L. Jourdan, reçu par la peste
Robert Marette.
Jean Delafosse.
François Thibault.
Guillaume Thiphaigne.
Gilles Roussel, reçu par le Bureau.
François Beaurain, reçu par la peste.
Guillaume Mauger.
Etienne Godin, reçu par le Bureau.
François Thibault minor.
Jean Daracq.
Nicolas de Nollent.
Louis Chapeaux, reçu par la peste.
1685. — Février. — Règlement décomptés entre Le Prévost et du Vaupay. — En mars, ceux d’Adrian Lambert. — Procès avec les barbiers.
Examens d’Edouard Le Picard, du 30 avril au 31 mai (Noël et Lhonoré, médecins, présidents), durant lesquels on agite la question d’employer l’argent des droits de cet examen à payer les rejets et arrérages de rentes dues et à rembourser
les dettes de la communauté qui sont au denier dix-huit en empruntant au denier vingt, à moins que les créanciers, la veuve de Manteville et héritiers, n’acceptent le denier vingt.
Entre temps il y a des injures et des voies de fait échangées entre Le Prévost et Le Brasseur. Pour le respect perdu envers la communauté, on les condamne : Le Prévost à 10 sols d’amende et Le Brasseur à 3 sols, applicables à la confrérie de Saint- Cosme. Ils seront exclus jusqu’à satisfaction et feront excuses à la compagnie. Le Prévost s’exécute de suite, pour le bien de la paix, devant Noël et Lhonoré, doyens des médecins. On maintient cette amende et Le Brasseur est déchargé de la sienne, mais il est admonesté de se comporter à l’avenir envers ses confrères avec plus de discrétion. Cependant il refuse de s’incliner devant la délibération si Le Prévost ne lui rembourse pas 23 sous qu’il aurait déboursés.
— Juillet. — Béunions pour l'examen des statuts des barbiers.
1686. — Jacques Cahagne élu garde.
— Immatriculation de la requête de Jean Lambert, frère de Adrian Lambert le jeune, et lils de Jacques Lambert, chirurgien juré à Bouen, compagnon à Paris, Lyon, Bordeaux, La Bochelle, etc., aspirant à la maîtrise à Bouen.
— Février. — Nomination d’une commission pour l’examen des comptes de Jean Félon : recettes, 64 1. 7 s. ; dépenses, 79 1. 10 s. 4 d. ; arrérages de rentes, 328 1. 16 s., à rejeter sur 37 maîtres.
— Examens de Jean Lambert, du 17 juin au 10 juillet. A l’une des séances, Adrian Lambert annonce qu’il a reçu de M° Louis Hélye 82 livres pour remplacer le festin qu’il devait à la Compagnie après sa réception. Il est décidé alors que cette somme serait partagée entre tous ceux des maîtres qui précèdent Louis Hélye, sauf François Guillot qui n'a pas fait le dit festin honoraire.
— 22 juillet. — Immatriculation de la requête de Jean de la Grange, aspiraut à Bouen, et (ils de défunt Jean de la Grange.
— Septembre. — Un barbier a pris chez lui un serviteur sor-
tant de chez un chirurgien, contrairement aux statuts; ou le poursuivra pour qu’il le mette hors de sa boutique.
17 octobre. — En réponse à une proposition de Félix, chirurgien du Roy, transmise par son secrétaire perpétuel Dutertre, il est décidé qu’on fera une rente de 100 livres à Me Félix ou un don de 2,000 livres une fois payées. Mais de Grouchy, lieutenant, proteste que Dutertre lui est inconnu et que cela porte préjudice à ses droits ; il proteste eu son nom et en celui des anciens de la communauté.
4 décembre. — Poursuites en appel contre un nommé Boquet, pour fraude.
— Requête de Gabriel Duhault, de Rondeur, demeurant à Beuzeville, demandant à passer les examens pour s’établir dans les faubourgs de Rouen et y faire barbe, cheveux, saigner et panser en premier appareil. 11 est admis comme préposé à Bouvreuil, après examen, en présence des doyens des médecins Houppeville et Lhonoré.
1687. — 4 janvier. — Yeayres, élu garde, prête serment. — Le 13, nomination de députés pour l’examen des comptes de J. Caliagne, six anciens et six jeunes. — Recettes, 419 livres; dépenses, 522 livres.
— 27 janvier. — Approchement contre Jefïray, préposé à Cauchoise, dans la maison duquel on a trouvé un malade de vérole, maintenu par Me Sonnes. Ils seront poursuivis tous les deux.
— 28 janvier. — Assemblée pour rendre grâces à Dieu de la convalescence du Roy. — Une commission est nommée pour aviser à faire dire les prières convenables. — Répartition de ces frais et des rejets d’arrérages de rentes sur 34 maîtres, 15 1. 7 s. 10 d. chaque.
— Etienne Grout, tils de Nicolas, maître h Rouen, préposé au faubourg Martainvillc.
— Les maîtres reprochent à Sonnes de favoriser les préposés
d'avoir chez eux des diètes et fourneaux au préjudice de leurs droits.
Exploit par Beaudoin contre Desportes qui a levé un appareil posé par lui; celui (pii a posé le premier appareil étant
seul à décider de la nature de la plaie et de ses suites. Dans l’ancien registre des délibérations, un cas de ce genre a donné lieu à l’amende et à l’exclusion temporaire de la Chambre. Il est décidé qu’on agira de même à l’avenir avec une amende de 10 sols et six mois d’exclusion.
— Immatriculation de la requête de Jean de la Grange, fils de Jean de la Grange, maître à Rouen, aspirant pour la maîtrise à Rouen. — Examen, du 4 au 28 août, sous la présidence des docteurs de Houppeville et Le Baron. A une des séances eut lieu une altercation entre de Renault et de Grouchy à propos de la listule simple.
— Immatriculation de la requête de Jean Loyseau dont les trais serviront à l’acquit d’une partie des rentes. 11 donne 600 livres, tout compris, honorarium, festin, etc. — Examens du 1er au 23 décembre.
1688. — Le Houé père, élu garde, prête serment. On nomme des députés pour les règlements de comptes divers et de ceux de Jean Veayres : recettes, 803 livres; dépenses, 892 livres.
— Mai. — Jean Noël préposé à Cauchoise.
(La rédaction des délibérations de celte année 1688, due à la plume paraissant sénile de Le Houé, est en grande partie illisible.)
— Septembre. — Réception d’un préposé à Martainville. Lhonoré et Baron, médecins, présents.
— 6 octobre. — Plusieurs particuliers demandent à être reçus chirurgiens pour la peste; entre autres Jourdan demande à succéder à François Guillot.
