‹ La ConfessionChapitre 10 sur 58 · PRES · texte numérisé non relu

PRES

EC

tellement de soi, qu'on éprouvait moins la nécessité d'y insister dans les exhortations à la pénitence.… C'est là, croyons-nous, ce qui explique la place incontestablement plus restreinte qu’occupe, dans

la prédication des premiers siècles, la confession proprement dite.

Cette explication vaut celle de cét autre théologien romain qui, inquiet du silence | d’Hermas, dans le Pasteur, sur la papauté, déclare crânement que, si l’auteur n’a pas

parlé du pape, c’est par respect. Évidem-

ment, c’est [à une manière ingénieuse, ou

ingénue, de tourner à son profit l'argument du silence. Seulement, est-ce la conviction, ou est-ce le sourire qu’on se propose de provoquer par là?

Le même P. Galtier, dans l’article que nous

venons de citer, réduit la question de la con- fession à ceci : «L'Église a-t-elle toujours, pour

«remettre le péché, exigé un aveu préalable

de culpabilité ? Telle est la seule question à

examiner ici. » (III, p. 1793). Assurément, le

pécheur qui vient demander à l’Église la.

rémission de son péché, a toujours été obligé de le déclarer. C’est même là une vérité de Monsieur de la Palisse. On n’a pas encore

trouvé le moyen de demander une chose sans

LA CONFESSION en parler d’une manière ou d’une autre. Seule-

… le pécheur se croyait obligé, comme aujour- É d’hui, de demander à l’Église, dans tous les

cas, la rémission de sa faute, et si, dans le

cas où il recourait au pouvoir “des clefs, il

confession sacramentelle. Il ne sert de rien

fessions privées, secrètes, faites en au el ment à un prêtre en vue de recevoir de lui l’absolution immédiatement ou après un intervalle plus ou moins long ?

Les théologiens romains, en général, ne prennent pas leur parti du silence des Pères aussi allégrement que le P. Galtier. Ils prétendent même que la confession sacramen-

par des témoignages parfaitement clairs, et, à l'appui de leur thèse, 1ls entassent de LORS de textes. 0 Il est peu de propositions qu’on ne puisse:

prouver au moyen de textes trés de l’Écriture * et des Pères. On peut même, le plus souvent, * démontrer avec une égale facilité les deux

ment, la question est justement de savoir si

Ag A re di

accomplissait cette démarche sous forme de

d’ essayer d’escamoter la question en la sim. plifiant à l’excès ; elle reste toujours celle-ci: | . Y avait-il, dans lès premiers siècles, des con-

telle est attestée, dès les temps apostoliques,

AGE ed r/ ér

thèses opposées, mais à une condition : c’est d'isoler de leur contexte les citations

qu'on fait. Ce procédé commode, les théolo-

giens romains l'ont appliqué en grand à la confession. Seulement, ces citations triomphantes qu'ils Rd donnez-vous la peine de les replacer dans leur contexte, et vous verrez leur contenu s’évaporer et la confession sacramentelle s’évanouir. Naturellement, nous ne pouvons pas ici examiner un à un les textes allégués ; mais ce travail

de dépouillement a été fait, et très bien fait,

pour presque tous les Pères, dans les savants articles de MM. Vansecx et ANDRÉ LAGARDE, parus dans la Revue d'Histoire et de Littérature religieuses, de 1910 à 1922. D'ailleurs,

qu'on relise les textes que nous avons cités plus haut, qu’ils soient de Tertullien, d’Onigène, de saint Jean Chrysostome ou de saint

Augustin, et l’on verra que, si certaines

paroles, prises isolément, semblent prouver

l’existence de la confession sacramentelle,

la suite du discours montre clairement que.

l’auteur pensait à tout autre chose. Plus on. étudie les Pères, non dans des extraits, trop.

souvent tendanciels, de leurs ouvrages, mais

dans leurs ouvrages eux-mêmes, plus on.

FAN SENTE à

s'aperçoit qu'aucun d’eux n’a jamais eu la moindre idée de la confession sacramentelle.

. VIII — Texres DÉCISIFS DE SAINT AUGUSTIN.

