CONCOURS DE LA MAISON MAME
grands prix qui furent alors décernés x établissements où régnaient à un degré émir nrmonie sociale et le bien-être des ouvriers.
Après tant de travaux et de suc n'ont pas cru leur œuvre terminée. ^ avaient toujours suivi la devise du fondateu maison : « Publier de bons livres ; » mais ils > rcnt contribuer plua directement à la guéiison de maux de notre patrie. Dès les premiers mois de l'année 1870, à la vue des « points noirs «qui menaçaient le gouvernement du second empire, ils vinrent m'exposer leur désir et se concerter avec moi pour éditer au prix de revient, parfois même au-dessous, les ouvrages de la Bibliothèque. A cette époque , ils ont exprimé dans les termes suivants les motifs qui nous assuraient leur concours; et, depuis lors, ils s'en sont constamment inspirés. •
« Dès le début de notre carrière commerciale, nous « avons compris la nécessité de développer nos ate- « liers dans les conditions qui pouvaient le mieux « faire régner l'harmonie entre notre famille et celles « qui lui sont attachées. Sous ce rapport, nous « sommes restés soumis à certains usages qui lom- « bent en désuétude dans beaucoup d'ateliers français « ou étrangers.
« Or, en lisant les écrits de M. Le Play, nous « fûmes tout d'abord frappés de deux traits princi- « paux. En premier lieu, les Autorités sociales, dont « l'auteur a recueilli avec tant de soin la pratique et « la doctrine, ont conservé dans leurs ateliers toutes
« les coutumes qui ont eu, pour nous et pour nos « ouvriers, les plus heureux 'résultats. Nous avons « naturellement trouvé dans cette circonstance un « motif d'attachement à notre tradition. En second lieu, « ces mêmes Autorités gardent avec de grands avance tages plusieurs autres coutumes qui n'auraient pas « été moins bienfaisantes pour nous, si elles nous « avaient été plus tôt connues. Ainsi, par exemple, « nous constatons avec regret que les capitaux im- « mobilisés dans la ville de Tours pour l'extension de « nos ateliers , eussent produit dans la banlieue de « meilleurs résultats pour nos ouvriers. Nous aurions « pu , en effet , tout en leur assurant la même somme « de salaires, les aider à conquérir les avantages « matériels et moraux que donne partout la propriété « du foyer domestique, lié à de petites dépendances « rurales. Nous avons dû conclure, de notre propre « expérience, que la connaissance de ces coutumes, « pratiquées en partie par notre maison , serait fort « utile à une foule de manufacturiers qui les ignorent « complètement et qui s'engagent , en conséquence , « dans des voies fausses ou dangereuses.
« Nous n'avons pas moins été frappés de l'accueil « fait aux livres de M. Le Play. Ces livres n'offraient « pas l'attrait de l'amusement ou de la curiosité, le « luxe des images ou les autres causes de la réus- « site en librairie ; ils ne s'aidaient même pas des « ressources de la publicité. Ils pénétraient cepen- « dant, avec un succès toujours croissant, parmi « les classes éclairées, et spécialement parmi les perce sonnes qui nous sont unies parles liens de l'amitié.