1689. — Théodore Bréhu élu garde — (l’écriture change), et on décide que la délibération précédente sera transcrite de nouveau, vu qu’elle est illisible. — Il a été arrêté, afin de mettre tin à tous les procès qui ruinent la communauté, que nul maître ni veuve ne pourra louer sou privilège directement ni indirectement à peine de 30 livres d’amende attribuables, moitié à la confrérie de Saints Corne et Damien, moitié au Bureau des Pauvres valides. Que pour empêcher toutes fraudes qui se font par les susdits maîtres et veuves, ne pourront loger dans la maison où sera leur boutique la femme et famille de leurs ser-
viteurs mariés, sous les mêmes peines applicables. Certain arrêt obtenu par la communauté des maîtres chirurgiens de la ville d’Orléans touchant la même allaire sera exécuté et rendu commun pour la communauté de Rouen, et, pour rendre la dite délibération valable et exécutoire, il a été donné pouvoir au sieur de Grouchy, lieutenant, d’obtenir un arrêt de nos seigneurs du Grand Conseil du Roy, parce qu’il sera remboursé des frais et faux-frais qu’il conviendra faire pour parvenir à l’obtention du dit arrêt, et il augmentera ou diminuera la requête qu’il présentera au Conseil comme il jugera à propos pour le bien de la Compagnie.
— 31 janvier. — Nomination des 12 députés (6 anciens, G nouveaux) pour examiner les comptes de Le Roué. — Rejets à répartir sur 34 maîtres.
— Louis Barberie, natif de La Ferté-sous-Jouarre, préposé au faubourg Saint-Sever. — Lhonoré, médecin, présent.
1690. — Jean de Bordenave, nommé garde, ce qui lui sera déclaré par Me Théodore Bréhu, premier garde en son absence.
— Examen des 'comptes de Théodore Bréhu : recettes, 382 1. 17 s. 6 d. ; mises, G30 1. 30 s. 10 d., à partager avec les arrérages de rentes entre 33 maîtres : 7 1. 17 s.
— Février. — Le lieutenant général exige que tous les maîtres assistent aux assemblées sous peine de 60 sols d’amende. On poursuivra 12 des maîtres qui n’ont pas payé leur quote-part des rejets.
— 26 février. — Le lieutenant et les gardes sont convoqués à l’Hôtel-de- Vil le par les conseillers échevins pour examiner le serviteur qu’ils présentent pour remplir la place de défunt Louis Le Prévost. Il est arresté qu’on ira et qu’on l’examinera et qu’on remontrera aux échevins qu’il ne pourra être admis à la maîtrise qu’après qu’il aura servi.
— Procès en appel avec Louis Le lloué jeune.
1691. — Adrian Lambert jeune élu garde. — Nomination des députés pour l’examen des comptes de Bordenave. 33 maîtres paieront chacun 5 1. 18 s. 9 d.
— Juillet. — - Le lieutenant général demande la liste des maîtres pour la création des syndics des barbiers. Le lieu te-
liant et les gardes passeront une soumission à ce sujet au lieutenant général, au meilleur compte possible, parce que le traitant baillera les listes du syndicat entre les mains de la communauté pour, par elle, en jouir et disposer aux ternies de la déclaration du Roy.
— 6 août. — La taxe sur la communauté pour les charges de syndics se monte à la somme de onze cents livres. On la prendra en rente au nom de la Compagnie, à quoi les syndics seront autorisés.
- 22 août. — Procès perdu contre les administrateurs de l’Hôtel-Dieu au privé Conseil.
— Immatriculation de la requête de Robert Marette, natif de Yvetot, aspirant à Rouen.
— Examens de R. Marette, du 5 au 26 septembre. Il est reçu après l’essai des lancettes et prétend prendre rang avant Jourdan qui n’a pas été reçu par le chef-d’œuvre et a, de plus, été inscrit après lui. Ou lui en donne acte.
— 22 octobre. — Jacques Drouet reçu préposé au faubourg Saint-Sever. A la même assemblée, sur la proposition faite de régler en quel temps un maître de la communauté pourra conduire un aspirant, il a été arrêté qu’à l’avenir nul maître ne pourra s’ingérer à conduire un aspirant qu’il n’ait six ans de maîtrise.
1692. — Louis Desportes élu garde. Des députés sont nommés pour l’examen des comptes de l’année écoulée: recettes, 1,510 1. 2 s. 11 d. ; dépenses, 1,570 1. 5 s. 1 d. On doit à de Grouchy, pour les démarches dont il avait été chargé, 397 1. 10 s.
— 26 mars. — - Création des chirurgiens royaux et recouvrement par M® Le Marchais et le sieur Chapelet, commis aux finances, du prix des charges. De Grouchy, Laisué et de Manteville sont chargés, avec trois gardes, de traiter avec lui au mieux des intérêts de la communauté. Il faut trouver de l’argent ; à ce sujet, on fera signer les feuilles aux absents.
— 3 avril. — On décide d’acheter les charges de chirurgiens royaux au profit de la communauté, moyennant quelle soit
maintenue dans les anciens usages et que les députés en tireront le meilleur marché.
— Procès contre les deux Le Houé avec lesquels on cherche en vain à s’arranger à propos de paiements qu’ils n’ont pas faits.
— 28 juillet. — 11 faut un emprunt; les membres présents ne sont pas en nombre; on va trouver le lieutenant général pour inlliger une amende de 30 sous aux absents. Il s’agit de prendre de l’argent en renie pour payer les dépends et frais du procès avec les administrateurs de l’Hôtel-Dieu. On en charge les gardes. — Rejets à faire sur 34 maîtres.
— 9 octobre. — Communication des arrêts du Conseil sur les charges de chirurgiens royaux. Il est décidé que la communauté prenne les charges à la meilleure composition et qu’on demandera au Conseil de rétablir la communauté dans ses anciens usages pour les chefs-d’œuvre et autres affaires de conséquence, et on confirme la nomination des députés élus en ma rs.
1693. — On attendra pour la nomination d’un garde que la question des jurés royaux soit résolue. L’arrêt du privé Conseil arrive le 17 mars. 11 est décidé d’emprunter de l’argent pour faire le premier paiement des charges et qu’on s’assemblera au premier jour pour convenir de la manière et conditions auxquelles ceux qui seront nommés pour l’exercice d’icelles l’exerceront, à laquelle assemblée l’on fera trouver un notaire pour faire la reconnaissance d’icelle délibération pour servir à telle fin que de raison. Une commission est nommée pour examiner les projets présentés. — Le 3 avril toute la communauté signe les onze articles arrêtés par la commission à propos des charges de jurés royaux achetées par elle (1).
A la même assemblée sont nommés comme jurés royaux Nicolas de Grouchy, premier juré, et Pierre de Manteville, second juré et greffier.
