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LE TRAVAIL DU PAIN QUOTIDIEN SOUS LES TROIS AGES

Le travail du pain quotidien sous les trois âges, et le nom caractéristique de chacun d'eux.

Le premier âge se distingue des deux suivants par trois caractères qui lui sont propres. Le travail a pour objet des récoltes que créent les forces de la nature, sans imposer aucun effort préalable aux populations. Assurées d'un tel avantage, celles-ci montrent une aversion instinctive contre le changement. Enfin, l'amour de la tradition est d'autant plus naturel que le travail unique imposé à l'homme est attrayant et souvent même répond à l'inspiration d'un entraînement passionné. Sous ce régime, deux races, les chasseurs et les pasteurs, ont la prépondérance. Les premiers ont pour principal abri les arbres des forêts, et pour aliments les animaux qui paissent dans les clairières. Les seconds habitent des steppes où paissent des animaux qui se reproduisent dans l'état de domcstieilé. Les uns et les autres ont ainsi un moyen commun de subsistance : la possession de territoires où se produil spontanément une ample moisson d'herbes. Ils pourvoient d'ailleurs aux travaux de la chasse et du pâturage par l'effort direct des bras, armés tout au plus de quelques engins

fort simples, et ils ne recourent jamais à des machines mues par les forces de la nature. Les lieux et les hommes parmi lesquels se perpétue un tel régime marquent une époque que l'on caractérise suffisamment en l'appelant « l'âge des herbes et des engins à bras ».

Le deuxième âge ne tranche nulle part d'une manière complète avec celui qui l'a précédé. En général , les pâturages et les forêts persistent encore sur une partie du territoire; la chasse des animaux sauvages se perpétue même, tout au moins comme moyen de récréation. Ainsi que je l'ai indiqué ci-dessus (11, 5), la nouveauté caractéristique consiste en ce que la majeure partie du territoire est consacrée à six branches de travaux relativement pénibles. Pour les accomplir, la population épargne autant que possible l'effort de ses bras, en y substituant celui d'une foule de machines qu'elle se borne à diriger. On caractérise donc avec précision cette époque du travail, en l'appelant « l'âge des machines mues par les animaux , les vents et les eaux courantes ».

Le troisième âge, plus encore que le deuxième, conserve en partie les éléments utiles de l'âge auquel il succède. Comme je l'ai exposé au paragraphe précédent , il est caractérisé et transformé par quatre nouveautés principales. Celles-ci ont pour objet quelques applications des forces élec-

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