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PROVINCE D ENTRE RIOS

Les limites de l'Entre Rios sont : au nord, les rivières Goay Quiraro, tributaire du Parana, et Mocoreta, de l'Uruguay^ qui la séparent de la province de Corrientes; à Test, l'Uruguay; au sud-ouest, le Parana. L'étendue est d'environ quatre mille lieues carrées, sans compter les nombreuses îles adjacentes. Ce territoire est arrosé par un grand nombre de fleuves et rivières. Le sol est très-fertile et présente tous les avantages possibles à l'industrie agricole. Un système bien entendu de division et de vente des terres publiques, qui forment aujourd'hui plus des trois quarts du territoire, attirerait une immigration nombreuse qui aurait pour résultat une augmentation considérable de la richesse de cette province.

Jusqu'aujourd'hui Tindustrie presque exclusive des habitants d'Entre Rios est l'élève des bestiaux, favorisée par les abondants pâturages et les nombreux cours d'eau. Celte industrie, l'unique res-

source de cette province, s'opposera principalement à l'accroissement de la population, et par conséquent de la richesse publique, aussi longtemps qu'on ne favorisera pas la culture des terres par une loi juste et équitable sur la distribution ou la vente aux émigrants. Celte-belle province, qui peut alimenter trois ou quatre millions d'habitants, en compte à peine aujourd'hui quatre-vingt mille.

On calcule que l'Entre Rios possède environ deux millions de bêles à cornes, un million de chevaux et juments, et un million de moulons, qui donnenl annuellement pour une valeur de vingt millions de francs en produite destinés à l'exportation.

Le prix des bestiaux est, terme moyen, le sui* vaut :

Bœuf pour l'abatage de 55 à 70 francs.

» pour le laboiu* ou le charroi. . de 85 à 100 »

Vache pour Fabatage de 45 à 60 »

» laitière de 50 à 60 »

Bêles à cornes de tout âge et de toute espèce, sans choisit -, achat de troupeaux entiers pour Télève de 25 à 55 )'

Moutons étrangers, laine fine pour la

reproduction de 80 à 100 »

Moutons, premier croisement. ... de 5 à 6 »

)) deuxième, troisième. ... de 8 à 10 »

» du pays de 3 à 5 »

Chevaux dressés, bons et de service, de 20 à 40 »

Chevaux et juments pour abatage.. . de 8 à 12 »

Mulets diessés de 55 à 41 »

» non dressés de 25 à 30 »

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L'agriculture y est négligée et dans Tenfance, quoiqu'elle ofTre d'immenses avantages à ceux qui s'en occupent.

Le prix de la terre est peu élevé, de cinq mille à dix mille francs la lieue carrée ; les seuls frais de l'agriculteur sont ceux de la main-d'œuvre, car la terre est vierge et ne demande point d'engrais.

La valeur annuelle des produits de l'agriculture n'atteint pas la somme de deux millions de francs; cependant l'Entre Rios produit toutes les céréales et les fruits des contrées tempérées, et la culture du tabac et du coton donne d'excellents résultats.

Le froment y vient parfaitement, et donne généralement vingt pour un.

Dans ce moment, la difBculté de se procurer des ouvriers augmente le prix des travaux agricoles; cependant les résultats n'en sont pas moins satisfaisants.

Une cuadra de terre (16,929 mètres carrés, plus d'un hectare et demi) exige les dépenses suivantes pour l'ensemencement du froment :

Premier labour, 16 journées à 5 francs. . . . 80 francs.

Nourriture des ouvriers 40 »

Hersage 60 »

Second labourage et nourriture des ouvriers . . 90 »

Hersage 30 »

Semer et passer le rouleau ou les branches. . .105 »

250 litres de froment pour semence 60 9

Frais de la récolte et battage 200 »

Total 665 francs.

La quantité de froment récolté, terme moyen, est de 20 fanegas (288 litres), qui pèsent chacune 13 ambas ou 325 livres, et dont le prix varie, à l'époque de la récolte, de 65 à 85 francs la fanega.

Les 20 fanegas donneront donc, au prix moyen de 75 francs, 1,500 francs; et, en déduisant les 665 francs de frais de production, le bénéGce sera de 835 francs, résultat suffisant pour encourager la culture. La paille n'a pas été prise en compte, parce que l'on peut considérer que son produit compense les autres petits frais.

Le maïs ou blé de Turquie présente des avantages égaux, et permet de faire deux moissons sur le même terrain dans une seule année.

La luzerne offre aussi de très-grands bénéfices dans les environs des villes; car c'est, avec le maïs, l'unique nourriture des chevaux de luxe ou de service. Une cuadra de terrain, semée de luzerne, revient à 715 francs, y compris la semence, 150 livres à 1 franc 20 centimes la livre, et produit annuellement 1,700 francs, les frais de fauchage déduits. Les champs de luzerne durent ordinairement de huit à dix ans.

La pomme de terre se cultive avec grand succès; elle est d'une qualité excellente et donne généralement vingt pour un. Les frais de culture sont ceux du froment, et elles se vendent de 5 à 10 francs les 25 livres.

La patate est d'un très-bon produit; une cuadra

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admet huit fanegds de tubercules et produit dix pour un. La patate se vend de 15 à 30 francs la fanega, donnant un produit net de 500 à 1,000 francs par cuadra.

Le melon, la pastèque ou melon d'eau, les citrouilles, dont on fait une grande consommation et qui sont très-nourrissantes, donnent un produit net de 400 à 500 francs la cuadra.

Les légumes sont peu abondants et leur prix trèsélevé; une seule cuadra de terre peut, par la culture des légumes, subvenir aux besoins d'une famille et lui procurer une petite fortune en peu d'années.

Le pêcher, l'abricotier, donnent des fruits en trois ans et croissent avec la plus grande facilité. Le noyer, le poirier, le pommier, le cerisier, le prunier, le figuier, le coing, la vigne, donnent aussi d'excellents fruits. L'oranger, le citronnier, le goyavier, l'olivier, produisent des fruits en cinq ou six ans.

Le cotonnier et le tabac donnent de très-bons et très-abondants produits.

La province d'Entre Rios se divise en deux grandes sections : le Parana et l'Uruguay, dont les capitales sont respectivement la ville de Parana et celle de la Conception de l'Uruguay. Chacune de ces sections se divise en plusieurs départements.

SECTION DU PâRANA.

1" département de la capitale.

2" » de Nogoya.

5*" département de la Victoria.

4** » de Galeguay.

5" » de la Paz.

6* » du Di amante.

SECTION DE l'uRUGUAT.

l"" Département de la Conception de l'Uruguay. 2" » de Gualeguaychu.

S"" y> de la Concordia

4* » de Villaguay.

Ces neuf départemenls, administrés chacun par un commandant militaire, un chef de police et un juge de paix, se divisent en soixante et onze districts.

Gualeguaychu, le point commercial le plus important de la province, est situé sur la rivière du même nom qui se jette dans le fleuve Uruguay. La rivière de Gualeguaychu admet des navires du port de 100 tonneaux; et, devant son embouchure, les navires du plus fort tonnage peuvent jeter l'ancre en toute sûreté.

L'état du mouvement du port de Gualeguaychu, pendant l'année 1854, a été le suivant:

Navires entrés : 230, du port de 7,501 tonneaux, dont G espagnols, 3 anglais, 1 romain, 1 français, 1 hollandais.

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