‹ La Condition Juridique Du Batard Au Moyen AgeChapitre 21 sur 58 · JZhbidem, ch. 18, S 83 et · texte numérisé non relu

JZhbidem, ch. 18, S 83 et

dise *, il marque nettement la tendance qui se fait jour en vue de rendre compétentes les juridictions séculières, dès qu'il est possible de rattacher la question de bâtardise à une espèce de leur compétence certaine, d’en faire une simple question préjudicielle.

« Et pour ce est-il bon que nous dions en ceste partie briement liqueus oirs sont loiaus et liqueus pueent estre debouté par bastardie ; car tout soit ce que l'Eglise ait la connaissance des loiaus mariages pource ne demeure pas que ples n’en soitaucune fois en court laie pour les heritages qui sont tenu de fief lai desqueus li droit oir vuelent debouter les bastars. Et pour ce que teus debas depent de l’eritage convient-il à la fois que juges seculiers s’entremete de connoistre la bastardie qui est proposée par devant li?. »

Et ainsi, Beaumanoir lui-même revient à la question des droits des bâtards sur la succession de leurs parents. Si l’on s’en tenait au titre du chapitre xvr11, on en conclurait que la coutume de Beauvaisis exclut uniquement les bâtards de la succession aux propres. Conclusion hâtive et injustifiée, car, au cours du chapitre, c’est de toute succession que le bâtard se trouve écarté et il l’est non

Seulement par une règle juridique mais par une obligation de

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conscience ; s’il connaît sa naissance irrégulière, il ne peut pas se mettre en possession de l’hérédité, sinon c’est à tort qu’il détient les choses composant la succession, c’est contre Dieu et au péril de son âme et il est tenu de rendre à ceux qu’il sait être les héritiers véritables *. Il est difficile de marquer plus nettement exclusion du bâtard de la famille, surtout lorsqu'on voit Beaumanoir refuser au bâtard le droit d’exercer le retrait, en raison même de ce qu’il n’est pas du lignage :

« Bastart ne pueent rescourre car il ne sont pas de lignage, si comme J'ai dit alieurs *. »

4, Ibidem, ch. 11, $ 333 et ch. 48, S 587, 588 et 592.

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