INTERTROPICALE EN FRANCE
Parmi les récompenses accordées par l'Académie de médecine aux personnes qui ont publié des travaux intéressants en 1902, je rélève les noms suivants que je me fais un devoir de mettre sous les yeux de mes lecteurs :
Médaille d'argent. — M. Remlinger, médecin-major, directeur de rinstitut Pasteur, à Constantinople, pour son travail fait en collaboration avec M. Schoul), intitulé : Les eaux ther^ mo-minérales de Korbeus (Tunisie).
M. SchouU, de Tunis, pour son travail fait en collaboration avec M. Remlinger, intitulé : Les eaux thermo-minérales de Korbeus (Tunisie).
Médailles de bronze. — M. Réland, pharmacien major de Ire classe des troupes coloniales, pour son analyse élémentaire de quelques eaux minérales de la Réunion.
C'est parfait, mais ce n'est qu'un commencement, et je veux dire par là que toutes nos colonies, ou à peu près toutes, possèdent des eaux minérales de tout premier ordre, et qu'il serait temps d'en dresser un grand inventaire tout à la fois scientifique et systématique, non seulement parce qu'elles serviraient tout d'abord aux colons, aux habitants du pays, mais encore parce que, avec les moyens de transport plus rapides chaque jour, on pourrait arriver souvent à les transporter dans la métropole.
Maintenant, que si l'on me demande comment fj^ire pouarriver à mener à bien cette vaste enquête scientifique et pratique en même temps, je répondrai que rien ne sera plus facile.
on faisant appel au dévoùment et à la bonne volonté des médecins coloniaux à demeure dans les colonies, et des médecinsmajors des services des colonies ou de la marine.
Je suis persuadé, qu'en moins de deux ans, Ton pourra établir ainsi un vaste répertoire de toutes lés eaux minérales de nos colonies, et rendre, tout à la lois, un grand service aux malades, et un réel service au développement économique de nos possessions.
J'ai parlé souvent, ici même, de la prophylaxie du paludisme ; à ce propos, il est intéressant de rappeler que le savant professeur Laveran, de Tlnstitut, a présenté à l'Académie de médecine un travail d'ensemble sur cette question, qui, empiri- (jne naguère, alors qu'on ignorait le mode de propagation de cette grave endémie, doit devenir aujourd'hui rationnelle.
Dans la première partie de cette étude — Masson, Paris, — le savant chef de service de l'Institut Pasteur, étudie le rôle des moustiques dans la propagation du paludisme ; il montre que ce rôle n'est plus douteux aujourd'hui.
La deuxième partie est consacrée à la prophylaxie proprement dite* sous les titres suivants : destruction des moustiques, mesures à prendre pour se protéger contre les piqûres, prophylaxie médicamenteuse, etc.
Dans la première partie, M. Laveran s'étend sur l'utilité des ligues contre le paludisme et montre les services qu'elles ont rendus en Corse et en Algérie.
J'ai trop souvent exposé les résultats que j'avais obtenus moi-même aux Antilles, pour que je pense qu'il soit utile d'y revenir ; je ne puis que contresigner tout ce que dit M. Laveran, surtout à propos de l'utilité des ligues.
A Paris, à Bordeaux, à Marseille, à Lyon, à Nancy, renseignement do la médecine colon iale-intcrtropicale, soit dans des iacultésde médecine, soit simplement dans desinstituts coloniaux.
continuent à donner les meilleurs résultats. Je ne puis publier ici les programmes des cours, faute de place; cependant, il me sera bien permis de rappeler que notre exemple a été suivi par TAngleterre, l'Allemagne, le Portugal, par la plupart des grands pays colonisateurs et que nous pouvons, à bon droit, nous montrer fiers de notre initiative.
A Lyon, le Dr Navarre continue à s'occuper d'hygiène et de climatologie et parle sur lacclimatement individuel, sur les modifications de la respiration et de la circulation, et enfin à Bordeaux, renseignement est tellement important, que je me vois encore dans la nécessité d'en reproduire un des derniers tableaux de service du présent mois :