A MADEMOISELLE ADELAÏDE PREVOST
Belle Eglé, vous aimez les chats;
On les accuse d'être ingrats; Avec beaucoup d'esprit, ils ont l'humeur légère,
Très volage et fort peu sincère.
Mais des gens avec qui l'on vit L'on prend beaucoup, à ce qu'on dit.
Aimable Eglé, s'il peut vous plaire.
Ce chat auprès de vous gardera son esprit,
Et changera de caractère!
Vin. — Dans ses dernières années, madame d'Houdetot s'attacha très vivement à M. de Sommariva, gentilhomme milanais sentimental, beaucoup moins âgé qu'elle, et dont nous parlerons à la fin de cette élude. Il élait venu, lui aussi, habiter la vallée de Montmorency. Ce fut l'ami des jours suprêmes. Il reçut l'hommage des dernières poésies de Mimi vieillie, prête à dire adieu à sa longue et heureuse destinée.
QUARANTE POESIES DE MADAME d'HOUDETOT. 85 A MONSIEUR DE SOMMARIVA.
Je touche aux bornes de la vie, Vous avez embelli les derniers de mes jours; Qu'un si cher souvenir se conserve toujours!
Vivez heureux pour votre amie!
Si quelque sentiment occupe encor votre àme. Ne vous refusez pas un bien si précieux;
Seulement, en goûtant ce charme, Dites-vous quelquefois : <( Elle m'aimait bien mieux! »
Madame d'Houdetol était fière de savoir aimer. C'est là, en effet, un titre de gloire ; comme en toute science, les supériorités en amour sont rares.
IX. — Elle envoya son portrait à M. de Sommariva, en y joignant ce quatrain maternel :