U s'agit de l'atteotat de Damieoa, en jauTier
ojG la comtesse de nocnEForiT
ra?se, ef, quelque temps après, eux seuls en porteront. Alors, ou sera frappé de respect à la vue de cette cuihisse ; ainsi ccUe garde fastueuse qui nous éblouit, ainsi cet essai qu’on fait de tout ce qu’on leur présente à boire, qui ressemble si fort au soin attentif de l’amour, ainsi tous ces usages qui font l’orgueil et la sécurité des rois et qui produisent l’admiration et l’envie des sujets, peuvent paraître autant d’avertissements ou de souvenirs funestes pour eux, et autant d'objets de honte et de pitié pour nous.
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On a toujours dit : le fanatique de religion peut seul porter la main sur un roy; mais il y faut ajouter l’impie, car les hommes regardent les rois comme des dieux. Ils les louent, ils les prient, ils les adorent, ils les craignent comme des dieux. Ainsi l’audace qui attaque l’autel peut aussi ébranler le trône.
A force de dire que les princes n’ont pas d’humanité, on finit par en manquer pour eux.
La vanité est comme les denrées de luxe : elle ne rapporte que par le commerce avec l’étranger. Nos mœurs sont donc bien faites pour l’entretenir, puisque nous vivons plus avec les autres qu’avec nous-mêmes.
La vanité est la passion dominante des Français. Commo c’est en elle-même une petite passion, elle ne produit rien de grand, ni en bien, ni en mal. Elle est pour ainsi dire une passion de détail. Elle s’amuse à la bagatelle, elle n’a point de but fixe, et elle fait bien, car elle le manquerait toujours, de peur de laisser échapper un petit succès passager. Un peuple enivré de cette passion doit être facile, souple, inconstant,
ET GES AMIG
léger, superficiel, aimable, et ne devrait point être dangereux. Il semble qu’avec des pompons ou des dragées on va le récompenser, et le punir avec des grimaces et des ridicules. Cela est vrai, mais il ne faut pas qu'il s’en doute. Louis XIV le sentait à merveille quand, à un ofllcier qui lui disait qu'il aimerait mieux la croix de Saint-Louis qu’une pension de mille écus, il répondit : Je le crois bien. M. le duc d’Orléans, qui avait plus d’esprit que Louis XIY, n’a pas si bien joué son rôle. Susceptible lui-méme de vanité, il a eu celle de faire voir qu’il savait se moquer de la nation, et la nation a appris qu’elle pouvait à son tour se moquer de ses maîtres, sauf à attendre seulement qu’ils soient faibles; car la vanité est timide. C’est peut-être là l’origine de tout ce que nous voyons aujourd’hui. Il est aisé d’imaginer ce que peut produire le mépris de l’autorité dans des têtes vaines.
La vanité fait germer toutes les passions, ainsi quo la goutte d-’ambre fait percer toutes les odeurs.
La vanité altère toutes les qualités de l’âme, parce qu’elle prend sur la solidité pour mettre en superficie, semblable au joaillier qui diminue le poids des diamants pour les brillanter.
Ainsi la vanité rend plus téméraire que courageux, plus agréable qu’utile, plus empressé qu’obligeant, plus ardent qu’habile, plus vif que persévérant, plus galant que tendre, plus démonstratif que sincère, plus élégant que naturel, et enfin plus aimable que sociable. Le caractère distinctif de cette passion est l’inquiétude, et c’est peut-être co qui rend les Français si difficiles à gouverner.
On dit :« Je voudrais avoir fait la guerre, je voudrais avoir été en ambassade, je voudrais avoir voyagé, je voudrais avoir rempli telle place à la Cour, dans l’État, dans le monde, enfin je voudrais avoir fait fortune, s On n’a jamais dit: ■ Je voudrais avoir aimé. > C’est qu’on n’a jamais dit : a Je voudrais avoir été heureux. »
L’amour naît de peu de chose, mais il profite de tout.
Le délice d’une âme honnête, c’est de voir son penchant justifié par la raison.
L’amour rend quelquefois l’amour-propre si méconnmssable, qu’il est permis de croire qu’il l’anéantit.
Rien ne coûte à un cœur véritablement touché que de ne pas tout faire pour ce qu’il aime, et que de ne lui pas tout dire.
XIU
Il y a au moins autant de différence entre une fantaisie et une passion qu’entre un madrigal et un poème épique.
Une âme tendre est au comble du malheur quand elle est fâchée d’aimer et qu’elle craint d’être aimée.
Un malheur de sentiment est un ennemi intérieur avec lequel il faut vivre et mourir.
La perte des 'personnes à qui le sentiment et l’habitude nous liaient nous fait perdre le fil de notre existence, l’emploi de notre vie et le désir de sa durée.
