LA COMTESSE, JACQUES
LA COMTESSE , regardait du rûU ott Gatloa rat icrti.
Jeune, dévoué jusqu’à l'aveuglement !.. Oui, c’est l’homme qu’il me faut !..
UN VALET, par la gauche, in leltra A la maio. perautant chercher quelqu'un.
Ah ! une lettre pour madame la comtesse !..
Pour oku? ici...
LE VALET
Apportée par un paysan nommé Thomas , qui se dit connu de vous.
LA COMTESSE , h wuienaaL
En effet...
LE VALET
Il vient de Saveneuse, et dit que c’est très-important... (u
■Muqae écouta.)
Donnez, (u valet tort) Qui peut m'écrire de Saveneuse? (eii« décati a le.) La Duhamel!.. Au bout de tant d’années... que peut» elle »«oir à me dire?.. Voyons! (u manqua obrarra. — Elle Ui pour publie.) « Madame la comtesse. Je suis depuis un an en « service au presbytère de Saveneuse. Là, le hasard m'a fait « découvrir un secret que vous m’avez caché malgré mon dé- « vouement, cl dont deux pièces m’ont révélé l'existence. » (Parlé.) Hasard étrange !.. («le reprend.) « Pur une circonstance
• que je ne puis vous révéler dans une lettre, les pièces qui « constatent votre mariage secret, sont devenues tout à coup
• un danger pour vous, a (Parte.) Que veut-elle dire ?.. (aepre- ■aat.) a II faut donc les détruire ; venez, sans perdre un instant, « sans ; enJre une minute, a (Parlé.) Cette bonne Duhamel ! je connais la nature de son dévouement, et avec de l’or... Mais elle ignore que, depuis un mois, je suis enfin délivrée de ce spectre qui pesait sur ma vie , uuc la veuve de Jacques Vandeuil est devenue la comtesse de Novailles , et qu’elle sera bientôt élevée à un rang d’où elle pourra défier tous scs ennemis. N’importc, je ne laisserai point subsister les traces de oc passé fatal, et dans quelques jours... (Elle approche 1a lettre de la bougie, la brûla al la laiaae tomber, la e« moment, Jacquet t'approche «Wameat et met le pied ■r U lettre. An brait qu’il fait. U comtette le retourne.) Je R'étAiS paS Seule... (Ella detcaod ci remonta presque aimitAt.)
JACQUES , l'arrêtant.
Pardon, Madame, j’ai deux mots à vous dire...
Je n’ai pas le temps de vous entendre.
JACQUES
0 le faut pourtant, madame la comtesse.
u COMTESSE.
Je vous trouve bien hardi !.. Savez- vous à qui vous parlez?..
JACQUES
Voilà un mois que je veille sans relâche sur une personne qui m’est chère , et pendant cc mois , j'ai pris de nombreux renseignements, dont plusieurs sur votre compte. Il y a aueiques jours, vous n’étiez encore que mademoiselle Pauline de Save* neusc. l’austère pénitente du couvent de Chaillot; aujourd'hui vous êtes madame de Novailles, c’cst-à-dirc que vous portez un
des plus beaux noms de France. Dans deux jours, vous serez... faut-il vous dire ce que vous serez dans deux jours, madame la comtesse ?..
Monsieur !..
JACQUES
Surinlendjutc de la maison de la reine. (îuiMtm it ni<.) Aujourd’hui on ne dit plus favorite. Mais on n’arrive pas sans obstacles à un but si éclatant; vous en avez rencontré, et c'est pour les combattre que vous êtes ici. Le danger est grave et imminent... car la jeune fille c>t belle... et le roi doit venir ici à minuit , sous un déguisement qui est là... (««mirant le foad.] un domino bleu bordé ac rouge. (Hautement d« u comte»».) Vous voyez que je suis bien informé. Je vais vous dire maintenant cc
S ue j'attends de votre bienveillance ou plutôt de votre justice, adamc.
u COMTESSE.
C’est par là que vous auriez dû commencer. Monsieur, car je m’inquiète peu, je l’avoue, des suppositions dont je suis l’objet. JACQUES.