(1). Voir ces onze articles, page 89. (La déclaration du Roy instituant ces jurés royaux est de février 1692.)
— C) avril. — Immatriculation de la requête de Jean Lafosse, étudiant en chirurgie, aspirant à la maîtrise à Rouen. Examens du 13 avril au 6 mai, jour de l’essai des lancettes. Ce jour-là, il est décidé que tous les candidats à la maîtrise, même les üls de maîtres, paieront entièrement les émoluments attribués aux chirurgiens royaux.
— 7 mai. — Immatriculation de la requête de François Thibaut, lils de défunt Louis Thibaut, maître à Rouen ; examens du 18 mai au 1) juin, en présence de M. Noël, commis par le collège des médecins pour exercer la charge de médecin du Roy.
— 8 mai. — Immatriculation de la requête de Guillaume Thiphaigne de la Roche, natif de Caen, paroisse de Nolre- Dame-de-la-Froide-Rue; examens du 15 juin au 8 juillet.
— Procès contre Beaurains et poursuites jusqu’au définitif.
— Réception de François Lignel, barbier-baigneur-étuviste.
— Incident aux examens de Thiphaigne où s’est présenté Jourdan (reçu par la peste) comme assistant; on le laisse entrer, mais « sous les protestations de nous pourvoir par devant et où il appartiendra, parce que cela ne nous pourra préjudicier en rien, comme aussi se sont présentés Meï Jean de la Fosse et François Thibaut, chirurgiens-jurés en la dite communauté, lesquels aussi ont protesté sur ce que le dit Jourdan prétendait avoir séance avant eux, nullité de la séance, comme n’étant point reçu par chef-d’œuvre, et qu’ainsi ils doivent être préférés».
— 13 juillet. — Règlement des comptes de Desportes : recettes, 1,337 livres; mises, 1,454 livres.
— 21 juillet. — Délibération sur la conduite à tenir pour la prestation de serment des barbiers. Il est décidé que toute la compagnie sera convoquée lorsqu’on appellera les barbiers pour leur faire prêter serment, prendre les noms et surnoms et pays de leurs garçons et de leurs apprentifs et pour avoir communication des lettres de ceux qui ont été reçus. Qu’ils n’entreront point en la Chambre, mais qu’ils seront appelés les uns après les autres et que l’on aura un registre particulier tant pour eux que pour les sages-femmes. (Le tout conformément à l’édit de février 1691.) — S’ils ne se rendent pas à la convocation, on
présentera requête au Lieutenant général pour les faire contraindre et condamner à l’amende.
— 9 septembre. — Messieurs de la Table de marbre ont fait casser l’ordonnance du vicomte de l’eau qui a adjugé à 4 maîtres 6 livres chacun pour avoir visité un cadavre noyé; requête présentée à la Cour à ce sujet.
— Novembre. — On poursuit Guilyot, chirurgien à Boscherville, qui n’a pas payé les droits des jurés royaux.
1694. — Jean Yeayres, élu premier juré royal, Nicolas de Grouchy devient second juré et greffier.
Pour les visites que les jurés royaux sont tenus de faire des noyés, on leur alloue 20 sous pour les frais de cheval, parce que le plus souvent on n’y peut aller qu’à cheval.
— Commission de députés nommés pour examen des comptes des jurés royaux, comme ou le faisait pour les gardes auparavant. — Comptes de Manteville.
— 2b' janvier. — Convocation des veuves, chirurgiens de Dernetal et des faubourgs pour reconnaître les jurés royaux et payer les quatres visites ordonnées du Roy.
La communauté est eu procès avec les barbiers, Beaurains et les médecins.
— 18 février. — Délibérations entre autres sur ce que à raison des dissections que Sa Majesté entend être faites et vu que la chambre commune est trop petite, on offre de bailler à la communauté deux chambres qui sont sur la porte Bouvreuil pour 36 livres. 11 a été arrêté qu’on tâchera de les avoir au meilleur compte. — On fait fermer la boutique de la veuve Roussel, tenue par Foubert, non approuvé. — Les administrateurs de l’Hôpital-Général assignent à assister devant le lieutenant général au serment de Gilles Roussel. On ira pour demander qu’il vienne d’abord se faire recevoir à la chambre commune avant de se présenter devant les autorités.
— 22 mai. — 11 est arrêté que celui qui sera nommé par justice pour faire les contrevisites au lieu des jurés sur récusaion ou légitime empêchement sera tenu de rapporter à la communauté pareils émoluments que si c’avait été un des jurés troyaux qui l'eût faite.
— 2 S septembre. — Mathieu Lion, auditeur des comptes des finances, réclame à la communauté 1,210 livres pour sa part des 27,000 livres de cotisation. On représentera que l’arrêt du Conseil du 2 septembre 1692 a déchargé les communautés de chirurgiens de France des sommes à quoi elles ont été taxées pour les syndics des arts et métiers, et que, n’étant compris dans les arts et métiers, ils ne doivent être employés dans la contribution pour les charges d’auditeurs des comptes. Cependant, le 23 octobre on décide d’emprunter la somme à Louis Desportes. — Les barbiers sont poursuivis au bailliage pour les obliger à prêter serment.
1695. — Jean Loyseau nommé juré royal. — L’enregistrement au bailliage des nouveaux règlements des jurés royaux coûte 80 livres. — Reddition des comptes de Jean Veayres et de Grouchy. — Procès contre Lemarchand, opérateur. — On paie l’amende aux médecins. — Roussel prête serment. — Toujours le procès avec les barbiers qui devront déclarer leurs garçons et ne pourront en prendre sortant de chirurgie. Convoqués pour prêter serment, on les attend de 10 heures à midi ; ils ne viennent pas ; on les poursuit.
— 31 août. — Plusieurs maîtres sont accusés de transporter leur droit. On décide une visite générale et des poursuites aux délinquants.
1696. — Janvier. — Rapport des émoluments des rapports faits par chaque maître. — Hélye nommé premier royal. Députés pour l’examen des comptes de J. Veayres.
— Th. Bréhu demande l’assistance de la communauté pour un procès qu’il a contre les perruquiers. Elle lui est refusée.
— 13 mars. — Approchement contre Detune, perruquier, dont le garçon a été trouvé faisant de la chirurgie. — Reconnaissance par les veuves, etc., du nouveau juré royal. Guilyot, de Saint-Georges, n’a pas paru.
— Avril. — Jacques Mauger, préposé à Saint-Sever, demande à aller à Bouvreuil. Non. Il restera à Saint-Sever où il a été nommé.
— Les administrateurs du Bureau des valides (Hospice- Général) jouiront du privilège de la dame Duverger pendant
qu’elle sera enfermée au dit bureau, sans que cela tire à conséquense. (Cette délibération donne lieu à des protestations de Hélye et de Loyseau comme contraire aux arrêts de la communauté.)
