CHAPITRE DEUXIÈME
La chaux du Parana peut donc se classer parmi les chaux maigres et moyennement hydrauliques.
Elles diffèrent en cela de la chaux de Cordova, qui est grasse et préférée à celles-ci pour les travaux ordinaires. La chaux de Cordova se fabrique par la calcination d'un calcaire des terrains de transition, un marbre blanc ou rosé à grains fins, que Ton peut considérer comme un carbonate de chaux presque pur. L'analyse donne les résultats suivants :
Carbonate de chaux 99,28
Sable très-fin et argile 0,72
Peroxyde de fer et magnésie. . . des traces.
On emploie indistinctement les différentes chaux du Parana pour la bâtisse, mais de préférence celles qui contiennent moins de sable, ainsi celles d'Alvarez et d'Usin. Dans la confection du mortier ordinaire, la première admet 3 parties de sable pour
1 de chaux éteinte, et la seconde 5 de sable pour
2 de chaux. Le temps nécessaire pour obtenir une dureté convenable varie de 40 à 60 jours.
La chaux du Parana pourrait gagner en qualité si les chaufourniers choisissaient mieux les calcaires et ne mêlaient pas les bonnes pierres avec d*autres très-inférieures en qualité, choix qui leur serait facile à faire, car les dépôts calcaires sont considérables et fournissent de très-bonnes pierres à chaux. Un échantillon de la carrière-usine, pris d'un banc
m; LA CONFÉDÉRATION ARGENTINE.
formé de térébratules, a donné^ par l'analyse, le résultat suivant :
Carbonate de chaux 94,49
Sable et quartz ,^y^'^
Argile 0,55
Peroxyde de fer et magnésie 0,42
Eau 0,37
iOO,00
La calcination du calcaire se fait, à Parana, dans des fours intermittents d'une capacité de 600 à 1 ,000 fanegas S et Ton se sert de bois de saule sec pour combustible. La cuisson dure de huit à dix joui^. Jusqu'à présent Ton n'a point établi des fours continus ou coulants, quoique ceux-ci présentent sur les autres le grand avantage de donner une cuisson non interrompue, et par conséquent une production constante, tandis qu'aujourd^bui des fours de 800 fanegas, employant 15 ou 14 ouvriers, ne peuvent donner une fournée que tous les 60 jours. 11 y a économie réelle et augmentation notable de produit dans l'emploi des fours continus, et il serait à désirer que ce moyen fût adopté, car, en ce moment, cette industrie ne peut fabriquer assez pour satisfaire aux demandes; ce qui, suivant les chaufourniers mémes,^ s'oppose à une plus ample production, c'est le manque d'ouvriers. Les fours cou-
* Le fanega vaut, à Parana, 2 hedolitrcs et 88 litres.