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NOMBRE DE POISSONS SURVIVANTS

en présence de l'acide butyrique et de

:m^ de sel marin 1/2 mol. dans 100 cm^ de solution

Si l'on faisait croître la quantité d'acide, il fallait augmenter également la quantité de sel pour en annuler l'action nocive. Pour neutraliser l'effet de ocm^\5 i/io moléculaire d'acide butyrique, il faut 10 centimètres cubes de solution demi-moléculaire de sel; pour neutraliser l'effet de o cm\8 du même acide, il faut 20 centimètres cubes de sel et pour i centimètre cube d'acide, 28 centimètres cubes de sel.

Ce n'est pas seulement l'acide butyrique, mais un acide quelconque dont on peut neutraliser

LE ROLE DES SELS

l'effet au mo3'en du sel, par exemple Tacide chlorhydrique.

Wasieneys et moi, nous avons pu observer que Tacide est absorbé de la même manière par le poisson, en présence ou en Tabsence de sel. Cela montre que le sel agit dans ce cas, non en empêchant la diffusion ou l'absorption 'de l'acide, mais en modifiant Teffet nuisible de celui qui a été absorbé.

Nous pouvons préciser un peu mieux la cause de la mort par l'acide. Si nous mettons le poisson dans une solution faible d'acide dans l'eau distillée, telle quelle suffise juste à le tuer en une ou deux heures (par exemple, une solution de 2 centimètres cubes i/io moléculaire d'acide chlorhydrique dans 500 centimètres cubes d'eau\ nous constatons que très rapidement l'épiderme normalement transparent du poisson devient opaque, et qu'un peu plus tard, il tombe en lambeaux. Ce n'est toutefois pas là probablement la cause directe de la mort, mais je suis porté à croire que le poisson meurt d'asphyxie causée par une action semblable de l'acide sur les branchies.

L'action de l'acide sur l'épiderme du corps aussi bien que sur les branchies est empêchée par l'addition de sels neutres.

Que l'action des acides sur les substances protéiques puisse être empêchée par les sels neutres, c'est un fait bien connue

Par exemple, les acides augmentent la visco-

I II semble que les premières expériences sur Tantagonisme des acides et des sels ont été publiées par l'auteur dans P/lïi/re/-' s A rchic, t. 75, p. po8, 1899.

site de certaines solutions de protéines, mais il n'en est pas ainsi en présence de sels neutres (Paulij. Les sels empêchent la gélatine de se gonfler sous l'influence des acides (Procter) ^

Il est possible que le mécanisme de la mort des poissons dans les expériences sur les acides soit le suivant : l'acide fait gonfler certaines protéines dans la couche superficielle des cellules épithéliales de la peau et des branchies, et par là cette couche superficielle devient plus perméable à l'acide. L'acide peut alors diffuser dans les cellules épithéliales et agir sur leur protoplasme, ce qui fait périr ces cellules. Si le liquide contient des sels à une concentration convenable, l'action combinée de l'acide et du sel amène une déshydratation de la membrane superfi^cielle de ces cellules, semblable à celle qui se produit dans les expériences sur la gélatine ou lorsqu'on tanne des peaux par l'action combinée des acides et des solutions salines. Le « tannage » ou déshydratation combinée par l'action des acides et des sels de la surface des cellules épithéliales des branchies diminue la perméabilité de cette couche pour les acides et empêche ceux-ci de diffuser dans les cellules, et par suite de désorganiser le protoplasme. De cette manière, les branchies restent intactes et le poisson conserve la vie.

Tant que l'acide est assez dilué, la présence des sels n'en diminue pas sensiblement la quantité absorbée ; mais, étant en présence des sels,

I. Il faut aussi rappeler à ce propos les belles expériences osmométriques de R. Lillie.

LE ROLE DES SELS

l*acide est employé à tanner la couche superficielle des cellules ou absorbé dans cette couche ; en l'absence de sels, une partie de l'acide diffuse dans les cellules épithéliales et les fait périr.

Nous n'avons jusqu'ici considéré d'actions antagonistes qu'entre deux électrolytes seulement. Le cas où trois électrolytes s'opposent les uns aux autres est un peu plus compliqué.

Nous prendrons comme exemple Tantagonisme entre les chlorures de sodium, de potassium et de calcium (NaCl, KCl et CaCl"), antagonisme qui joue dans les phénomènes vitaux un rôle particulièrement important. Si le mécanisme de l'antagonisme entre NaCl d'une part, et KCl et CaCl- de l'autre était de même nature que pour celui qu'on a vu exister entre NaCl et le sulfate de zinc agissant sur les œufsdeFiuidiilus, il serait possible de montrer non seulement que NaCl pris seul en solution est toxique et qu'on peut le rendre inoffensif en lui opposant les autres sels, mais aussi que l'inverse est également vrai. C'est ce qu'on peut montrer pour le chlorure de potassium . Pour faire cette démonstration, il faut encore choisir comme objets d'expérience des organismes peu sensibles à la pression osmotique de liquide ambiant, caria concentration de KCl dans l'eau de mer est très faible. C'est sur FundicUis que nous avons fait nos expériences, i\I. Wasteneyset moi. Elles ont consisté à mettre six poissons préalablement lavés deux fois à l'eau distillée dans

LA COyCEPTION MECANIQUE DE LA VIE

500 centimètres cubes de chaque solution. On notait de jour en jour le nombre de poissons survivants.

Placés dans des solutions pures de KCl à la concentration où ce sel est contenu dans Teau de mer (2 cm^2 de KCl demi-moléculaire, dans 100 centimètres cubes d'eau), ils mouraieiU en moins de deux jours. Ce n'est pas la faible concentration de la solution de KCl qui en est cause, bien qu'elle soit simplement le 1/50 de celle de Teau de mer, car ces poissons peuvent vivre indéfiniment dans une solution pure de NaCl à la concentration même que KCl possède dans l'eau de mer.

Si nous ajoutons aux doses toxiques de KCl des quantités croissantes de NaCl, nous trouvons qu'aussitôt que la solution contient au moins 17 molécules de NaCl pour une de KCl, l'action toxique de ce dernier sel est considérablement affaiblie, sinon entièrement compensée. Le tableau III suivant en donnera un exemple :

Des déterminations plus exactes ont fait voir que déjà une concentration 3/16 moléculaire en NaCl rend 2 cm%2 de KCl demi-moléculaire inoffensif dans 100 centimètres cubes.

On a ensuite cherché quelle relation peut exister entre les concentrations diverses de KCL et les concentrations antagonistes correspondantes de NaCl et on a trouvé qu'entre NaCl et KCl, il doit exister une proportion sensiblement constante, qui est d'environ 17 molécules pour i comme le montre le tableau IV suivant :

Qu'arrive-t-il si nous faisons varier ce rapport ?

LE ROLE DES SELS

Tableau III

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