AUX CITOYENS COMPOSANT LE COMITÉ DE LÉGISLATION
Christophe Beaumont, ancien maréchal de camp, et Marie Claude Baynac, son épouse, vous exposent qu'ils ont toujours donné des preuves de leur soumission aux lois par leur exactitude à s'y conformer; mais qu'ils voient avec chagrin que l'exécution de celle du 9 floréal leur sera impossible dans un délai aussi court que celui qui est fixé aux pères et mères d'émigrés pour remplir les obligations qu'elle leur impose, et qu'elle sera même plus difficile pour eux que pour beaucoup d'autres à cause de leur position.
Ils vous observent, citoyens, que, logés dans une maison appartenant à leur fils, parce que Beaumont élail tombé malade lorsque son fils partit pour Paris, lieu de son domicile, au mois de novembre 1790, cette maladie ne lui a pas permis de se retirer chez lui, ayant été si grave et si longue, qu'il en est encore à peine convalescent;
Que les meubles de leur fils ayant été vendus, ceux de l'appartement qu'ils occupent leur appartiennent, les ayant fait venir de Paris ; qu'ils sont par conséquent obligés d'en faire leur déclaration au district d'Excideuii dans l'étendue duquel ils habitent ;
Que l'isolement où ils sont pour les faire estimer à leur valeur vénale actuelle leur fait craindre de s'exposer à des reproches non mérités; vivant dans une solitude si profonde, qu'ils ne connaissent que celles des comestibles qu'ils ont bien de la peine à se procurer par l'insuffisance de leurs moyens;
Qu'ils sont de plus forcés, pour faire cette déclaration, d'attendre les titres qui établissent les preuves de leurs dettes passives, pour lesquelles ils ont écrit dans différentes provinces, ainsi qu'ils ne peuvent se flatter que les notaires auxquels ils se sont adressés mettent la même activité à les leur faire parvenir;
Que ce devoir rempli à Excideuil, il faudra qu'ils se rendent à Sarlat, lieu de la situation de leurs biens distant de Jean sur Colle de 12 lieues qui en valent plus de 24 de Paris.
Ils espèrent donc que votre comité voudra bien prendre en considération les raisons qui lui rendent trop court le délai prescrit par la loi.
BEAUMONT BAYNAC-BEAUMONT.
Jcan-sur-Culle (Durdngne), le 19 ]irairial l'an 3 de la République.
ARCHIVES NATIONALES (cote F 7, 5095), SECTION ADMINISTRATIVE.
ARRÊTÉ DU DIRECTOIRE tl PRAIRIAL AN 4 ORDONNANT LA RADIATION DÉFINITIVE SUR LA LISTE DES ÉMI- GRÉS DU NOM DE CHRISTOPHE 15 EAU M ON T.
AUTRE ARRÊTÉ DU COMITÉ DE LÉGISLATION ORDONNANT LA RADIATION, 27 FRIMAIRE AN 3.
i" nivôse an 3.
cote F 73 4578.
Vu les certificats de la commune de S1 Jean sur Colle en faveur de Marie Claude Baynac, femme Beaumonl, âgée de 67 ans, et Marie Elisabeth Beaumonl, sa fille, détenues au ci-devant château d'Hauteforl, district d'Excideuil, département de la Dordosme.
Le comité arrête que les dites citoyennes seront sur le champ mises en liberté et les scellés levés au vu du présent arrêt.