— Querelle avec les médecins qui demandent paiement de redevances. On ne les paiera que quand ils auront fait les discours anatomiques sur les sujets conformément à la déclaration du Roy.
La communauté avisée que le nommé Duduit, écolier en chirurgie, se serait présenté devant les chirurgiens d’Elbeuf pour être reçu chirurgien au dit lieu. 11 est arrêté qu’on lui fera signifier opposition à sa prétendue réception et qu’il sera assigné au présidial de Rouen conformément à l’édit. — Il est condamné à passer par Rouen, et sa requête aux lins de chefd’œuvre est immatriculée le 6 novembre. — Mais les examens sont retardés par l’opposition des médecins avec qui la communauté est en procès. On leur signifie requête, et enfin les examens de légère expérience sont passés les lOet 12 novembre par devant M® Desfontaines, médecin royal.
1697. — Saint-Aubin, élu premier juré royal parce que s’il refuse, il sera poursuivi et fera tout ce qu’il convient et les visites quand il sera nommé par justice). Il refuse et Nie. de Groucby est nommé à sa place et reconnu par les veuves assemblées avec les préposés aux faubourgs. Les absents étant condamnés à l’amende.
François Beaurains, nommé par le privilège de la peste, demande à prendre sa place dans la chambre commune; il y est autorisé.
— Immatriculation de la requête de Guillaume Manger, natif d’Angoulème, aspirant à la maîtrise à Rouen.
— Id. , de Jean Daracq. — Les séances d’examens ptant à 10 heures, il se trouve que la moitié à peine est réunie à midi. — Dorénavant, on commencera à 11 heures; les présents voteront pour les absents.
— Immatriculation de Nicolas de Nollent, natif de Cléry.
— Appel contre la sentence obtenue par les médecins à propos
du dernier cadavre. Le Hue el Saint-Aubin députés au premier président.
— Comptes de Jean Loyseau : recettes, 542 livres; dépenses, 1,115 livres; donc 613 livres à répartir sur 29 maîtres.
— 3 juillet. — Enregistrement de nos armes. On se conformera aux autres communautés.
— 5 août. — La sentence du procès avec les médecins est relevée. — Le registre des rapports sera visé dans la huitaine après leur délivrance. — La sentence obtenue contre les médecins leur sera signifiée. Ceux-ci font appel. On se pourvoira au Conseil.
Le Houé conteste les comptes de Loyseau et l’assigne; on ne veut pas entamer de procès sur ce chapitre clos. A la réunion à ce sujet, il ne vient que 4 maîtres, et on fait intervenir le lieutenant général. A la réunion suivante, on décide que ces comptes sont clos.
— Il octobre. — La communauté loue une chambre à Me Aveaux. — Changement de la formule du papier. — De Beaurains olîre une chambre en sa maison sans intérêts pour la dissection et opération; ou le remercie de l’honnêteté de son offre, que l’on accepte, et on y fait porter le cadavre.
Le Houé, qui a pris le nom de l’autorité de la communauté pour un procès, est désavoué et menacé d’exclusion de la chambre pour trois mois.
Les compagnons chirurgiens candidats pour le Bureau (Hospice-Général) présenteront requête et seront examinés à la chambre pour juger de leur capacité.
1698. — Jean de Hénault, élu premier juré royal (syndic).
Immatriculation de la requête de Jean Daracq, natif de Castelnau, aspirant à la maîtrise.
Comptes de L. Hélye (rejets, 25 livres chacun). — Convocation des veuves et préposés.
— Immatriculation de François Thibaut, (ils de François, et qui a servi aux armées.
Examens de G. Mauger sous la présidence de François Lenoble, médecin royal. — Se présente aussi E. Godin, gagnant maîtrise parle Bureau de l’Hôpital-Général,qui ne prendra séance
qu’a près Mauger. Dans sa requête : « demande à entrer dans » votre honorable compagnie; ce qu’il ne pourrait sans vos » grâces, à ces causes il vous plaise, messieurs, accorder au » suppliant sa place en votre communauté en payant son » honoraire et le suppliant continuera ses prières pour vos » prospérités et santés. »
Roussel et Beaurains (reçus par la peste) prétendant donner leurs voix aux examens du chef-d’œuvre de Mauger, il leur est représenté que, jusqu’à ce jour, les restrictions ordinaires sont que les maîtres reçus les derniers n’auront voix délibératives dans les chefs-d’œuvre qu’ils n’eussent assisté à un entier chefd’œuvre. Comme les Mes Roussel et Beaurains n’ont assisté à aucun chef-d’œuvre, et que les instructions pour connaître de la capacité des compagnons qui sont présentés pour servir les pauvres du Bureau des valides ne sont point suivies de chefd’œuvre, il a été arrêté à la pluralité des voix que les dits Roussel et Beaurains et autres n’auront point de voix délibérative dans le présent chef-d’œuvre non plus que à l’avenir.
— Godin a loué sa boutique; on l’oblige à l’habiter ou à la fermer et à payer le droit royal qui a été acheté par la communauté s’il n’y a point d’exception pour les hôpitaux.
— Mauger reçu le 12 mars. — Claude Cahagne demande à changer de résidence de La Neuville à Saint-Georges-de-Boscherville. Accordé.
Me Fournier, malade depuis longtemps, gardant le lit, demande qu’on lui donne sa part des émoluments d’examens. On lui donnera cent sous par semaine.
— 29 avril. — Sur les instances réitérées de Thibault père et l’exemple donné par Lenoble, médecin, présidant les examens, on annule les délibérations antérieures et. on décide que les fils de maîtres ne paieront que moitié des droits au chirurgiens royaux, mais paieront l’honorarium entier. — Thibault fils, reçu maître, prête les serments requis. — Suivent les examens et réception de Jean Daracq. — Les paies des maîtres aux examens seront toutes versées au 2e juré royal, receveur, pour les racquits de rentes. — Le conducteur de l’aspirant choisira pour servir celui-ci dans le temps de ses opérations ceux des maîtres qu’il
jugera à propos, aussi bien ceux reçus par le privilège des hôpitaux que ceux reçus par chef-d’œuvre.
— 24 mai. — Revient la question des 5b 1. 10 s. dont sont taxées les communautés. On attendra l’exécution et on demandera d’être ouy par haro devant l’intendant. La communauté indemnisera celui qui souffrira l’exécution. On s’occupe aussi des armoiries.
— Réception, après examens habituels, de Nicolas de Nollent.
— Jacques Morin, préposé à Jumièges (signe péniblement son nom).