Pour «citer votre intérêt, madame La comtesse, peut-être devrais-je évoquer des souvenirs dont voire «prit semble avoir perdu la trace, et vous rappeler un temps où, confiante jeune fille, vous chargiez du soin de votre honneur une âme ardente et loyale!.. Peut-être faudrait-il remonter jusqu'à cette nuit fatale ou, près de vous, sous vos yeux, une lutte mortelle...
LA COMTESSE , agite* , j«Uut dm raginJt t droite et à gioche.
Que vonlez-vous dire?..
JACQUES
Madame, quand vous allez là-bas , à Saveneuse, quand vous passez près de ce précipice où fut englouti le corps d’un homme, quand vous revoyez cc perron , d’où votre bouche laissa tomber une horrible parole, cst-cc que vous n’enteudez pas crier le remords au fond de votre âme ?
LA COMTESSE , »r*e ««rrcar.
Monsieur !..
JACQUES
Lorsqu'on traversant le pays, vous entendez les femmes, les vieillards , les enfants prononcer avec horreur le nom exécré de Jacques l'assassin, est-ce qu’il ne vous est jamais arrivé de dire eu vous-même : Ce nom , auquel j’ai imprimé une souillure que la mort même n’effacera pas ; ce nom que j’ai taché de sang, il me suffirait d’un mot pour lui rendre toute sa pureté? (Elle u racerde.) Eh bien ! Madame, voilà l'acte de justice que je viens réclamer de vous!..
LA COMTESSE, lurprl».
Ah !..
JACQUES, continuant.
Allez au parlement, et là, la main tendue sur le Christ, rétractez votre premier témoignage ; dites que Jacques Vaudeuil a puni un lâche qui voulait perdre l’honneur d'une femme... faites enfin, que dans Je village où il est né, dans les chaumières où on l’a connu, sur lé vaisseau où il a servi, on ne dise plus Jacques l'assassin, mais Jacques l’homme d'honneur, Jacques l'honnête homme.
Mais qui êtes-vous donc, et de quel droit?
JACQUES
On me nomme le capitaine Laripalière, Madame, et je suis... l’ami de Jacques...
LA COMTESSE, à rail b«M«.
L’ami de Jacques...
JACQUES
Mais, rassurez-vo us, Madame, cc n'est pas une mission de haine et de vengeance qu’il m’a léguée, mais une mission pieuse et sainte : celle de faire réhabiliter sa mémoire, et j'espère, madame la comtesse, que vous m’aiderez à l'accomplir.
C’est-à-dire que vous avez pu espérer que je consentirais à m’accuser publiquement de mensonge...
Non. Madame, car il faudrait dire le motif de ce mensonge, car il faudrait avouer que Jacques Vaudeuil était votre époux... (Mouiem«ni de u moimm.) et je ne veux qu’une chose , remplir ma mission, sans toucher le moins du monde, ni à votre ambition, ni à votre orgueil.
LA COMTESSE, *rac ironie.
J’avoue que je ne vois pas quel peut être le moyen...
JACQUES
Au contraire, Madame , pour une femme dans votre position, ce moyen est facile. Jacques Vaudeuil a été reconnu coupable de meurtre, sur le témoignage unique de mademoiselle Pauline
de Savencusc. Or, que mademoiselle Pauline de Savcneuse, graiNlie de toute l'iitfluenee qu’elle possède aujourd hui, déclare hautement qu'elle s'est trompée , qu'elle ajoute que cetle erreur lui a été démontrée par des preuves que de hautes considérations l'empêchent de divulguer, qu'elle demande la réparation d’une iniquité qui serait pour sa conscience un éternel supplice, alors, je vous le jure, nul n’aura l'audace de mettre en doute la parole de la comtesse de Novailles, presque une reine, et la suppression de l’arrêt qui flétrit le nom de Jacques Vaudcuil sera immédiatement prononcée.
LA COMTESSE, k part, aprê» «voir toftcmp* regardé Jaequee.
Ah ! ce danger dont parle la Duhamel , le voici !.. Mais résister ouvertement, impossible, tant que ces pièces ne seront , pas détruites!..
Jacques.
Eh bien ! Madame, j’attends votre réponse.