‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 65 sur 105 · SCENE IX BLANCHE, MAD BALEINE · texte numérisé non relu

SCENE IX BLANCHE, MAD BALEINE

Eh bien ! il n'a point parlé ot il p;iit. Tu vois qu'il ne maimo pas.

MADELEINE

Peut-être que si AI. Séverac n'a pas parlé et s'en va, c'est au contraire qu'il t'aime. Tu es terriblement riche, ma chérie, et, s'il y a des gens ambitieux que cola attire, il y en a de délicats que cela éloigne.

BLANCHE

Mais que faire cependant?

MADELEINE

Ta ne pouvais vraiment pas toi-même (lui offrir ta main. Mais ]jourquoi ne pas te conlier luirdiment au général? Ah! si j'étais à ta place et si, au lieu d'un père, qui rugit de jalousie à l'idée de me marier, j'avais un excellent homme d'oncle, qui illuminerait de joie en apprenant que je ne veux plus rester fille, comme j'irais tout lui dire!

BLANCHE

Oui, tu as raison. Voilà ce que j'aurais dû faire. J'ai manqué de résolution, manqué de coiifiance.

MADELEINE

Mais il est encore temps.

BLANCHE

Hélas! il s'en va demain!

MAUKLEINE.

Eh bien! parle ce soir. Va trouver le général, qui, bien certainement, est dans son cabinet à fumer, avec papa, comme tous les soirs, avant de se coucher. Allons, voyons, prends ton courage à deux mains et fais des aveux, puisqu'on ne veut pas t'en faire?... (Deux

domestiques entrent, prennent les lampes sur un signe de Madeleine, et s'éloignent. La scène se trouve alors seulement éclairée par la lune.) C'est poui'tant bien facile. Tant que je serai là, nous bavarderons et tu laisseras passer l'occasion. Je monte... Allons, va retrouver le général, et vive l'armée!

Page 1