‹ La comtesse de LeicesterChapitre 27 sur 27 · LK COMTESSE · texte numérisé non relu

LK COMTESSE

Par malheur, Elles viennent trop tard.

Lk REINE, surprise.

Trop tard î...

£IIc examine plus allentivement la Comtesse, et comme se parlant à e)ie-n:éme.

Celte pâleur...

Ces traits décomposés... serait-il donc possible Qu'elle eût, à sa disgrâce, été si fort sensible !... Que j'aurais à gémir de mes emportements !

Lk COMTESSE, dont la l'Oix H^ affaiblit par degrés. Oh ! ne vous créez pas d'inutiles tourments, Ne vous imputez point mon état déplorable : Je me meurs, d'un poison terrible, inexorable...

LA REinE.

Quoi ? vous auriez osé, pauvre femme, attenter Aux jours que Dieu lui-même a daigné vous compter, Pour une cause encor si faible, si légère !

LA C03ITESSE.

Cette cause^ à ma mort, madame, est étrangère. Et loin d'avoir voulu mettre un terme à mes jours. Je suppliais le ciel d'en prolonger le cours... Leicester m'est rendu, je demandais à vivre, Pour jouir du bonheur dont son retour m'enivre... Je ne le vois que trop, le ciel ne le veux pas... Je sens, là, dans mon sein, l'approche du trépas.

Là MINE.

Mais comment mourez-vous, comtesse, empoisonnée î

Que Votre Majesté laisse une infortunée Jouir du peu d'instants qui lui restent encor ! Approche, Leicester... cher ami, seul trésor Que je laisse en mourant et que seul je regrette. . . Soutiens-moi dans tes bras... maintenant je suis prèle î Le moment est cruel... Mais je sens... qu'il est doux... D'expirer... sur le cœur... d'un ami... d'un époux.

Elle tombe renversée sans mouvement.

LA REI2IE

Elle s'évanouit... cher docteur, qu'on 1 emporte; Il faut la secourir, la sauver.

LE MÉDRGlIf.

Elle est morte.

Lk REHE.

Elle est morte !

LEICBSTER.

O mon Dieu î

BDRLBIGH.

Quelle fin !

SIDNEI.

C'est affreux .

Pendant ces exclamalions, on enlève la Comtesse. Le Médccin raccompagne.

LA RBlifE, à Burleujh.

Il nous reste à remplir un devoir rigoureux.

Je dois un grand exemple à la noble Angleterre, Et je pénétrerai cet horrible mystère...

UN SERVITEUR DE MORTO!f .

Madame, sir Morton, (\in vous savait ici, M'a confié pour vous la lettre que voici.

n sort.

LA REINE

Que m'écrit 'il?

Elle décacheté la lettre.

Je tremble... LA REINE. Elle lit, et à tnemre qu'elle avance dans sa lecture, ses traits se contractent, ses yeux se courroucent.

Allons ! point de faiblesse !

Elle s^avance rapidement vers Leicester, fixe sur lui des regards irrités, et lui dit d'une voix menaçante : Comte de Leicester !

LEICESTBR, troublé.

Madame...

L\ REiif E, après un moment de silence, devenue maitresse d'ellc-mêmCy ajoute avvc calme.

Qu'on nous laisse.

«ceme: th.

LA REINE, LEICESTER

LA REINE

Ton vil complice est mort, lui-même il s'esl puni, Et, plus brave que toi, s'est du moins prémuni Contre le châtiment, l'opprobre, rinfaniie...

Certes, contre la mort mon ame est affermie ; Faites-moi donc mourir, mais daignez m'épargner Des affronts dont, enfln, j'ai droit de m'indigner.

LA. REINE, avec wi souverain mépris.

Qui? toi!

Veuillez souffrir que je me justifie.

LA REINE

Tu ne le i)Ourrais pas, je te le certifie.

Et par ce seul billet ton crime est confirmé : C'est toi qui Tas permis, Morloo Ta consommé... Et j'ai pu ressentir pour toi de la tendresse. Vouloir te nommer roi dans mon aveugle ivresse, Toi, lord dégénéré, toi, noble sans honneur, Toi, vulgaire assassin, toi, lâche empoisonneur !

LEICESTBR, hor$ de lui.

Oh! la mon?

LA REINS

C'est trop peu pour ta scélératesse...

Que le spectre effrayant de la pauvre comtesse Épouvante les nuits, épouvante tes jours ; Qu'il te suive partout, et toujours, et toujours. Qu'il ne te laisse plus de répits ni de trêves, Qu'il trouble lour-à-tour tes veilles et les rêves!... Et maintenant, adieu... je te voue au remord ; Vis avec ton forfait.

Elle sort en jetant sur Ldcester un regard de mépris.

LBIGESTER, tombant anéanti swr un siège.

Je voudrais être morL

FIIV.

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