‹ La Comtesse Pauline de BeaumontChapitre 54 sur 97 · Lettre de madame de Beaumont, du 20 avril 17U · texte numérisé non relu

Lettre de madame de Beaumont, du 20 avril 17U

avec un dévouement paternel, son peu de fortune. « Si vous avez besoin d'argent, pardonnez tant de brusquerie, mon frère en a à votre service. Pour mon compte, je n'en ai pas besoin. »

Ce fut dans cette anm.elSOO qu'elle conquit son indépendance. Joubert ne put dissimuler son contentement. Il était allé embrasser sa vieille mère à Montignac, et la nouvelle du gain du procès intenté par madame de Beaumont vint l'y surprendre en même temps que les événements extraordinaires qui s'accomplissaient.

Il les voyait avec plaisir, et son opinion représente bien l'état d'esprit de la classe moyenne. Cette opinion avait même affermi ou déterminé celle de son amie sur beaucoup de points. Seule héritière d'un nom vénéré parmi les royalistes, depuis que la guillotine avait pris soin d'effacer les nuances très aristocrate de toute sa personne, madame de Beaumont redoutait les gouvernements populaires. Comme Bonaparte donnait de l'espoir à tous les partis, et qu'il laissait même, au début, croire qu'il rétablirait les Bourbons, elle n'acceptait pas les réticences que la clairvoyante madame de Staël mettait à son enthousiasme. La fille de Necker était

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