— 1er juillet. - A la même assemblée s’est présenté Hugues Lemaistre, ancien serviteur de la communauté, lequel a représenté que, de père à fils, ils auraient toujours eu l’honneur de servir la compagnie avec beaucoup d’assiduité et de fidélité, et comme il se trouverait grabataire et maladif, et qu’il appréhendait de ne pouvoir pas servir encore longtemps la communauté à cause de ses infirmités, il suppliait bien humblement la compagnie de vouloir accepter en survivance Jean Lemaistre, son fils. Les voix, sur ce, prises et recueillies, il a été arrêté d’une voix uniforme que l’on reçoit le dit Lemaistre fils en survivance, parce qu’il sera tenu de faire son devoir tant en la chambre ordinaire que dans la confrérie, lequel, en cas de manque, sera destituable toutes fois et quantes, parce que le dit Lemaistre père jouira toujours des émoluments pendant son vivant.
- 14 juillet. — Le procès contre les barbiers continue. Poursuites décidées contre tous délinquants, sages-femmes, veuves de maîtres, transports de privilèges illégaux, etc.
— Septembre. — Les barbiers perdent leur procès et sont obligés de prêter serment devant les chirurgiens, mais ils en appellent. — Procès de Le Houé, dont le fils tiendrait le privilège et la boutique de la veuve Guérin remariée.
— Pour l’enregistrement des armes, personne dans la communauté n’en a ni ne désire en avoir.
— Les barbiers-perruquiers ne voulant pas s’incliner, il est arrêté que aucun maître de la communauté ne pourra avoir
chez lui aucun serviteur barbier-perruquier, et que si quelqu'un est poursuivi pour cette cause, il en sera seul responsable.
— 29 décembre. — Procès avec les apothicaires-droguistesciriers-épiciers contre lesquels on a des griefs. Ils font du tort à la compagnie en traitant les maladies secrètes, faisant des saignées, appliquant des emplâtres. Chandelier, garçon apothicaire, fait haro pour son père sur les droits de M® de Grouchy qui portait un bol de thérébentine accommodé dans une cuiller d’argent avec une teinture de casse, disant que de Grouchy n'avait pouvoir de donner aucuns remèdes composés.
1699. — Edouard Lepicard, juré royal. — Comptes de de Grouchy : recettes, 2,507 livres ; dépenses, 2,537 livres. 34 maîtres.
— 30 mai. — Requête des médecins réclamant 100 francs pour les discours anatomiques. On les paiera sans préjudice de ce que les médecins doivent aux chirurgiens.
— Antoine Doubleaux, aspirant pour Dernetal, est admis et préposé.
— Me Le Seiller demande quitte la chambre pour la Saint- Michel.
— Les chirurgiens royaux auront la même paye que les prévosts, laquelle double paie se prendra sur les droits attribués aux charges de chirurgiens royaux.
1700. — Adrien Lambert, juré royal. — (Comptes de de Hénault et de Lepicard. Assemblée des veuves et préposés, etc.)
— Mars. — Difficultés dans les comptes de Lepicard parce qu’il a poursuivi un procès à la Cour sans en avertir la compagnie et qu’on ne veut pas lui en rembourser les frais. De Grouchy, deuxième juré et greffier, demande que le registre que détient Lepicard lui soit confié. On conteste la réalité des déboursés de Lepicard. — Procès de Beaurains contre Daracq, des royaux contre plusieurs maîtres qui transportent leur privilège, et contre le collège des médecins. (On lit à ce sujet la sentence obtenue par Loustonau, chirurgien au Havre, contre Fouquet, médecin royal au Havre.)
Rejet de la requête d’immatriculation de Pierre Daracq
qui u’a pas les qualités requises. On lui rendra son argent et fermera sa boutique.
3 mai. - On propose de louer un chambre commune rue du Figuier. — Querelle avec les administrateurs de l’Hôtel-Dieu qui ont nommé un chirurgien pour la peste contre et au préjudice des articles 2 et 4 de l’édit de février 1692. — Thibaut (ils a deux boutiques ouvertes rue du Bac et vis-à-vis Notre-Dame; il fermera celle du Bac dans les trois mois. — On soutient un chirurgien de Jumièges contre un empirique.
— Juillet. — Le lieutenant général criminel demande qui a pansé un individu blessé en volant dans une maison près le château. Personne ne déclare l’avoir vu.
— 17 août. — Immatriculation de la requête de Bobert Hélye, fils de défunt Louis Hélye. Beçu par le grand chef-d’œuvre le 3 mai suivant et demande préséance sur Ghupault, reçu par la peste et successeur de Jourdan.
— Marguerite Loret, sage-femme nommée.
— Les deux jurés royaux Lambert et Lepicard se récusent de faire cette année les dissections et démonstrations anatomiques. On prie de Grouchy de les faire ; il accepte. — On paie 30 livres à M° de Houppeville pour les discours anatomiques.
1 70f . — I ^ouis Desportes nommé premier juré royal. — De Grouchy demande qu’on lui donne une place d’honneur dans la communauté comme ayant depuis vingt ans été lieutenant puis premier royal, second prévost et greffier. — Reconnaissance du premier juré, examen des comptes, etc. 34 maîtres.
Procès de M6 Roussel contre les barbiers.
— 5 mura. — Sommation des médecins pour une anatomie. On ne leur répondra pas, puisqu’on a fait un un cours d’anatomie et d’opérations.
(Les registres de 1701 à 17 15 manquent.)
Liste des maîtres chirurgiens de la ville de rouen VIVANTS EN 4716 (1).
Adrien Lambert, doyen.
Nicolas Grouchy, obiit, novembre 1723.
Jean Veayres.
François Guillot.
Louis Desportes.
Jean Hénault.
Louis Hélye major.
Pierre de Manteville.
Edouard Le picard.
Louis Jourdan,
Robert Marette.
Jean De la Fosse
François Thibaut père, ob., 1723
Gilles Roussel.
François Beaurain père (2).
Guillaume Mauger.
Etienne Godin.
François Thibault fils.
Jean Daracq.
Robert Hélye ininor.
Louis Chupault, par la peste.
Pierre Le Terrier, ob., 1723.
Jacques Aveaux, ob., 1724.
Paul Drouet.
Zacharie Sonnes.
Pierre Rouverel.
Nicolas Marre.
François Jourdain, reçu par le Bureau.
Mathias Du val.
Guillaume Gréhalle.
René Le Bourdais.
Adrien Dam brin.
Louis-Pierre Le Houé.
Claude Gauthier, par la peste.
François Beaurain fils.
Nicolas Nicolle.
G. Marin Le Prévost.
Alexandre-Joseph Gigol.
Jacques Ménard, 1717.
De Moyencourt.
François Guillot.
De Hénault jeune.
Roussel.
Drouet le jeune.
Chifandelle des Barres.
Jean Sonnes.
Laurent Chupaut, chirurgien de santé.
