‹ La conférence d'AlgésirasChapitre 79 sur 357 · Voir Protocoles, pages · texte numérisé non relu

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Tabdieu. 8

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La politique du maghzen à l'égard des puissances européennes obéit à deux lois : celle du moindre effort et celle du moindre mal. Tantôt il cherche à obtenir de l'opposition des ambitions rivales le maintien du statu quo, tantôt il s'efforce de tirer des concessions qu'on lui arrache le maximum de profit ou matériel pu moral. C'est ainsi que -la conférence, considérée d'abord à Fez comme un moyen de neutraliser la France par l'Allemagne, était apparue, après les accords franco-allemands de juillet et septembre lODo, comme la source de bénéfices possibles et d'abord d'une augmentation de revenus.

Cette augmentation, ce n'est ni à un effort de ses agents ni à un sacridce de ses sujets que le maghzen entendait la demander. Il lui semblait plus simple, ayant à Algésiras l'Europe sous la main, de frapper à la caisse de l'Europe. Si l'on se reporte au projet marocain déposé à la quatrième séance de comité, le 29 janvier*, on remarque avec quelle cynique candeur la délégation chcrifîenne (loinandait aux puissances de transmettre à leurs ressortissants cette note à payer qui est l'obsession d'Abd-el-Aziz. Ce projet, qui comportait « l'amélioration de l'état actuel », n'était, dans ses deux parties, qu'un appel à la bourse des étrangers. Augmentation des droits de douane ; aide fournie aux fonctionnaires du maghzen pour encaisser l'impôt ; droits de stationnement, de visite et de patente sur les bateaux dans les ports ; droits sur les postes, sur les télégraphes, sur les phares, sur la lumière électrique et sur l'électricité, sur les fabriques, sur les voitures, sur le timbre et l'enregistrement, sur les passeports et sur les banques, sur le pesage, le magasinage et les quais, sur les téléphones, les théâtres, les cafés, les imprimeries, les barques, la pèche des poissons de mer et les contrats d'achats de propriétés, — rien n'y manquait. Et l'on voyait, à ce simple énoncé, d'où le maghzen entendait que vînt l'argent.

S'il en était ainsi, c'est que, depuis l'avènement d'Abd-el-Aziz, le Maroc, qui, jusqu'alors, n'avait pas d'histoire financière, en a

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