‹ La comtesse d'EgmontChapitre 25 sur 55 · M. D'ARGENTAL · texte numérisé non relu

M. D'ARGENTAL

Mais il me semble que vous faisiez peu de cas de sa science?

d'alembert.

11 est vrai, mais beaucoup de son esprit.

Ce que j'aime en lui, c'est sa passion naïve pour la flatterie, et son mot à un jeune littérateur qui lui disait d'un air bumble que pour le flatter dignement il faudrait avoir son esprit : N'importe, répondit Fontenelle, flattez toujours,

LA DUCHESSE D'AIGUILLON

On accuse une certaine princesse d'avoir fait l'application de ce mot à un jeune bourgeois qui déplorait de n'être pas né dans un rang qui lui permît de l'aimer.

LE MARÉCHAL

Prenez- y garde, mesdames : après avoir calomnié le cœur d'un philosophe, vous allez tomber dans la médisance.

LA DUCHESSE DE LAURAGUAIS

Ne faut-il pas toujours en venir là? Gela me rappelle la promesse du comte de B*** ; j'espère qu'il va la tenir, et nous montrer la chanson sur le lit de justice.

LE COMTE DE B***

Je n'oserais, madame.

LA DUCHESSE D'AIGUILLON

Bon, vous faites la prude î Prêtez-la-moi, je la chanterai tout bas.

LE COMTE DE B***

Je n'en ai qu'un couplet, celui qu'on a trouvé affiché dans le café Procope, et véritablement il n'est pas d'assez bonne compagnie...

LA DUCHESSE D'AIGUILLON, au maréchal.

Mon neveu, dites-lui donc d'obéir, c'est vous qui lui faites peur.

LE MARÉCHAL

Il doit être pourtant bien certain que je ne répéterai pas ce couplet au roi; ce serait, je pense, un mauvais moyen de faire ma cour. Je veux bien qu'on le chante ici, pourvu qu'on mo promette de s'en indigner hautement?

LA DUCHESSE D'AIGUILLON

Oui, oui, nous nous indignerons; n'est-ce pas, messieurs?

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