POUR MONSIEUR DE SOMMARIVA
J'ai bu la coupe de la vie, Tantôt du mal, tantôt du bien.
A présent il ne reste rien Que le tendre nœud qui nous lie!
Mais ce bien suffit à mon cœur; S'il embellit ma dernière heure, A quelque moment que je meure.
J'aurai vidé la coupe du bonheur!
Madame d'Houdelot souriait à la mort, comme elle avait souri à la vie. Nulle tempête n'apparaît dans sa longue existence; du premier au dernier jour, aucun chagrin ne la vint contrister, nul vain regret ne plissa son front serein, ne ternit son clair et doux regard, et elle s'en alla avec une sorte de rayonnement dans tout son être, ayant vu se réaliser les plus chers désirs de son âme.
En dehors des quarante poésies que nous venons de donner, il en est sûrement beaucoup de perdues, comme nous l'avons dit. Dans une lettre adressée à madame Xecker, et que nous reproduisons plus loin, la comtesse fait allusion à une pièce de vers jointe à son épîlre, et qui devait être assez étendue. Elle n'a jamais été publiée.
QUARANTE POÉSIES DE MADAME D'hOUDETOT. 87
La Harpe cite, sans nom d'auteur, un quatrain qui est d'elle certainement :