Il suffira de renvoyer le lecteur particu- - lhèrement aux sermons 351 et 352 de saint

Augustin, qui traitent spécialement de la . pénitence, et de citer les principaux passages + du sermon 352 :

Nous trouvons indiquées, dans la Sainte Écriture, trois manières de faire pénitence. Car on n’approche du baptême du Christ, dans lequel tous les péchés sont effacés, qu’en faisant pénitence de sa vie passée. Il n’y a en effet à embrasser une vie nouvelle que celui qui se repent de l’ancienne...

__ Nous avons à parler maintenant de la seconde manière de faire pénitence. J’ai déjà dit en effet que la Sainte Écriture nous présente trois formes de pénitence. La première est celle des catéchumènes et de ceux qui soupirent après le baptême. Je V’ai exposée d’après les Saintes Écritures. Il ÿ a une autre pénitence, la pénitence de tous les Jours. Et où vous montrerai-je cette pénitence quoti- dienne ? Je ne puis vous la montrer mieux que dans la prière quotidienne, dans laquelle le Seigneur

o LA CONFESSION 54

nous à appris à prier, nous a indiqué ce que nous devons dire au Père, et a mis la pénitence dans ces paroles: « Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous les remettons à nos débiteurs. » Quelles dettes, mes frères ? Ici, par dettes, nous ne pouvons entendre que les péchés.

Reste la troisième espèce de pénitence, dont je vais dire quelques mots très brefs, pour m’acquitter, avec l’aide du Seigneur, des promesses que je vous ai faites, Il y à une pénitence plus pénible et plus douloureuse, c’est celle des hommes qui, dans l’Église, sont appelés spécialement les pénitents, exclus même de la participation au sacrement de l'autel, de peur qu’en le recevant indignement, ils ne mangent et ne boivent leur propre condamnation. Cette pénitence-là est douloureuse. La blessure est. grave : peut-être est-ce un adultère qui a été commis, peut-être un homicide, peut-être quelque sacrilège ; grave est l'affaire, grave la blessure, fatale, mortelle ; mais tout-puissant est le médecin. Après la suggestion, la délectation, le consentement et la perpétration du péché, le coupable, comme un COrps mort depuis quatre jours, exhale une odeur infecte ; mais, dans cet état même, le Seigneur ne l’a pas abandonné, mais lui a crié : « Lazare, sors de la tombe ! » La voix de la miséricorde à triomphé dela . masse pesante du tombeau, la vie a triomphé de la mort, le ciel de l’enfer. Lazare s’est levé, il est sorti du sépulcre, Et il était lié. comme le sont les

séchés. Ils sont déjà sortis de la mort : car ils ne onfesseraient pas (leurs péchés), s’ils ne sortaient : (de la mort). Le fait même de confesser (le péché), c'est sortir d’un lieu caché et ténébreux. Mais que

- Quand Lazare sort du tombeau, parce que le Sei-

amenant à avouer (son péché) le mort caché et en putréfaction, alors le ministère de l’Église complète le reste, « Déliez-le et laissez-le aller. » Seulement, es très chers frères, que personne ne se propose ce genre de pénitence, que personne ne se prépare à ce enre dé pénitence. Néanmoins, si l’on vient à tomber dans ce malheur, que personne ne désespère.

e n'est pas tant d’avoir commis son crime que , . z PE op :

avoir désespéré de la miséricorde (de Dieu).

Aïnsi saint Augustin ne connaît que trois

baptême ; 20 celle que l’on fait ou que l’on doit faire tous les jours, pour les péchés ordinaires, et qui consiste à demander pardon à Dieu dans la prière, surtout dans la récitation du Pater ; 3° enfin une autre pénitence plus grave, dont il espère bien qu'aucun de ses auditeurs n’aura jamais besoin, et qui est

dit le Seigneur à son Église ? « Ce que vous aurez délié sur la terre, dit-il, sera délié aussi dans le ciel. »

gneur l’a comblé du bienfait se sa miséricorde, en

e qui a causé la perte définitive du traître Judas,

formes de pénitence : 1° celle qui dispose au

Den NT NPA AE TE

Rs

CAES Lan:

Page 1