I.A COMTESSE
A mon mari !.. (Jacques retourne à Marguerite. — A part.) Un blanc-seing du roi pour rejcier cct e homme à la Bastille, imp«»ssible de l'avoir avant demain!. Oh! d’ici là, je veillerai...
(Elle se dirige vers la droite el se rencontre avec le valet de ihimLre. qui est entré par le fond, portant un bouquet a lamuiu, et qui cherche quelqu’un du régard. )
LE VALET
Mademoiselle d’Aubeterre 1
La Voici. (Le valet va à Marguerite.)
LE VALET, à Marguerite.
De la part du roi.
JACQUES , avançant la main violemment et prenant le bouquet.
Du roi ? (il regarde le bouquet et réfléchit.)
LA COMTESSE , à part.
Un bouquet !
BERTIM , approchant et glissant ces mots à l'oreille de la comtesse :
11 a passé par mes mains...
Quoi !..
JACQUES, après une longue hésitation, donnant le bouquet à Marguerite , à part.
Oh ! maintenant, je suis là pour veiller sur elle. (Marguerite le prend et le respire. — Haut.) Prenez, Marguerite.
BERTIM, de même.
Qu’elle le respire deux secondes, seulement, et dans quelques heures...
Silence ! oh! c’est horrible !.. (Faisant un mouvement comme pour l’arracher, et s'arrêtant tout à coup. — A part.) Trop tard ! (Elle la regarde aTec épouvante , se détourne et sort par le Tond à gauche.)
BERTIM , à Marguerite.
Le roi vous attend, Mademoiselle.
MARGUERITE
Veuillez remercier Sa Majeslé de ma part , Monsieur, et lui dire que je renonce à l’audience qu’elle avait bien voulu m’accorder. (Bcrtini s'incline et sort.)
JACQUES
Mais cette audience, mon enfant , pour quel motif?..
MARGUERITE
Je voulais prendre le voile, mon père, et comme M. d’Aubeferre s’y opposait... *
JACQUES
Ah !.. je comprends .. mais maintenant tu as un père, Marguerite, un père qui veillera sur toi comme Dieu même. Viens donc, je vais te reconduire pour quelques jours au couvent de Saifite-Claire , où tu as été élevée, et quant à Gaston, sois sans crainte... Oh! je t’aime trop, va, pour ne pas le sauver!
(ils sortent.) ,