I.E PRISONNIER
Je croyais arriver à une galerie , et alors, grâce à cette arme...
(il montre un fouteau.)
JACQUES
Je le vois, vob calculs vous ont trompé... Ah! pauvre homme! je vous plaius du plus profond de mon âme, car moi aussi j’ai préparé depuis longtemps un moyen d'évasion... (il lai nu»nir* tou éehelit.) Et li j’échouais... ali! je crois que le désespoir me tuerait.
LE PRISONNIER
Une rebelle de corde... mais elle peut servir à nous sauver tous deux...
Tous deux!... (tl réWebîi.) Impossible!
LE PRISONNIER
Que dites vous ?...
JACQUES
Écoutez-moi... Depuis quinze ans que j’habite ce cachot, j*a minutieusement étuaié tout»-» les chances d’évasion, et voila ce que j’ai découvert ..
LE PRISONNIEB.
Voyons...
JACQUES
Toutes les nuits, ii neuf heures sonnant, une ronde passe au pied de cette tour. La sentinelle alors, à l'appel du chef, va la recevoir à l'angle opposé de la plate-forme, position d’où elle cesse d'apercevoir ma fenêtre...
LE PRIS0NNIK8.
Après?
JACQUES
Il y a chaque fois un colloque qui dure cinq minutes, vous entendez, pas une de plus, pas nue de moins, je l'ai bien observé! En bien! c’est dans Irquce de ces cinq minutes qu’il finit que mon salut soit accompli... Lt c'est juste le temps qu'il me faut pour me Inis-or glisser jusqu'au sol.
LE l'RlSONNILB.
Mais une fois parvenu là?...
j acquis.
M<m échelle me condit ensoite jusqu’à une tour obscure, visà-vis d’nne salle d’attente occupée par un vieux guichetier. S’il *st seul , je suis bientôt dehors; si au contraire il y a quelques soldats... j’attends qu’ils soient partis Mon plan est
Mais alors je ne comprends pas que nous ne puissions pas
• tous deux...
JACQUES
Rappelez-vous donc ce que je vous ai dit. Au bout des cinq minutes qu’il me faut pour descendre, la sentinelle ‘o retrouve en face de ma fenêtre, et Imite nouvelle tentative devient ab*o- , lument impossible.
LE PRISONNIER
CiM vrai... allons, je n’ai plus qu’à mourir...
JACQUES , lui «errant I* main.
Ah! je vous comprends, pauvre martyr! je vous comprends I bien, moi, votre frère |wr la souffrance et par le désespoir. C’est si beau, la liberté!...
LE PRISONNIER
La liberté!... oh !... si ce n était que cela!...
JACQUES
QuYst-ce donc?...
LE PRISONNIER
Oh! malheureux! malheureux! je ne verrai plus ma mère!...
JACQUES
Votre mère!...
LE PRISONNIER
C’est bien cruul. la prison, n’est ce pas?... cl opcudaut je me trouvais presque heureux dans la mienne, car tous les jours, à la même heure, à travers les grilles de ma fenêtre, je