Charles-Martin Léger.
Antoine Dufay.
1715. — 20 novembre. — Mauger, second royal, a quitté la ville sans prévenir ni rendre compte. On nomme Jacques Aveaux
(1) E. .'i. Registres des délibérations. 20 novembre 1715 — 17 janvier 1724. (Nn 5 de l’inventaire de 1711.)
(2) Le nom de M* Beaurain père a été rayé et bille du présent registre en conséquence de la sentence du 3 mai 1722 par nous, huissiers du roy au bailliage de Rouen, soussignés. 1" juin 1722. Leboc, Lecomte.
pour lui succéder. — Les royaux et prévosts sont autorisés à passer des baux aux locataires qui sont dans la maison que la communauté a fieffée, à faire démonter la clôture qui est dans la chambre des délibérations pour la faire replacera la seconde chambre en la place de celle de planches que doil emporter le nommé Lucas, aux termes du contrat de belle entre MM. les merciers et la communauté, etc. . .
1716. — Janvier. — Enquehard et Vieillot, garçons, sont, après examens, présentés aux administrateurs pour servir à l’Hôpital-Général.
— Mars. — Terminaison par accord du procès avec Foubert.
— Procès de Thibaut père et Le Prévost. — On soutient Beaurain contre Noël, chirurgien à Cauchoise, qui a aussi pris un de ses garçons hors des règles.
— Enregistrement de la requête d’Adrien Vigneron, de Rouen, aspirant à Pa vil 1 y. Admis. Estard, président.
— Madeleine Dorival reçue sage-femme (femme J. Delahaye).
— Requête de Pierre Leclerc, aspirant, préposé pour Contai ne-le-Bourg. Admis.
— Procès de Daracq contre Jourdain, qui a levé un de ses appareils sans qu’il soit là.
— Octobre. — Jacques Aveaux élu premier royal. — On contraindra par officier ceux qui refuseront de payer le droit de visite aux royaux. — Commission des comptes. Aveaux demande qu’on désigne un maître pour faire les démonstrations si ses affaires l’en empêchent, de même pour aller en campagne pour les affaires de la communauté. — Les rejets se font sur 37 maîtres.
— On a saisi sur Samson Aveaux, travaillant sans qualité, 6 lancettes et 3 linges à barbe.
Achat de la maison. — Pour les deux maisons et jardin achetés des gardes des merciers, on demande un solde de 400 livres pour l’amortissement de 2,400 livres du sixième denier suivant les édits de 1708, etc. On décide de consulter un avocat pour tâcher de se dispenser de payer celte somme. On souffrira la saisie et l'on se défendra de payer, autant que faire se pourra, en présentant une requête à Monseigneur l'intendant, en lui
exposant que le droit n’est pas dû, à raison que la fieffe n’a été faite par la dite communauté que pour satisfaire à la déclaration du roy qui l’oblige de faire publiquement des anatomies, gratis tous les ans, pour l’instruction des étudiants en chirurgie.
1717. — (On appelle les deux royaux et les deux prévosts : les quatre de la table.) On paye les 400 livres. — Procès contre llerout et Maillard gagné.
— Immatriculation de la requête de Joseph-Alexis Gigot, major du régiment de cavalerie royal étranger, fils d’un maître de Paris, aspirant à la maîtrise à Rouen. Admis après les examens du chef-d’œuvre habituel.
— Aveaux donne avis qu’il court par toute la ville un libelle diffamatoire contre tous les maîtres chirurgiens. Thibaut fils est chargé d’en découvrir l’auteur par toutes les voies juridiques.
— Octobre. — Terrier élu premier royal. - Commission des comptes.
— Un nommé De Gouëy demande à tenir boutique et suscite plusieurs affaires à la communauté. Jourdain, son ami intime, est prié de quitter la Chambre quand on s’occupera des affaires le concernant.
— Discussion avec les médecins pour les dissections. On leur fera une honnêteté, puis ensuite une sommation.
— 4 novembre. — Immatriculation de la requête de Jacques Ménard, Thibaut conducteur. 11 est de la table et il faut lui nommer Hélye comme remplaçant examinateur. Dorénavant ceux de la table ne pourront plus être conducteurs. — Dans les dissections, chacun tiendra son rang; ceux de la table d’abord. — On fera une honnêteté à M. de Manteville, médecin, pour l'engager à venir à la Chambre, ce qu’il refusait parce que la communauté n’avait pas voulu lui faire d’excuses pour insultes à lui faites par un particulier. — En cas qu’il se fasse des cours publics d’anatomie ou d’opérations, les chirurgiens en charge auront les premières places, les autres maîtres suivant leur inscription par rang de réception.
— 30 décembre. — Réception de Jacques Ménard par le grand chef-d’œuvre (1).
1718. — Jacques Ménard a fait don de 200 livres pour servir à la décoration de la chambre commune. 11 est décidé qu’on gardera la petite chambre sur le devant pour la communauté.
— Le 5 avril, Lhonoré, doyen des médecins, fait sommation au royal de prendre un sujet qui se trouve au Viel Marché pour faire le cours d’opérations ou anatomies.
La communauté répond que, vu le contrat fait avec MM. les Médecins, les écoles sont linies, et on signifiera à M. Lhonoré que la communauté n’entend pas travailler, attendu que les écoles sont closes ce jour, cinquième d’avril, persistant la dite communauté aux protestations précédemment faites à MM. les Médecins.
— Robert Gosselin, de Falaise, préposé chirurgien pour Saint- Sever après examen.
— Il y a une mutation de chirurgiens à Monville. Laurent Chupaut se présente pour remplacer Delononcle à Pavilly.
— Les royaux seront responsables envers la communauté de la part des droits de visite qu’elle doit recevoir, qu’ils fassent ou non ces visites.
(1) En 1763, Elisabeth Barberye, veuve de .Jacques Mesnard, maître chirurgien, demeurant rue du Ruissel, paroisse Saint-Maclou, renonce à ses droits de veuve de maître et dépose les brevets de son mari. Ces pièces comprennent, entre autres, celles-ci :
Le 13 mars 1713 s’est présenté devant Louis-Alexandre de Bourbon, grand amiral, et Alexandre de la Iloussaye, lieutenant civil à Dieppe, le nommé Jacques Ménard, garçon, âgé de 25 ans, natif de Charleval-sur-Andelle, ayant commencé la chirurgie dès son jeune âge sous Hierome Morel, maître chirurgien au dit lieu, afin de s’engager comme chirurgien de mer au long cours. (Brevet sur parchemin avec sceau aux armes de France.) — Jacques Ménard était fils de Robert Mesnard, en son vivant sergent à la vicomté de Lyons-La-Forêt (parchemin de réception par Charles Duret et Ch. Aubruchel, chirurgien de Dieppe, admis à servir comme chirurgien sur le corsaire commandé par le capitaine Thomas Petit). — (Son brevet de réception comme maître à Rouen est du jeudi 30 décembre 1717.) ( Arch liasse 253.)
