‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 87 sur 105 · ACTE QUATRIEME \ii · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME \ii

innl, je te le jure... Pour guérir ta iloulinir, je consentirais à auji^mcnter la mienne... Mais il ne faut pas exiger plus que je ne puis supporter... .Je te prie... je te supplie... fais ce que je te demande... fais-le I...

BLANCHE, impassible.

C'est impossible.

SARA H, avec violence.

Alors, sois donc responsable des résolutions que je vais prendre.

BLANCHE, avec inquiétude.

Qu'allez- vous faire?

SARAH

Sortir de chez moi, pour n'y rentrer jamais. Je coupe court aux hypocrisies et aux mensonges. Je brise tous les liens qui me retiennent. Pierre a voulu me sauver, n'est-ce pas? Eh bien, je me perds moi-même, d'une façon irréparable. Nous verrons si, lorsque je n'aurai plus que lui pour m'aimer et me défendre, il se résoudra à m'abandonner.

Elle marche vers la porte. Blanche se jette devant elle, BLANGHK.

Alors, vous voulez que ce soldat, qu'on envoie à l'ennemi, déserte son poste pour vous suivre? Vous vo'.ilez qu'ayant déjà trahi sou bienfaiteur, il lui jette à la face toute la boue d'un scandale? Voilà ce que votre amour réclame? Vous me le dites à moi... Mais osez donc le lui dire à lui? Je vous en défie ?

SARAH, tombant accablée près de la table. — Avec désespoir.

Ah! tu n'aimes pas comme moi. Tu ne peux pas me comprendre ? Le savoir à une autre... Penser qu'il m'oubliera pour elle... Non ! non ! (Jue tout s'écroule et tombe. Que le malheur des autres égale le mien... Mais que cela ne soit pas!

Elle éclate en sanglots.

in LA COMTESSE SARAII

BLANCHI'

Vous dites que je n'aime pas comme vous. C'est vrai. Votre amour n'est qu'exigence et que colère... Le mien ne sera que dévouement et sacrifice... Vous réclamez une victime : prenez -moi donc, mais épargnez les autres. Pour rassurer votre jalousie, faut-il entre Pierre et moi une séparation éternelle? Je l'accepte. Il part ce soir, et je n'irai jamais le rejoindre... .Je serai veuve avant d'être épouse. Mais je ne me plaindrai pas si, à ce prix, je puis vous fléchir et le sauver.

SARAH, la regardant profondément.

Tu consentirais à ne plus le revoir?

Sur la mémoire de ma mère, je vous le jure.

SAUAH, après un silence, à elle-même.

Elle est meilleure que moi, voilà pourquoi elle est aimée! (Avec attendrissement.) Moi, je n'ai jamais su que le faire soutïrir... Oui, je inc rappelle ses supplications, ses angoisses... Il eût donné sa vie pour raclieter notre faute, et moi je menaçais, j'exigeais... Que de larmes il a dû me cacher!

BLANCHE, suppliante.

Madame...

SARAH, pleurant.

Oh! je n'y mets plus ni orgueil ni colèi'e... Tu vois, je pleure devant toi... je te regarde sans haine...

BLANCHE, avec espoir.

Alors...

SARAH

Qu'il soit lieureux puisqu'il peut l'être eiicirio!...

BLANCHE, avec joie.

Ah!

Elle veut prendre Sarah dans ses lir.'s.

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