DUC, bas à la comtesse, à qui il a offert son bras.
Madame, contenez-vous.
LE COMTE, à part.
Je pourrai à mon aise les observer.
(Il suit la comtesse qui s'est mise en marche avec le duc ; Otto le rejoint et cherche, en lui parlant, à détourner son attention.)