Voir la monographie sur Jacques Ménard par le Dr Panel. — Voir la lettre de maîtrise, même liasse.
— Françoise Dufour, femme Lemasson, sage-femme, petite-fille d’Elisabeth Patriarche, sage-femme de l’IIôtel-Dieu.
— Jean de Moyencourt, natif d’Aumale, reçu comme préposé pour le faubourg Bouvreuil, demande à continuer son chefd’œuvre, dont il a déjà passé sept épreuves, afin d’être maître à Rouen. On lui accorde qu’il ne paiera que demi-chef-d’œuvre, mais qu’il repassera les quatorze épreuves. 11 est admis le 28 septembre.
— François Lecomte, 50 ans, natif de Saint-Pierre-de-Franqueville, préposé chirurgien à Franqueville. Levesque, préposé à Sainl-Sever, poursuivi.
— Gigot ayant insulté Le Terrier, premier juré royal, reçoit une mercuriale en pleine communauté, et, s’il récidive, sera expulsé de la Chambre pour trois mois. A cette occasion, il est enjoint à chacun des maîtres de se contenir, de ne parler, lorsqu'on délibère, qu’en son rang de réception, et de ne causer aucun trouble ou tumulte dans les assemblées, sous les peines en usage.
— 13 septembre. — Il est décidé que dorénavant un maître ne pourra prendre chez lui un garçon sortant de chez un autre maître sans le consentement de celui-ci, à peine de trois mois d’exclusion et de dix livres d’amende applicables à l’Hôpital- Général.
— Rouverel élu premier juré royal. — Commission des comptes, etc.
— On communique à la communauté un diplôme ou lettres de sage-femme qui serait faux. Celle-ci, Anne Patriarche, dit le tenir des sieurs Mauger et Grehalle. Mauger est absent de Rouen depuis plusieurs années ; on envoie le clerc chercher Grehalle sur l’heure; celui ci le trouve à table, entre midi et une heure, mais il refuse de venir; on le convoque à un mois. 11 reconnaît alors avoir délivré les lettres et demande l’indulgence. La lettre est déclarée nulle et frauduleuse et gardée au collre en marque d’indignité ; les signataires seront privés de toute charge honorifique. — La sage-femme est reçue, bien que ne sachant pas écrire, mais il est décidéque, dorénavant, aucune ne sera reçue qui ne saura pas écrire. De plus, elles seront con-
cluites par un maître, et pour elles, comme pour les préposés, le jour des examens sera fixé en assemblée de la communauté.
— Revue des garçons chez tous les maîtres pour vérifier s’ils ont des certilicats conformes aux brevets d’apprentissage.
— Marie Delarue, élève de sa belle-mère, Mouchard, reçue obstétrice. — 11 est encore spécitié qu’aucun des maîtres de la table ne pourra être conducteur ni signer de requêtes, que les sages-femmes ne pourront se présenter sans prendre un des maîtres du cercle pour conducteur, et qu’elles s’acquitteront des devoirs et honneurs dus à tous les maîtres.
1719. — Les comptes de Leterrier se soldent par un excédent de recettes de 36 1. 15 s. qui restent à la disposition de la communauté. Ceux du second juré royal Aveaux donnent aussi un excédent de 244 1.4 s. qui seront remis à Leterrier. devenant second royal greffier, payeur et receveur.
— Le Noble, médecin, réclame les 50 livres des discours anatomiques. On ne les paiera pas avant d’avoir consulté un avocat.
— Gigot se plaint d’avoir été insulté par le fils de de Hénault pendant les démonstrations d’anatomie en présence de plusieurs maîtres. On décide que le fils de Hénault fera satisfaction à Gigot avant son immatriculation s’il se présente au chefd’œuvre à Rouen, et que dorénavant on n’aura recours qu’à des maîtres chirurgiens pour faire les préparations d’anatomie pour les cours.
— 5 juin. — Dambrin est chargé de payer la maison aux merciers ; s’il y a contestation, la communauté interviendra.
— Immatriculation de la requête de Louis-François Guilyot, tils de François Guilyot, maître à Rouen, 30 ans. — On le fait venir en séance pour faire des excuses à propos d’une petite difficulté avec son conducteur Jourdan. Sa réception se trouve d’ailleurs traversée de plusieurs péripéties.
— 2 et 4 octobre. — Election mouvementée du premier juré royal. Aveaux arrache à Le Terrier la feuille de vote et ne veut
pas la rendre. Haro devant le lieutenant de police : pas d'élection (1).
— Examen des comptes de Rouverel et de Terrier.
— Gosselin, préposé à Saint-Sever, réclame 140 livres qu’il avait payées en trop pour sa réception, mais il les aurait servies à un des maîtres pour acheter ses sulïrages. Jourdan propose d’inscrire les suffrages sur le registre et non sur des feuilles volantes’qui peuvent prêter aux'abus. Comme la communauté se met à délibérer suivant les usages, Jourdain interjecte Haro ! ce qui empêche toute délibération.
— Hélye l’aisné est nommé premier juré royal par arrêt de la cour. 11 prêtera les serments habituels.
1720. — La requête des médecins pour les discours est repoussée. Ils feront les discours gratis, comme les chirurgiens les feront aussi gratis, attendu que le Roy a retiré les fonds destinés pour les anatomies et opérations par un arrêt du Conseil rendu postérieurement à la transaction.
— Il est demandé par requête, à qui il appartiendra, que les aspirants qui se présenteront à la maîtrise de la ville de Rouen seront obligés de faire l’anatomie et opérations de chirurgie sur un cadavre humain, comme- il se pratique dans les chefsd’œuvre de Paris, et que le jour de l’élection du premier chirurgien royal, la communauté nommera trois anciens et trois jeunes maîtres parmi lesquels les aspirants pourront choisir leur conducteur.
— Leclerc, d’Ecouis, fils d’un préposé en cette ville, candi-
(1) Octobre 1719. — Querelle Aveaux-Rouverel Leterrier.
Rouverel étant parvenu au terme de son mandat de premier juré royal devait être remplacé par Leterrier. A l’assemblée pour le vote, pendant que Leterrier transcrivait les voix sur le registre en faveur de Elie l’aisné, A veaux, qui cabalait pour Sonnes, se jeta sur lui, arracha la feuille et la mit dans sa poche. La communauté cria haro! Alors, Beaurains, qui était du parti d’A veaux, sortit en fermant la porte à clef sur les aspirants et revint une demi-heure après avec un huissier. Les adversaires prirent un autre huissier, d’où procès. Provisoirement, Elie l’aisné ayant sur la feuille arrachée 14 voix contre l’autre 13, fut chargé de la fonction de juré royal. — Le parti Aveaux contestait les voix parce que Elie le jeune était frère, et Jourdan beau-frère de Elye l’aisné. ( Arch ., liasse 259.)
dat pour Pavilly, reçu. II paie ses droits manuellement à chaque maître.
