ACTE QUATRIÈME
HECTOR
Il y avait assez longtemps qu'ils s'aimaient!
M 1-; Il LUT, grognant.
Singulière façon de s'aimer !
FROSSAHD, à Merlol, has.
Taisez-vous !
ZOÉ
Si on se fiait aux apparences !... A peine le mariage était-il décidé que le fiancé partait pour Lyon.
FKOSSARD.
Où l'appelait son service.
HECTOR
Et que la fiancée retournait au couvent, d'où elle n'est sortie que ce matin.
MADELEINE
L^our cela, avec les idées religieuses qu'a toujours eues Blanche, c'est fort compréhensible.
Et puis une retraite de quinze jours, avant ce grand Lxte... par le temps d'incrédulité qui court...
lIECTORc
Cela a bon air.
Oui, pour les aveugles !
FROSS.VUD, à Merlot, de plus en plus durcmoat.
Taisez-vous! (Haut.) Du reste, n'ont-ils pas toute leur existence pour rattraper le temps perdu.
HECTOR
El voyez lu chance ! Avant son mariage, Séverac
no L\ COMTESSE SARAH
avait demandé à servir en Afrique, où l'on se battait... Même marié, son honneur lui défendait de se dédire... A peine va-t-il s'éloigner, que l'insurrection cesse, que le paj^s se pacifie...
13e sorte que, si dans quelque temps, Blanche va rejoindre son mari, comme cela a été convenu, ils fieront un séjour délicieux, dans quelque palais algérien, sous le ciel bleu, au milieu des roses.
MADELEINE
Mais pourquoi ne part-elle pas avec lui, tout de suite ?
FROSSARD
Séverac s'y est opposé.
Arracher brusquement sa jeune femme à la vie tranquille et calme qu'elle a toujours menée, pour la conduire au milieu d'un camp, ce serait de la sauvagerie.
MERLOT
Pourquoi donc ça? De mon temps, on n'était pas si délicat. Et madame Merlot...
KROSSARD, l'interrompant.
Mais taisez -vous donc ?
MERLOT, stupéfait.
Vous dites ?
FROSSARD, la prenante part.
Je dis qu'il n'est pas un seul mot prononcé par vous, depuis cinq miiiutes, qui n'ait été inutile ou dangereux... et je vous demaride de cesser de souffler sur les incendies que j'essaie d'éteindre...