PROVINCE DE TUCUMAN
Cette province, la plus pittoresque de toutes celles de la Confédération, est située en partie sur les derniers versants orientaux des Andes. Elle a environ 45 lieues du nord au sud, et 60 de Test à l'ouest. Elle est bornée, au nord, par la rivière Tala, qui la sépare de Salta; à l'est, par celle de Uruna, qui sert de limite entre cette province et celle de Santiago del Eslero; au sud, par le désert de Salinas; et, à l'ouest, par les montagnes de Àmbato, qui la séparent de Catamarca. Tout ce territoire est fertile et peuplé.
Le Tucuman a environ 3,040 lieues carrées; le climat est tempéré. En hiver, la température ne descend jamais au-dessous de zéro. Elle est arrosée par un grand nombre de rivières et de ruisseaux, qui fertilisent ses champs par un système d'irrigation simple et facile. 11 produit les fruits de toutes les zones, car la température varie suivant la hauteur des localités. Dans les plaines, on cultive les plantes des pays tropicaux, et, sur les montagnes, celles des pays tempérés et des régions polaires.
La province se divise en neuf départements : la capitale, Burre-Yaco, Graneros, Monteros, Trancas, Chiquiligasta, Rio Chico, Leales, Encalilla. Ces der-
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niers sont particulièrement agricoles; dans celui de Burre Yaco, elle s'occupe surtout de l'élève des bestiaux. Le département de Monteros renferme la plupart des plantations de cannes à sucre.
La capitale de la province est la ville de Tucuman^ siège du gouvernement provincial, et célèbre dans l'histoire argentine pour avoir été le siège du Congrès où fut signé l'acte de l'indépendance dû Rio de la Plata ; sa population est d'environ 11,000 habitants.
La population totale de la province est de 60,500 habitants; en 1855 le mouvement de la population a été le suivant:
Naissances. . . 1,502
Décès 561
Mariages. ... 541
Tucuman produit tous les fruits qui se cultivent dans les autres provinces : l'orange, le figuier, la grenade, l'olive, l'amande, la mûre, la noix, le coing, la pêche, la pomme, la poire, le raisin, le rcoossolier, la banane, l'ananas^ le froment, le maïs, l'orge, la luzerne, le riz, la patate^ le tabac, la canne a sucre, l'indigo, le café, le cacao, etc.
L'indigo croît spontanément; le riz rend deux cents pour un. La canne à sucre, qui forme aujourd'hui une des branches importantes de la culture à Tucuman, donne d'excellents produits; il existe actuellement vingt-quatre établissements ou fabriques de sucre et d'cau-de-vie.
«fi LA CONFÉDÉHATION ARGENTINE.
La plus grande partie du territoire de la province peut produire le tabac, et principalement les plaines de Test et la partie inférieure de la montagne; celui -]ui se cultive dans ces dernières localités est généralement de meilleure qualité. Quoique le climat et les terrains de cette province se prêtent d'une manière très-favorable à la culture du tabac, on évalue seulement la production annuelle à 10,000 quintaux, fournie par les départements de Graneros, Rico Chico et Gliiqui Ligosta. Les plantations sont très-restreintes, elles ne comprennent d'ordinaire guère au delà de 20,000 plantes, et l'on ne fait qu'une seule récolte, tandis que l'on pourrait en faire deux ou trois dans les endroits où la plante ne gèle pas.
Un lot de deux hectares de terre bonne pour la culture du tabac, entouré de fossé ou d'une haie de branches mortes ou de nopals, dont le fruit sert à faire du sirop, vaut 250 francs.
On a besoin, pour la culture de deux hectares, la récolte et préparation du tabac, de quatre ouvriers, dont le salaire et la nourriture se monte à 480 francs par an et par tête; mais ces ouvriers ne s emploient, même pour deux récoltes, que pendant huit mois.
. La semence n'a pas de valeur, elle ne coûte que la peine de la récolter; si l'on achète les plantes en état d'être transplantées^ elles valent généralement 2 francs 50 centimes le mille.
Voici les dépenses de premier établissement pour deux hectares :