‹ La condition de l'Enfant dans le droit intermédiaireChapitre 51 sur 53 · PIECE XVI · texte numérisé non relu

PIECE XVI

AD VIII, 35. —- Pratique du bon français par un citoven de la section des Tuileries.

Invocation républicaine

Chaste fille des lieux, à Liberté ! tu es descendue pour nous sur la terre : que ton nom soit à jamais chéri. Ton règne est arrivé ; celui de la loi est pareillement venu : que sa volonté soit faite. Pourvois aux besoins

DEMO

de tes enfants ; assure-leur le pain de tous ies jours. Oublie les injures que te font les peuples esclaves, pour ne songer qu'aux hommages que tu recois d’un peuple libre. Divinité de ma Patrie ! écartes de nous tout ce qui peut nous induire en erreur ; éloignes jusqu’à la tentation de mal faire et délivre-nous de nos ennemis.

Salutation républicaine

Je vous salue, Sans Culottides, nom révéré, que la fin de chaque année doit présenter tour à tour à notre culte. Vertus, Génie, Travail, Opinion, Récompense, je vous salue ; vous réunissez tout ce que le monde moral peut offrir de beau, de sublime, d’utile, de sage et d'agréable. Ÿ

C’est à vous, Ô vertus ! que sont réservés nos premiers hommages : vous êtes les premiers fondements de la félicité publique ; vous n'êtes qu’un mot pour le méchant ; vous êtes tout pour le sage. Par vous, l’homme est juste, reconnaissant et sensible ; par vous, les liens de l’amour et de l'amitié acquièrent de nouveaux charmes ; par vous, le magistrat est prudent, le législateur intègre, et le juge impassible ; c'est vous enfin qui dirigez l'élan sublime du génie.

O Génie ! je te salue ; tu rends l’homme le confident de la nature, le dépositaire de ses secrets ; tu la fais revivre par les arts dont tu agrandis le domaine. Tu animes le marbre ; tu fais respirer la toile, et tu offres au souvenir et à la reconnaissance des siècles les héros et les martyrs de la liberté. Par toi, l'harmonie réveille dans notre âme tous les sentiments, toutes les affections de la valeur, de la tendresse et de l'amour.

Credo républicain

Je crois dans un Etre suprême, qui a créé les hommes libres et égaux, qui les a fait pour s'aimer, et non pour se haïr ; qui veut être honoré par des vertus, et non par le fanatisme ; et aux yeux de qui le plus beau culte est celui de la raison et de la vérité.

Je crois que l'unité et l'indivisibilité de la République fait le bonheur du peuple ; qu’un attachement sans bornes à la constitution qu'il a acceptée peut seul lui en assurer la jouissance, et que l’homme, pour conserver ses droits, ne doit jamais oublier ses devoirs.

Je crois à la destruction prochaine de tous les tyrans et de tous les rebelles, à la régénération des mœurs, à la propagation de toutes les vertus, et au triomphe éternel de la liberté.

Page 1