Il ne suffit pas d’avoir un cœur excellent, il faut encore
avoir l’âme très-délicate pour ne jamais blesser les malheureux.
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Les hommes regardent au-dessous d’eux pour être vains, Us n’y regardent pas pour être heureux.
La fortune fuit le mérite, et elle fait bien, car elle en serait éclipsée.
n y a deux manières d’arriver à la fortune, de la rechercher ou de la craindre. Heureux les temps et les pays où cette seconde manière est pratiquée et appréciée 1
Les amours-propres timides sont des poltrons qu’il ne faut pas révolter.
L’éducation est comme le commerce : elle profite en proportion des fonds qu’on y apporte.
Avec un cœur chaud et une tête froide, on est bon pour les autres et pour soi.
Ce n’est pas la peine d’étre curieux de l’avenir, U ressemble trop au passé.
De tous les avantages du mariage, le premier de tons pour entretenir l’amour conjugal, c’est la communauté d’amourpropre.
LA COMTESSE DE ROCnEFORT
n n’y a qu’une seule chose qui puisse consoler d’étre femme, c’est d’ôlre celle de ce qu’on aime. Je crois même qu’une femme qui aime son mari est plus heureuse qu’un mari qui aime sa femme. 11 est bien plus doux d'obéir que de commander à ce qu’on aime. On trouve un moyen toujours sûr de lui plaire en suivant sa volonté ; elle est aussi la règle de nos devoirs et la source de nos plaisirs. Elle ûxe nos idées, elle détermine nos goûts, elle donne une marche assurée à toutes nos actions. Telle qu’on nous peint la grâce efficace, elle nous transporte, elle nous transforme, elle nous entraîne, et cependant n’üte point le mérite de la liberté.
Il y a des gens qui ont bien de l’obligation à leur langue, car ils ne pensent que des paroles.
La physionomie est le cachet de l’âme.
Ce qui constitue essentiellement le bonheur et le malheur, c’est le rapport ou l’opposition du caractère avec la destinée. Ne suit-il pas de là qu’on pourrait souvent avoir pitié des gens qu’on envie?
La timidité est souvent tout autre que la modestie, et, quand elle lui ressemble, elle en est la caricature.
La philosophie paraît plus raisonnable que la religion, mais elle est plus sèche ; aussi y a-t-il plus de dévots que de philosophes.
ET SES AMIS 3Gl
On a dit ; « Les peuples seront heureux quand les rois seront philosophes ou que les philosophes seront rois. » Marc-Aurèle a prouvé la vérité de ces assertions, et Julien y a essayé. 11 faudrait être citoyen de Berlin pour décider si le grand Frédéric y réussit. Quant à la deuxième proposition, je ne sache pas qu’elle soit encore appuyée d’aucune preuve de fait, mais je voudrais demander ce qui arriverait si les peuples étaient philosophes ou se piquaient de l’être.
On doit entendre, je crois, par philosophes, des hommes qui étudient, qui rélléchissent, qui méditent, qui emploient leur esprit, leur talent, leur génie à la découverte ou à l’approfondissement des vérités, à la culture de la raison, à l’enseignement des vertus. De tels hommes seraient sans doute un peuple excellent, ils n’auraient besoin ni de rois ni de lois ; mais, s’il y avait des philosophes d’une autre trempe, comment se gouverneraient-ils ou comment les gouvernerait-on?
La parure est nécessaire aux femmes, parce qu’elle plaît et les aide à plaire aux hommes. Par la môme raison, lorsque les hommes font leur principale occupation de plaire aux femmes, ils s’occupent aussi du soin de leur parui'e. Gela ne tient-il pas de trop près à la frivolité?
Il y a parmi les gens du monde quelque chose qu’ils appellent le bon ton. Ceux qui doutent de son existence ne méritent pas qu’on la le ur prouve.
Les gens d’esprit se moquent du bon ton quand ils ne l’ont pas, comme les gens de qualité se moquent des gens titrés quand ils ne le sont point. Nous n’aimons ni à avouer que quelque chose nous manque, ni à priser ce qui nous manque.
n y a denx politesses : la politesse du cœur et celle des manières. La première sans la deuxième devrait suffire et ne suffit pas parmi nous ; la deuxième sans la première suüU souvent et ne devrait jamais suffire.
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Tout le monde se pique d’avoir du goût ; c’est que c’est une manière tacite d’établir qu’on a de l’esprit et du sentiment, car le goût tient à l’un et à l’autre.
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Le goût juge de tout, et c’est encore une raison pour qu’on se pique d’en avoir, car nous aimons bien i juger.
Le goût juge sans rendre raison de ses jugements ; c’est une raison de plus pour qu’il soit à la mode.
n est très-agréable de vivre avec des gens de goût et trèsdésagréable de rencontrer ceux qui se piquent d’en avoir.