AUTRE MADRIGAL
A rendre heureux l'objet de mes amours, Dieux, employez votre pouvoir suprême !
Pour son bonheur, faites qu'il aime;
Pour le mien, qu'il aime toujours!
V. — Arrivée à l'âge où les cheveux blanchissent, 011 les rides sillonnent le visage, et servent, hélas! « de tombeau à l'amour », suivant la tou-
68 LA COMTESSK D "il OUDETOT .
chante expression de Lamartine, la comtesse résuma ainsi sa vie :
AIMF.K !
Jeuno, J'aimai; le temps de mon bel àiie. Ce temps si court, l'amour seul le remplit. Quand j'atteignis la saison d'être sage, Toujours j'aimai, la raison me le dit.
^lais l'âge vient, et le plaisir s'envole; Mais mon bonheur ne s'envole aujourd'hui; Car j'aime encore, et l'amour me console... Rien n'.iurnit ]iu me cunsoler (!<' lui!
C'est là une profession de foi bien féminine :
plus d'une grande dame du xvni' siècle aurait pu
la revendiquer, mais avec moins de fidélité, sans
doute, que madame d'Iloudelot.
VI. — Le fils, les pelils-enfants, les neveux et nièces de la comtesse la chérissaient. Elle se plaisait à les voir, à leur faire des cadeaux, à se mêler à leurs jeux, à leur offrir des fêtes, et aussi quelques poésies.