CHAPITRE DEUXIÈME
ceux des pays voisins, tout en augmentant les bénéfices des planteurs. Quoi qu'il en soit, les résultats que Ton obtient dans les circonstances actuelles sont assez avantageux pour engager à s'occuper de cette branche de l'industrie agricole qui demande peu de capitaux et de bras. Lorsque la culture du tabac sera entreprise par des personnes qui la connaissent bien, et non, comme aujourd'hui, abandonnée à la classe la plus pauvre et la moins intelligente, cette industrie prendra un développement rapide et sera une source de richesses pour la province, et pour ceux qui se livrent à cette exploitation.
L'élève des bestiaux occupe aussi une partie des populations de la campagne. Les pâturages sont trèsbons, et les vaches livrent d'excellent lait. Les établissements de Tafi, situés au nord-ouest de la province, ont acquis une juste renommée pour leurs fromages, qui sont les meilleurs de la Confédération, et au moins aussi bons que le roqvsfort, si estimé en Europe. En 1855, il a été exporté du port deRosario environ 5,000 quintaux de fromages de Tucuman, représentant une valeur de plus de 400,000 francs.
Tucuman possède de belles forêts de bois de la plus grande beauté et solidité pour la charpente et Tébénisterie; on n'en compte pas moins de soixante espèces. L'exploitation des bois forme aussi une branche de l'industrie et du commerce d'exportation de cette province.
. La bonne qualité des écorces à tanner a été aussi
l'origine de rélablissemenl de grandes tanneries. Aujourd'hui la province en compte vingt, qui, en 1 855, ont fourni 57,650 cuirs tannés pour l'étranger, représentant une valeur de 2,017,050 francs.
La fabrication de housses en laine pour selles oc* cupe aussi un certain nombre de bras, et particulièrement les femmes. Cette industrie a exporté, en 1855, pour une valeur de près de 350,000 francs.
Dans la même année, les fabriques de sucre et d'eau-de-vie ont exporté :
7,500 quintaux de sucre de^ bonne qualité.
4,000 hectolitres d'eau-de-Yie.
Les autres produits de Tucuman qui alimentent le commerce d'exportation sont : le maïs, le riz, les harnais, les chaussures, les portes, les fenêtres, les cuvettes, etc.
Le tableau suivant fera connaître l'importance du commerce d'exportation par le port de Rosario pendant 1855.
Cuirs tannés. .. . 2,017,050 francs.
Fromages 595,800 »
Tabac 143,990 »
Portes et fenêtres. 20,000 »
Housses de laine. . 350,000 »
Riz 62,885 »
Harnais et selles. . 655,000 »
Cuvettes 96,460 »
Chaussures. . . . 86,250 »
Bois 25,000 »
Total. . . . 3,852,435 francs.