‹ La comtesse d'Houdetot, une amie de J.-J. RousseauChapitre 37 sur 61 · A MADEMOISELLE ADELAÏDE PREVOST · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE ADELAÏDE PREVOST

Belle Eglé, vous aimez les chats;

On les accuse d'être ingrats; Avec beaucoup d'esprit, ils ont l'humeur légère,

Très volage et fort peu sincère.

Mais des gens avec qui l'on vit L'on prend beaucoup, à ce qu'on dit.

Aimable Eglé, s'il peut vous plaire.

Ce chat auprès de vous gardera son esprit,

Et changera de caractère!

Vin. — Dans ses dernières années, madame d'Houdetot s'attacha très vivement à M. de Sommariva, gentilhomme milanais sentimental, beaucoup moins âgé qu'elle, et dont nous parlerons à la fin de cette élude. Il élait venu, lui aussi, habiter la vallée de Montmorency. Ce fut l'ami des jours suprêmes. Il reçut l'hommage des dernières poésies de Mimi vieillie, prête à dire adieu à sa longue et heureuse destinée.

QUARANTE POESIES DE MADAME d'HOUDETOT. 85 A MONSIEUR DE SOMMARIVA.

Je touche aux bornes de la vie, Vous avez embelli les derniers de mes jours; Qu'un si cher souvenir se conserve toujours!

Vivez heureux pour votre amie!

Si quelque sentiment occupe encor votre àme. Ne vous refusez pas un bien si précieux;

Seulement, en goûtant ce charme, Dites-vous quelquefois : <( Elle m'aimait bien mieux! »

Madame d'Houdetol était fière de savoir aimer. C'est là, en effet, un titre de gloire ; comme en toute science, les supériorités en amour sont rares.

IX. — Elle envoya son portrait à M. de Sommariva, en y joignant ce quatrain maternel :

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