— 25 avril. — On décide de vendre la petite maison pour douze cents livres, afin de rembourser Dambrin qui a hypothéqué sur elle; on vendrait bien aussi la maison occupée par la communauté, mais en gardant le jardin. On cherche de l’argent au denier cinquante.
— Octobre. — Dambrin nommé premier chirurgien royal par les 18 maîtres présents. — Commission des comptes (18 livres de rejets sur chacun des 36 maîtres).
— La communauté reçoit communication des statuts de Paris pour les chefs-d’œuvre et nomme une commission de 6 membres pour les examiner.
— Pierre Drouet, aspirant à la maîtrise, (ils d’un chirurgien du faubourg Cauchoise, voit sa requête immatriculée, mais passera son chef-d’œuvre suivant l’ancien usage (arrests de 1647 et 1693). — De même pour Guil. de Héuault, qui se présente aussi. S’il se trouve un cadavre on le gardera pour ces deux examens. A propos des médecins, l’édit ne porte pas qu’ils aient droit à un salaire pour leur assistance aux examens. Les 6 livres accordées pour chaque acte, ce qui leur fait 84 livres par aspirant, leur tiendra lieu de récompense pour les discours anatomiques, maintenant que le privé conseil a supprimé les 20 livres que la communauté touchait des barbiers.
1721. — Janvier. — A la demande des gens du roi les chefsd’œuvre des aspirants seront différés jusqu’à nouvel ordre. Ils feront comme ont fait leurs aînés les royaux actuels. Les sujets anatomisés seront entérés dans le cimetière du curé de Saint- Maclou à qui on le demandera.
— Immatriculation de la requête de l’aspirant Christophe Chitfandel des Barres, qui prendra son tour après les trois autres, et on procédera aux examens en la forme accoutumée, d’après les édits de 1647 et 1693. Ils seront reçus en tous temps. Ceux qui se présenteront pendant la saison propre pour faire de l’anatomie seront tenus de la faire s’il se présente un sujet. (Ordonnance du procureur général du 19 février 1721.)
— 29 mars. — François Guilyot achève son chef-d’œuvre avec succès.
— Immatriculation de la requête de J.-B. Roussel, fils de Gilles Roussel.
— François de Beaurains, chirurgien juré, demeurant rue Cauchoise, paroisse Saint Vigor, accusé d’avoir engrossé la fille de Denis Berlin, boulanger, rue Saint-Eloi, et de l’avoir enlevée à Paris avec ses nippes et hardes, est saisi de corps ; mais il est innocenté. (Transcription sur le registre d’autres sentences de la Cour.)
— 7 mai. — Réception de Guil. de Hénault, après chefd’œuvre.
— 18 juin. — Fin du chef-d’œuvre de Jean-Bapt. Roussel qui donne 200 livres pour remplacer le repas traditionnel.
— 23 juillet. — Fin du chef-d’œuvre de Pierre Drouët. A la même assemblée, Dambrin, premier juré royal, annonce qu’il a fait saisir chez Michel Lallemand, marchand libraire relieur, demeurant rue des Bons-Enfants, paroisse de Sainte-Marie-la- Petite, deux libelles diffamatoires faits contre l’honneur et réputation des maîtres de la compagnie, et il les montre. De Beaurains fils étant prié de se retirer, on décide de poursuivre l’auteur par toutes voies et moyens jusqu’au délinitif.
— 27 août. — Fin du chef-d’œuvre de C. ChifTandel des Barres. Ses lancettes ayant été trouvées non émouchetées et n’ayant du défaut que dans le tranchant, il se soumet à eu présenter d’autres. Jourdain, conducteur de l’aspirant, reproche à De Manteville d’avoir dit que Le Terrier devait les émoucheter, même en casser la pointe. De Manteville s’en défend. Jourdain, prié de se retirer pour qu’on en délibère, s’y refuse, et dit qu’on le jetterait plutôt par la fenêtre, et traite la compagnie de tripot.
— On poursuit un écrit de Mesnard contre la communauté.
— 2 novembre. — Drouët l’aîné, élu premier juré royal, haro par Thibaut fils et conjoints. Louis Chupaut élu à sa place. — Commission des comptes, etc. Les médecins réclament 50 livres pour les discours d’anatomie faits par Lenoble en 1719, et 50 livres pour ceux d’opérations faits par Néel en 1720.
— Les garçons chirurgiens font requête à la communauté, par le lieutenant général de police, au sujet des démonstrations anatomiques, avec assignation à la dite communauté, pour voir dire que l'on commencera par le discours et démonstration des os sur le squelette, en attendant qu’il se présente un sujet pour le reste.
— Cette année, la recette de la communauté excède la dépense de 346 livres, plus 99 livres du premier juré.
1722. — Janvier. — Les médecins font les discours de toute l’anatomie.
— Louis Thoulains, candidat pour le Bureau des valides, refusé pour insuffisance.
— Mars. — Les médecins obtiennent une sentence contre la communauté. On cherchera un accommodement avec eux.
— Louis Barberie, aspirant, refusé, ajourné.
— Le lieutenant général ordonne que les chirurgiens habitent leur boutique ou autre établissement.
— Jean Sonnes, fils de Zacharie Sonnes, chirurgien juré de Rouen, aspirant, immatriculé et reçu après chef-d’œuvre le 2 o juin.
— Mathieu Dubuisson reçu pour l’Hôpital-Général après quatre jours d’examen.
— Jacques Beyries reçu pour Duclair (originaire de Saint- Pierre-Denogard, juridiction de Ganto, province de Guienne).
— Nicolas Lemelle préposé pour Pavilly.
— Dumouchel (Jean) préposé pour Clères.
— Me Harre De la Croix élu premier juré royal ; mais il est malade et on le remplace par Daracq. — Commission des comptes.
— Procès à la Cour entre deux maîtres à propos d’un garçon pris par l’un d’eux à l’autre. La communauté interviendra pour garantir ses statuts à ce sujet.
1723 (1) Docteurs en médecine du collège de rouen.
De Houppeville, doyen, rue de laPie.
De Néel, rue Ganterie.
Du Vivier, rue Ganterie.
Estard, rue de la Seille.
Reux, rue Malpal u.
De llenaut, rue Etoupée.
Roquette, près Saint-Martin-sur- Renelle.
Chirurgiens jurés