SCÈNE VIII
LE BARON, puis DURAND.
(Les villageois sortent par toutes les directions, le baron les regarde un instant,
puis redescend.)
LE BARON
L’assassin, qu’on le retrouve... moi, d'autres intérêts me retiennent ici... Ah! Durand. (Allant à sa rencontre.) Eli bien! quelles nouvelles!,..
DURAND
Mauvaises... madame la baronne d'Aubeterre, voire femme, ésl morte, en mettant une fille au monde... et l'enfant n’a survécu que de quelques minutes à sa mère...
LE BARON, atterré.
Ruiné! je suis ruiné !.,.
DURAND
Peut-être...
JACQUES, paraissant.
Du monde ! (il se cache derrière la charmille.)
LE BARON
Que veux-tu dire?...
DURAND
Je veux dire qu’il y a deux heures à peine votre raine était accomplie et que maintenant, grâce à moi, vous êtes tiré d’affaire.
LE BARON
Je ne te comprends pas.
DURAND
Je veux dire que, demain, quand la famille de Saiïit-Géran viendra vous apporter ses compliments de condoléance, elle trouvera non pas un enfant mort, mais un nouveau-né très-bien portant...
le baron.
Tu es fou !
DURAND
Soit, mais vous êtes père.
Hein ! !
LE BARON, stupéfait.
DURAND
Oh! un de ces hasards miraculeux que le diable tient en réserve pour ses favoris... Un imbécile qui entre dans une auberge où je venais de m’attabler avec votre palefrenier. . il se grise et parle d’une petite fille qu’il conduisait en nourrice... j'examine le personnage, je vois qu’à nous deux nous en aurons facilement raison, et ma foi...
LE BARON
Je comprends.
DURAND
A l’heure où je parle, elle est au château d’Aubeterre , dont les serviteurs saluent avec respect l’héritière de monsieur le baron.
LE BARON , après un silence.
Durand, voilà un coup de maître pour lequel tu seras largement récompensé... (Durand tire de sa poche une lettre.) mais qu’est-ce cela? une lettre !
DURAND , la lui montrant à distance.
Adressée à M. le marquis de Saint-Géran, votre beau-père, par le docteur Hermann, qui est resté près de votre femme jus-