Correspondance de Fiévée, introduction, p
2. Benjamin Constant, Mélanges, p. 77, et Mémoires sur les Cent- Jours.
suivait en etïct avec passion les événements; mais ils avaient été traversés par des douleurs nouvelles Elle ne les comptait plus. Sa cousine, madame de Montesquiou, la veuve de François de Pange, celle qu'elle appelait sa pauvre grande, était morte en 1799, près d'elle, à Paris. Toutes les deux avaient pu, quelques mois auparavant, sauver madame Suard. Frappé comme Fontanes, et prévenu que la Suisse, où il était caché, n'était pas un asile, Suard cherchait un autre refuge en Allemagne. Sa femme rentra en France pour y recueillir quelque argent. Ses appartements avaient été mis sous les scellés. Ses anciens serviteurs tremblaient de la reconnaître. Elle ne savait où aller. Les deux cousines coururent au-devant d'elle, la logèrent, firent toutes les démarches, et madame Suard put entrer dans sa maison et emporter ce qu'elle était venue chercher. Sans doute madame de Montesquiou et madame de Beaumont eussent continué de vivre ensemble, lorsque la mort les sépara *. Les consolations philosophiques ne pouvaient plus suffire. La seule survivante du passé était partie. 11 ne restait plus d'autre ami à Pauline que Joubert, rien que lui.