ACTE TROISIEME
LE COMTE
Et pourtant, il va falloir qu'il la quitte.
SARA H, avec trouble.
Comment?
BLANCHE
Vous partez?
LE COMTE
Contre mon gré... Mais je lui avais promis de le laisser libre le jour où il serait commandant. Vous devez vous le rappeler, Sarah.
s A H AH, faisant effort sur elle-même.
C'est vrai... je l'avais oublié...
LE COMTE
Mais il sait qu'il peut compter sur mon affection et (lue, de loin comme de prés, je veillerai sur son avenir.
Mon général... croyez...
Il &"arrète, la voix étranijlée par l'émotion. LE COMTE.
Eh bien! Le voilà qui s'attendrit... Voyons, Sé« verac!
SKVERAC, avec une sombre énergie.
Ah! puissé-je un jour donner ma vie pour vous!
LE COMTE
Ce ne serait pas la première fois que vous essaic- 1 ioz de le faire,
FR0S3ARD
Et en vous quittant, général, où Séverac va-t-il?
LE COMTE
Rejoindre mon vieux camarade, le général .Moutaigut.
Mais ne vous ai-je pas entendu dire que le général Montaigut va partir pour l'Algérie?
LE COMTE
Dans quinze jours, pour commander l'expédition dans le sud Oranais.
■ MERLOT
Oh! oh! ce sera très dur! Un rude lapin, Montaigut ! Il y aura des têtes cassées.
Et quand M. Séverac rejoint-il?
LE COMTE
Mais, demain... A moins qu'il ne demande un sursise.
BLANCHE
Demain I
SARAH, à Séverac.
Alors, c'est une visite d'adieu que vous nous faites.
SÉVERAC, très doucement.
Hélasl oui, madame!
SARAH, entraînée par l'émotion.
Est-ce donc possible que sans préparation... si brusquement... on doive quitter ses parents..., ses amis... tous ceux auxquels on est attaché... et qui vous aiment... pour s'engager dans une expédition si dangereuse ?
LE COMTE
C'est l'existence du soldat, ma chère. Mais ne prenons pas les choses au tragique. Tous ceux qui vont sur les champs de bataille n'y restent pas.. N'est-ce pas, Merlot? On ne nous a pas tués, nous?
MERLOT
On n'a pul